Code Pénal: L’article 567 ne criminalise plus l’homosexualité !

Il y a trois semaines, aux urnes se sont rendus des millions de Burundais pour approuver (Ego) ou désapprouver (Oya), par référendum, la réforme de la constitution nationale. Les Ego l’ont officiellement emporté à 73,2%. Si la décision de changer la constitution nationale a été accompagnée d’une crise politico-sociale depuis 2015, Elle n’est pas la seule à avoir connue des modifications. Le code pénal y compris, ils témoignent aujourd’hui des changements importants sur l’espace civique et dans la législation Burundaise.Selon la LOI N°1/27 DU 29 DÉCEMBRE 2017 PORTANT RÉVISION DU CODE PENAL, l’une des modifications remarquable faites est celle portant sur l’article 567. L’article 567 du code pénal Burundais criminalisait les relations sexuelles entre personnes de même sexe d’une servitude pénale de trois mois à deux ans et d’une amende de cinquante mille à cent mille francs burundais ou d’une de ces peines seulement. Loin d’avoir décriminalisé l’homosexualité, l’article 567 a juste été déplacé vers l’article 590 dans la section 5 : Des Outrages publics aux bonnes mœurs, de la zoophilie et de l’homosexualité.  

Capture d’écran. Section 5 : Des outrages publics aux bonnes mœurs, de la zoophilie et de l’homosexualité. (Code pénal disponible: https://www.droit-afrique.com/uploads/Burundi-Code-2017-penal.pdf)

Légalement et socialement, une loi qui ne fait toujours aucun sens !

Presque 10 ans après la criminalisation de l’homosexualité au Burundi ; la situation légale et sociale des lesbiennes, gays, bisexuelles et transgenres (LGBT) n’a évoluée en rien d’inclusif. Leur existence dans la société Burundaise reste toujours aussi questionnable et la loi de 2009 et se dérivés n’ont fait que accentuer la stigmatisation. Face aux rejets par leurs familles, dénies de services ou encore l’accès à des droits basiques comme le droit à la santé ; l’évolution des personnes LGBT reste marquée, malheureusement, par un manque de protection contre les discriminations et les violences basées sur l’orientation sexuel et/ou l’identité de genre. Des problématiques, en intersection aux autres besoins, restent aussi remarquables notamment sur le droit à la réunion et à l’association pacifique.

Quelques cas de violations de droits humains enregistrés par MOLI depuis 2011 :

  • En Mai 2011, en province de Gitega, une candidate ouvertement homosexuelle dans la région a été rejetée à une offre d’emploi. L’employeur lui a explicitement informé ‘’ d’aller changer son orientation sexuelle et de revenir’’.
  • En juillet 2014, respectivement dans les provinces de Kayanza et Bujumbura, deux enfants ont été expulsée du milieu scolaire sur des doutes de leur homosexualité.
  • En Octobre 2017, 7 Pairs Educateurs dans la lutte contre le VIH/SIDA ont été arrêtés et emprisonner pendant plus d’une semaine, 3 jours après qu’un conseiller en communication à la présidence du Burundi ait fait un tweet que ‘’ Les pays occidentaux refusent d’aider le Burundi parce qu’il refuse d’accepter l’homosexualité. ‘’ Quelques heures après leur arrestation, le chef de la police via un tweet d’un journal en ligne locale, a affirmé qu’’un réseau d’homosexuelle a été démantelé et que la police va continuer à faire des enquêtes ‘’

Février 2015 – Deux jeunes hommes assistants à une représentation théâtrale sur la “santé sexuelle et reproductive” dans la région rurale de la commune MABAYI en province Cibitoke. (Photographie: Source privée.)

Face à la situation, quelle(s) contribution(s) apporter ?

