De la haine envers les minorités sexuelles…toujours aussi gratuitement.

Après quelques semaines seulement de la célébration de la Journée Internationale contre l’Homophobie et la Transphobie_ IDAHOT 2015, vendredi 29 mai 2015, une jeune transgenre s’est fait violemment agressée par un groupe de jeunes homophobes, dans une des boites de nuit fréquentée  par les communauté LGBTIQ de la ville de Bujumbura.

En sortie avec ses ami(e)s, deux jeunes se sont mis à la pointer du doigt en insinuant des propos homophobes, comme quoi c’est un pédé et la chamaillerie a éclaté quand la victime a décidé de leur répondre. Une troisième personne s’est alors invitée dans la querelle et a même essayé de la déshabiller tout en lui donnant des coups de pieds à la jambe droite allant même à lui donner un coup de doigt à l’œil laissant des ecchymoses à cette dernière. La victime a alors appelé la sécurité de la boite de nuit et celle-ci a réussi à mettre dehors les jeunes hommes. Vers 4h quand la victime décidait de rentrer, elle a trouvé que les 3 jeunes l’attendaient dehors et par surprise ils l’ont poussé par terre et ont commencé à la tabasser en lui donnant des coups de pieds à la côte allant jusqu’à même déchirer sa robe. Le videur a essayé tant bien que mal de les retenir, mais ils insistaient pour qu’il les laisse la frapper “parce que ce n’était qu’un pédé”. La victime a réussi à s’échapper et a couru jusqu’à sa voiture.

Malheureusement les trois homophobes l’ont poursuivie jusqu’à la voiture et ont giflé une de ses amies avec qui elle rentrait. Ils ont aussi donné des coups de pied à sa voiture laissant des éraflures sur la peinture et ont aussi endommagé le feu arrière droit de la voiture. A partir de là, une course poursuite a commencé, et la victime a remarqué qu’on lui lançait des pierres. Croyant se tirer d’affaires, elle a remarqué malheureusement que les homophobes la poursuivait. Lorsqu’elle est arrivée à une barricade de police, elle a pu expliquer aux policiers qu’il y avait des personnes mal intentionnées qui la poursuivaient, et ceux-ci la laissa passer sans problème. Les policiers ont alors arrêté la voiture des jeunes homophobes, mais ceux-ci ont réussi à les duper en leur racontant qu’ils poursuivaient un voleur. La course poursuite a alors continué mais heureusement la victime avait réussi à prendre une longueur considérable sur eux, et a eu juste le temps d’entrer au domicile de ses parents, échappant ainsi à ce qui aurait pu être pire comme situation.    

Capture d’écran prise dans la vidéo sur “les défis que rencontrent les personnes LGBT refugiées en afrique du sud” https://youtu.be/20xDFBDgcj0

Ce genre de violence est une des nombreuses mauvaises expériences auxquelles se heurte le quotidien des minorités sexuelles vivant au Burundi. La plupart des cas passant souvent inaperçus à cause des conditions sans sécurité ni protection, dans lesquelles travaillent les activistes pour documenter ces cas et des victimes sans moyens tangibles de porter plainte à la police à cause du climat généralement intolérant et de l’augmentation des cas de discrimination, stigmatisation, mépris, et propos haineux, envers eux. La communauté LGBTIQ juge alors bon de se taire, encaissant injustice sur injustice mais surtout se repliant plus sur elle-même, ce qui à pour conséquence par exemple, un manque de leadership affirmé pour changer ces conditions de vie.

  • Lire l’histoire de Housna dont la mort a connu une violente réaction de la part des chefs religieux, allant jusqu’à refuser une bénédiction pour son enterrement.
  • Lire le rapport J’aime mon pays mais mon pays ne m’aime pas. sur des cas de violence envers la communauté LGBTIQ burundaise.

     Depuis le 22 avril 2009, les minorités sexuelles vivent dans un climat de persécution constante, et subissent quotidiennement des abus des droits humains basés sur l’orientation sexuelle et l’identité et l’expression de genre. Ce climat prévaut du fait de l’article 567 du Code pénal stipulant que : « Quiconque fait des relations sexuelles avec la personne de même sexe est puni d’une servitude pénale de trois mois à deux ans et d’une amende de cinquante mille francs à cent mille francs bu ou d’une de ces peines seulement.» Ce texte a donné cours à une mesure discriminatoire envers les jeunes élèves LGBT sous peine d’exclusion du système d’éducation du Burundi, sous l’article 9 de l’Ordonnance Ministérielle No 620/613 du 7 juin 2011 portant fixation du Règlement scolaire en vigueur au Burundi. Toutes ces dispositions se formant dans un pays qui a ratifié divers traités de protection des droits humains, et accentuant surtout les situations de haine, stigmatisation et discrimination des minorités sexuelles à travers tout le pays.

En cette journée de sensibilisation contre le tabagisme, le Mouvement pour les libertés Individuelles_ MOLI soutient et partage le message de l’Organisation Mondiale de la Santé – OMS: éliminer le commerce Illicite des produits du tabac. comme une invitation à l’adoption responsable de comportements favorisant le bien-être et la bonne santé au sein de la communauté LGBTIQ Burundaise.

En effet, Le tabagisme reste l’une des causes, déplorables, de mortalité pour les populations du monde, la communauté LGBTIQ y compris: Cancers, complications respiratoires et autres problèmes sanitaires et économiques; Fumer reste un moyen irresponsable de détériorer sa santé malgré les nombreuses sensibilisations faites à ce sujet, mais aussi une grave atteinte aux droits humains car fumer affecte beaucoup les personnes dans votre entourage (Fumeurs passifs).

A lire aussi :


Precisons que le Le Burundi a ratifié la convention cadre de lutte anti tabac du 21 mai 2003[1], par la loi n 1/019 du 08 novembre 2005 portant ratification de la convention cadre de l’OMS pour la lutte antitabac[2]. Les études commanditées par le ministère de la santé public et de la lutte contre le SIDA montrent que le tabagisme est un véritable problème de santé publique. Les études parcellaires réalisées à Bujumbura, montrent une prévalence de 14,6% à l’Université du Burundi, de 23, 6% dans  deux grandes entreprises du Burundi et de 12,4 dans les écoles secondaires de Bujumbura, d’où l’utilisation des directives pour l’application de l’article 5.3  de la convention aura un impact majeur sur les politiques de luttes antitabac[3].
Bien qu’il y ait une limitation d’âgée pour la consommation de l’alcool[4]. Le Burundi n’a pas encore adopter de mesure législative( loi antitabac), exécutive, administrative, ou autres mesures efficace prévoyant une protection contre l’exposition a la fumée du tabac dans les lieux de travail intérieur, les transport publics, les lieux publics intérieurs et, le cas échéant, d’autres lieux publics.( article 8 de la convention cadre de l’OMS pour la lutte antitabac)
[1]          http://www.who.int/tobacco/framework/WHO_FCTC_french.pdf
[2]             http://www.assemblee.bi/IMG/pdf/loi%20n%C2%B01_19_du_08_novembre_2005.pdf
[3]     https://www.minisante.bi/index.php/actualites1/179-l-industrie-du-tabac-le-loup-deguise-en-agneau
[4]     Article 501 de la loi nº 1/05 du 22 avril 2009 portant révision du code pénal

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