 Dans un Burundi qui se veut fièrement porter des valeurs d’Unité nationale, de Travail et Progrès, Il importe de comprendre que laisser en arrière ses propres citoyens à l’évolution du pays n’est point de bonne stratégie. Une stigmatisation qui souvent commence dans les familles et l’entourage et qui malheureusement ne bénéficie aucune considération des instances de protection. Comme contributions de la part des Burundais qui soutiennent l’inclusion et l’équité de tous, il est nécessaire de :

  • Comprendre et faire comprendre que les droits des LGBT sont aussi les droits de tout le monde, ce 365 jours par an. Vivre, aimer, accéder à l’éducation, accéder à des cadres de santé et judiciaires adéquats, avoir la sécurité dans son emploi et connaitre l’évolution inclusive dans l’entourage de son choix, avec le partenaire de son choix, devrait être des garanties et non des droits à négocier.
  • Comprendre, contribuer et soutenir aux formes de leaderships formels et informels existant, qui contribuer à la tolérance, au respect et l’inclusion de tous.
  • Comprendre, contribuer et soutenir les conversations et les cadres plus éclairés qui favorisent la non-violence et la non-discrimination.

08 Mars 2018, Célébration de la journée mondiale de la femme, Deux jeunes hommes à la sortie d’un match de football à Bujumbura. (Photographie: Source privée.)

Lecture recommandée : Orientation sexuelle, identité et expression de genre au Burundi : Droits, Codes et Lois. Un livret compréhensif sur les Droits Humains et les dispositions législatives pour les personnes LGBT au Burundi.

‘’ […] Ce que je trouve de comique, c’est quand l’humoriste avec toute sa carrure masculine essai de mimer les gestuelles féminins surtout celles des citadines […] quand il y ajoute les cheveux et le maquillage, c’est encore plus drôle ! ‘’ Commentaire dans une conversation entre amies.
Au risque d’en valider maintenant comme une tendance ; le vent de travestissement qui souffle sur l’expression personnelle des humoristes Burundais, semble conquérir un auditoire de plus en plus fidèle. D’une photo à une vidéo d’un homme/femme travesti et mimant à perfection le genre opposé, les rires et les causeries joyeux pilules sur les réseaux sociaux. Souvent, le faire ‘’pour divertir’’ finit par apporter gloire et succès à qui s’y met avec détermination. C’est toujours un plaisir, aussi, de voir des artistes prospérés dans le meilleur de leur potentiel.
Néanmoins dans une société Burundaise avec autant de préjugés, de discriminations et de violences basées sur l’inégalité des genres mais bien aussi sur l’identité de genre et l’orientation sexuelle ; Comment se fait-il que le travestissement prise en accessoire par l’humour soit un tel succès et une réalité qui se fait acceptée aussi de plus en plus ? C’est un besoin de comprendre aussi en quoi cette tendance impact sur la vie de tout un autre ensemble de personnes, souvent dénié de reconnaissance sociale, économique voir même culturelle uniquement sur base de leur identité de genre. Serait-ce à cause d’un manque de compréhension? De la Transphobie gratuitement itinérante? Ou simplement de l’hypocrisie sociétale?
 
Dans la logique de la société, si que c’est une blague: TANT MIEUX !
Le travestissement, pour divertir ou pas, est cet acte qui consiste à porter les vêtements et accessoires qui sont, dans une société donnée, généralement associés au sexe opposé du sien. Le travestissement met en conversation l’expression de genre comme élément principal. L’expression de genre qui est aussi un sujet retrouver dans la thématique d’identité de genre avec bien d’autres sujets y compris la Trans-identité et la binarité (ou non) des genres, etc.
D’une part, tant qu’il est fait pour amuser la foule, c’est dans le plaisir de tout le monde mais quand il en vient à parler des sujets sérieux comme les nombreux manquements aux droits humains pour ces personnes, l’ignorance ne se cache nulle part dans l’humour. Et pourtant la vie des personnes transgenres reste importante plus que ça ! Comme pour tout le monde, dignité, respect et considérations inclusives et égalitaires sont des besoins.
 
Lire aussi : Olave Basabose, Transgenre Burundaise, Future députée aux Pays-Bas ?
‘’ […] Le problème avec les divertissements humoristiques qui prennent le travestissement comme accessoire de jeux, c’est qu’ils véhiculent une fausse idée sur le concept d’identité de genre. […]Dans la conscience des gens, c’est qu’une personne avec un comportement et des accoutrements de l’autre sexe le fait parce que c’est une blague. Et quand pour de vrai une personne s’identifie à l’autre genre et que ‘’Cette blague’’ n’est pas au gout de tout le monde ; ça va à être source de conflits. N’avons-nous pas assez de conflit comme-ca pour en ajouter plus ? […] Il y a aussi ces moqueries sur le fait qu’une personne avec un vagin ou un pénis ne peut vraiment pas s’identifier au genre opposé voir pas, nécessairement, à uniquement l’un des deux. […]Tout cela ne fait que démontrer un manque de compréhension sur la différence entre l’identité de genre et le sexe biologique. En bref, il y a mieux à plaisanter sur et sans vraiment contribuer à renforcer les préjugés parce que avec ces préjugés, nombreux et nombreuses en souffrent ‘’ Commente Jasten*, activiste transgenre.
 
 

Homophobie, Trans phobie, sexisme, misogynie : Faites comme si tout va bien !Au travers des clichés de l’homme efféminé et de la femme masculine, les humoristes font aussi rapprochement avec bien d’autres thématiques qui parfois ne sortent pas de la même façon pour tout le monde. Des femmes aux allures naïves et fièrement stupides, des hommes efféminés avec toutes sortes de peurs, etc. Des images qui malheureusement perpétuent (inconsciemment ?) les préjugés sur le sujet d’identité et d’expression de genre, de l’image public des femmes et voir même sur l’orientation sexuelle.

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‘’ […] Je suis un homme efféminé qui a longtemps souffert aussi de l’attitude de cette société envers les femmes et malheureusement parfois de la part de ces femmes même. Ca me prit plusieurs années pour comprendre quoi vraiment était mon problème mais au finale je pense que je n’ai pas eu cette vie pour m’excuser toujours et partout de vivre et d’exister ! Les formes de misogynies existant dans la société Burundaise sont aussi inquiétants que le fait tout le monde pense que c’est normal, au nom de la culture, de la religion et parfois des bonnes mœurs. […] La société ne se construit pas uniquement sur l’effort ‘’des hommes’’ mais autant avec considération des efforts des femmes. La question est POURQUOI DOIVENT-ELLES TOUJOURS SE CONTRAINDRE A S’EXCUSER DE VIVRE ET D’EXISTER ? Reconnaitre les valeurs des femmes, y compris les femmes transgenres, ce n’est pas seulement les donner le droit de voter ou conduire mais plutôt comprendre que c’est des êtres à part entière à respecter, soutenir et apprécier en entièreté et sans condition.’’ Commente Jean-de-Dieu, Bloggeur et Ecrivain.

Les quatre solutions rapides pour tout le monde
1. L’humour et le travestissement au bonheur de tous ! c’est-à-dire avec moins de préjugés et plus de conversations qui font rire et réfléchir sur comment construire des sociétés plus inclusives.
2. Les droits et la valeur des femmes ne sont pas à négocier. Ça se dit depuis assez longtemps pour que chacun le sache. Commencez par respecter les femmes dans votre entourage !
3. Reconnaitre, apprécier et informer sur la place et la valeur de chaque personne dans la société !
4. Pour les personnes transgenres, informes-vous sur leurs droits, informez les autres et ne contribuez pas à renforcer le tabou et l’ignorance.


Connaissiez-vous ces 10 personnalités transgenres, dans la région Est-Africaine ?

 

 

Le sujet a fait scandale, en Tanzanie, quand le ministère de la santé a décidé d’interdire toute vente et distribution de gels lubrifiants : « […] Parce que cela contribue à la promotion de l’homosexualité […] » a dit madame la ministre de la santé Ummy Mwalimu. La réalité se contraste autrement au Burundi. En tous les deux cas : des relations sexuelles entre personnes de même sexe, de la prévention contre les IST/MST/, le VIH/SIDA et des cadres incluant les droits humains sont des éléments sur une scène aussi silencieuse que confuse.

Gels Lubrifiants distribuées par le CNLS

Dans l’entre parenthèse d’une sexualité de tout le monde.

Le sujet de l’homosexualité en ferait hurler plus d’un, chacun ses condamnations, chacun ses justifications. A la fin de la journée, les chiffres de contamination et d’expositions aux IST/MST, VIH/SIDA restent aussi inquiétants que les diverses injustices envers les minorités sexuelles. Mais bref, pratiques homosexuelles ou pas, c’est aussi une réflexion sur comment chacun conçoit les thématiques de diversité et de santé sexuelle. « C’est notre tradition. La sexualité, on la fait, on la vit, mais on n’en parle pas comme il le faut. La vraie vérité, on la cache souventa commenté Benny NDAYISHIMIYE, conseiller conjugal et sexuel au sein du Forum pour une éducation affective et sexuelle (FEDAS). La société reste noyer dans une mixture de « manque d’informations générale pour tous » d’une part et d’une « disponibilité d’informations penchées sur certains points » d’autre part. A la fin, c’est souvent une confusion totale et il en découle des suppositions/situations discriminatoires prisent, aujourd’hui, pour normales.

Bujumbura était sans Tabou…A la fin, il avait un baisé entre deux hommes !

 De la lubrification par ici, des discriminations par la !

La question se pose d’ailleurs : Pourquoi des pratiques sexuelles qui ont besoin de lubrifications ? Retour en cours de sexualité : Pendant le rapport sexuel, le corps humain produit un liquide facilitant le rapport, notamment la pénétration vaginal. Pour certains corps, sècheresse s’impose et hydratation est de besoin. Dans certains autres cas comme la pénétration anale, aussi bien pratiquée par les personnes hétérosexuelles qu’homosexuelles, il s’impose d’en mettre beaucoup ; car de ce côté-là, il n’y a pas de production corporelle du liquide facilitant le rapport. Le gel lubrifiant est, donc, un outil de santé public beneficiant à la gente féminine et aux HSH pour limiter les frottements, et ainsi la diminution des portes d’entrée du VIH.

Mais pourquoi alors, comme en Tanzanie, les gels lubrifiants ont cette image de « Fait pour les pratiques homosexuels»? Déjà que l’usage des gels lubrifiants n’a rien d’homosexuel ; C’est en partie peut être relatif à la pratique du sexe anal. Encore tabou, inconcevable, classé de perversion, la pratique est aussi très souvent attribuée à l’homosexualité, donc il ne faudrait point en encourager les pratiques. Le sujet en ferait hurler plus d’un, chacun sa condamnation et chacun ses justifications.

Que se passet-il vraiment au Burundi ?

Dans l’entre temps d’une suite d’évènements qui se sont passés depuis 2014 ; la bureaucratie s’impose et la santé de milliers de personnes en dépend malheureusement. Tout commence en 2014 quand le programme de lutte contre le sida, coordonné par le ministère de la santé (à travers le Conseil National de Lutte contre le SIDA_CNLS), a décidé de considérer les personnes HSH comme population clés dans sa lutte contre le VIH/SIDA. En les intégrants dans son plan stratégique ; le programme a pu contribuer à divers initiatives et rendre disponible les outils de prévention, Les gels lubrifiants notamment.

Fonctionnant, en parti, grâce à des financements du fond mondial ; En 2015, le CNLS est destitué de sa fonction de coordonnateur du programme à cause de problèmes de gouvernance interne. Elle fut, directement, remplacé par la croix Rouge Burundi. Depuis Janvier 2016, le processus de remise et reprise des fonctions a pris son cours. Pendant que la nouvelle coordination prenait place, les commandes de fabrication de nouveaux gels lubrifiants ont pris un grand retard. En effet, ceux distribués plus tôt expiraient à partir de Juillet 2016.

Rapport d’investigation sur les financements du Fonds Mondial au Burundi : SEP/CNLS (Rapport en Anglais)

Maintenant, des semaines se sont passées et la question se pose de plus en plus. « J’ai décidé d’aller en acheter en pharmacie et je pense que ça coute extrêmement cher, avec un prix allant jusqu’à 25.000Fbu (13USD) le flacon ; Je me demande comment font ce qui n’ont pas ces moyens financiers » commente Daniella dans une conversation privée entre amis.

Il ne serait point nécessaire de s’affoler sur un retour « en préhistoire » où les gens utilisaient l’huile de palme ou pire « un peu de salive » mais c’est, quand même, inquiétant de s’imaginer comment tout cela se passe pour l’instant. Le besoin est là et qui vit avec peut comprendre plus. En attendant, plus de semaines encore, l’espoir se porte sur qui peut comprendre la situation et y apporter contributions.

Save

Save

Un livret compréhensif sur les Droits Humains et les dispositions législatives pour les personnes LGBT au Burundi.

La publication de ce livret a pour but d’éduquer la communauté LGBT et les personnes au genre non-conforme au Burundi en mettant à leur disposition une compilation de l’information existante sur les Droits Humains vis-à-vis des dispositions de la Constitution du Burundi, et des Protocoles et instruments relatif au Droit International des Droits de l’Homme ratifiés par le Burundi, pour la promotion des Droits de l’Homme des personnes LGBT au Burundi.

Cette publication est protégée par le droit d’auteur. Par conséquent, toute reproduction, copie ou traduction, sans l’autorisation écrite préalable de MOLI, est interdite.

Disponible en cliquant ici: FR

Représentée sur photo de famille; la bisexualité reste, malheureusement, cette autre personne dont on veut ignorer la présence et qu’on juge « indécise » puisque refusant de catégoriser son amour.Si la thématique de « Bisexualité » connait depuis toujours des expressions diverses et que certains sont Oui pour une visibilité Bi ; Au Burundi comme ailleurs dans les sociétés africaines, elle reste un tabou qui, au même titre que les autres nuances de la sexualité non-hétérosexuelle, a du mal à être comprise. L’hétéronormativité et la sexualisation des questions LGBTIQ sont à blâmer mais il n’est pas moins important de mentionner que la biphobie existante au sein même de la communauté LGBTIQ, contribue à rendre les situations de vie et d’évolutions des personnes bisexuelles, plus dur qu’elles ne le sont déjà.

Un choix à faire absolument ?
Le genre humain, dans tout son état d’être, aime faire les choix (et en imposer aux autres). Ainsi, il n’est pas rare de voir des opinions les plus infondées, affluées dans la vie sexuelle de certain(e)s et prouvant combien l’intolérance, encore, reste un pas à dépasser. « Souvent, je me sens incomprise, mes amies lesbiennes pensent que je ne suis qu’une hétérosexuelle en recherche de sensations et mes amies hétéros pensent que je suis une lesbienne qui n’as pas le courage de s’assumer…Il est assez important pour moi de savoir et de me rappeler constamment qui je suis, mais le plus dur reste aussi de le faire comprendre aux autres» Esther*, femme bisexuelle mariée à un homme.

Dans cette sorte de bataille ou les uns veulent se faire comprendre et les autres semblent imposer des ordres de vies qui ne conviennent pas à tous ; Il est important de mentionner que le manque d’informations sur la diversité sexuelle influe grandement sur l’acceptation et le développement personnel des personnes bisexuelles. « Quand nous nous exprimons, nous avons peur que nos mots ne soient pas entendus, qu’ils ne soient pas les bienvenus. Mais lorsque nous gardons le silence, nous avons toujours peur. Dans ce cas, autant s’exprimer. » Audre Lorde

PSYCHOLOGIE : Sommes-nous tous bisexuels ?

Une vulnérabilité invisible
En générale, les conditions de vie des minorités sexuelles au Burundi restent avec de nombreux défis et quand on en vient à ceux qui sont discriminés dans un groupe déjà discriminer, l’ampleur de la question reste grande. Pour n’en citer que très peu, le manque d’accès aux informations sur cette orientation sexuelle ne permet pas toujours d’aider « ces autres qui ne sont ni hétérosexuelles ni homosexuelles » à comprendre leurs conditions. Le tabou et les mythes tournants autour de la bisexualité nuisent fortement au mentale de ces personnes et les poussent à évoluer dans le silence (voir l’oubli) de ce qu’ils sont. Quant aux risques de contamination par certaines maladies, Ils restent non seulement réels mais à double cause. « J’ai contracté une MST, dans une relation sexuelle non protégée avec une fille, après avoir rompu avec mon copain… J’ai eu du mal à l’expliquer à mon docteur, qui depuis longtemps, me pensaient être homosexuel. » Désiré*, jeune homme bisexuel en couple avec une femme.

11 Juillet 2015_Célébrée chaque année depuis 1989, cette journée est placée en 2015 sous le thème : « Les populations vulnérables dans les situations d’urgence ».La thématique des populations est un sujet en rapport avec nombreux des thématiques d’intérêt politique, social, culturel et humanitaire. C’est une source riche d’informations de tous genres sur les conditions de vie, les progrès réalisés, mais aussi les leçons à apprendre sur les divers domaines de la vie humaine afin de continuer à promouvoir le développement durable pour toutes les populations du monde.

Si l’expression même « Populations du monde » sous-entend un certain sens de globalité, d’unicité, d’actions d’ensemble ; il est cependant étonnant et très déplorable de constater comment certaines catégories de ces populations restent traitées en citoyens de seconde zone, par leurs propres entourages et malheureusement parfois, par leurs propres gouvernements. Ces populations marginalisées pour tout et n’importe quelle raison, évoluent « en pourtour » des avantages et des occasions de développement dont bénéficient les autres, souvent sans moyens tangibles d’y accéder, et dans le cas où ils en ont accès, ils font face à d’autres défis non moins négligeables, ne favorisant pas leur développement au même titre que le reste des populations.

La Journée mondiale de la population a pour objectif d’attirer l’attention sur l’urgence et l’importance des questions des populations et entre surtout dans un cadre global de contribution, à travers le monde, à la réalisation des objectifs de la Charte des Nations Unies ainsi qu’à la sensibilisation du public sur ces sujets. Dans le secteur des droits humains, elle reste aujourd’hui un des bons moyens pour partager sur l’inaliénabilité, l’indivisibilité et l’universalité des droits garantis à toutes les populations sans exception aucune.

Les conditions de vie des minorités sexuelles en 2015 au Burundi, restent insatisfaisantes et nombreux sont les défis quotidiens auxquels font face cette catégorie de la population vulnérable au Burundi : accès aux services juridiques et sanitaires adéquats, protection contre les actions de violences physiques et psychologiques, droits à l’information sur la santé sexuelle et reproductive, l’égalité des genres, les droits sociaux, etc.

Le gouvernement burundais doit prendre conscience que la présence des minorités sexuelles dans sa population est un fait indéniable, mais surtout avoir le courage d’affronter les besoins auxquels font face ses populations, pour pouvoir mettre en œuvre des politiques qui répondent aux besoins présents et futurs, dans un sens global du développement durable de toutes ses populations.

Les droits humains restent un point clé vers le développement durable des populations du monde. Ainsi, considérer et contribuer aux cadres d’évolution des populations vulnérables dans leurs situations quotidiennes aussi reste une nécessité pour tous.