Bisexual Flag

Orientation sexuelle, identité et expression de genre au Burundi : Droits, Codes et Lois.

Un livret compréhensif sur les Droits Humains et les dispositions législatives pour les personnes LGBT au Burundi.

La publication de ce livret a pour but d’éduquer la communauté LGBT et les personnes au genre non-conforme au Burundi en mettant à leur disposition une compilation de l’information existante sur les Droits Humains vis-à-vis des dispositions de la Constitution du Burundi, et des Protocoles et instruments relatif au Droit International des Droits de l’Homme ratifiés par le Burundi, pour la promotion des Droits de l’Homme des personnes LGBT au Burundi.

Cette publication est protégée par le droit d’auteur. Par conséquent, toute reproduction, copie ou traduction, sans l’autorisation écrite préalable de MOLI, est interdite.

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« […] Nous, les personnes LGBT, sommes contraintes de vivre clandestinement. En isolement et dans le déni de ce que nous sommes, à cause des contextes discriminatoires dans lesquels nous évoluons, cela garde des conséquences psychologiques qui ne sont même pas, souvent, conscientisées […] »

Une thématique de société et source de mécompréhension, préjugés, rejets et discriminations pour de nombreuses personnes. L’homosexualité est, elle-même, souvent considérée comme une maladie mentale ; rejoignant, ainsi, la longue liste de ces maladies à guérir absolument. Le mal causé par les actions, thérapies, etc. pour guérir et/ou atténuer certains effets de l’homosexualité n’est pas sans répercussions psychologiques. « […] Nous, les personnes LGBT, sommes contraintes de vivre clandestinement. En isolement et dans le déni de ce que nous sommes, à cause des contextes discriminatoires dans lesquels nous évoluons, cela garde des conséquences psychologiques qui ne sont même pas, souvent, conscientisées […] » explique une des participants aux séances de l’atelier AGACIRO.

A l’heure où des avancées considérables sont faites dans les domaines du VIH et autres maladies sexuellement transmissibles et que de véritables croisades sont faites pour contribuer à de meilleures conditions d’être et d’accès à des services de santé adéquats. La thématique de santé mentale reste dans l’ombre d’elle-même souvent à cause d’assomptions personnelles, de fausses informations et d’actions stigmatisant tout ce qui est relatif, à cette thématique. Dans l’entre temps, en plus de la stigmatisation connue ailleurs, cette thématique s’empire doublement, au sein de la communauté LGBT. D’une part par les discriminations faites aux personnes LGBT à cause de leurs orientations sexuelles et identités de genre, d’autre part la situation de ceux vivants et/ou présentant les signes de maladies en plus de leurs conditions d’être et d’évolution en tant que LGBT. Ainsi, il reste d’une évidence que la santé mentale est un contexte de société qui affecte malheureusement, aussi, la communauté LGBT. Ne pas s’adresser à ces cadres revient à contribuer à l’approfondissement des stigmatisations envers cette thématique et, aussi, de vouer un réel soutient à nombreux des discriminations et préjugés envers la communauté LGBT. La thématique de santé mentale est une thématique en besoin réel d’éducation. Une éducation sur les bonnes habitudes à adopter, en tant que personne LGBT, pour garder sa santé mentale en bonne état mais aussi quoi faire, face à ces maladies, qui d’ailleurs restent le plus souvent traitables.

Tu as vu ma sexualité (Lettre à l’Afrique dans mes mots et mon silence)

Témoignage : Espérer pour Vivre


IDAHOT est une journée internationalement célébrée chaque 17 Mai, pour adresser différentes problématiques et questionnements relatifs à des actes d’homophobie et de Transphobie, envers la communauté LGBT. En 2016, elle s’adresse directement à la thématique de santé mentale, dans la communauté LGBT. Elle reste, une journée de célébration ouverte à toutes les personnes soucieuses de faire avancer la compréhension et de promouvoir la lutte contre les préjugés, les stéréotypes, les actions de violences et d’injustices envers la communauté LGBTIQ. Ainsi, en combinaison parfaite entre ces deux thématiques travaillant toutes pour l’inclusion et la considération des enjeux impliquant des catégories de la population discriminées ; des actions spécifiques méritent d’être accordé à cette célébration, par le partage d’informations clés à savoir, des histoires et autres expressions témoignant sur ces maladies et les opinions de la communauté LGBT sur cela.

Plus de lecture

The Warning : Santé Mentale et LGBT

Slate : Quand l’homosexualité était une maladie


 

 

« …C’était un baisé qui disait : Ça c’est une autre histoire ! Ou encore, dans la vie il existe ces choses qu’on ne remarque pas à la première vue mais qui sont là… »

Des titres chocs comme « Et si jésus n’était pas Dieu ? » « Les monologues du vagin » « Je n’aime pas l’Afrique », des vocabulaires libérés dans tous leurs sens, des drames et des comédies rappelant certains des cadres sociaux que traverse le pays, etc. BUJA SANS TABOU, ce festival théâtral de 4 jours a été un moment d’expression et de partage sur ces divers cadres de vie à la burundaise (celles qui suscitent la controverse en temps normaux). Il a su ramener et adresser toutes ces bonnes règles des gens « Bienpensants », prisent pour acquises mais dont rien ne garantit la véracité vraiment.

Jusqu’à hier soir, les jeux d’acteurs étaient au point, le travail et les talents des metteurs en scène à applaudir, les lumières et décors artistique à s’émerveiller sur. Et là, sur scène, quand tout le monde s’y attendais le moins, il y eu ce baisé entre deux hommes ; vrai dans son jeux de rôles et presque incompris dans les premières secondes (la salle a applaudit quand même). “…C’était à la fois une surprise, drôle et merveilleux parce que je n’avais vraiment pas capté le feeling entre les deux hommes… j’ai serré la main de mon ami, nous nous sommes regardé dans les yeux et pour un instant, j’ai eu l’impression de vivre une pause temporelle… A la fin, on a fait que siffle comme tout le reste de la salle d’ailleurs.C’était sans commentaires ! ” commente un des spectateurs.

A propos de Buja Sans Tabou.

KEBAB (non, pas comme le sandwich !) est une histoire avec de la naïveté, des trahisons et des mensonges entre 3 étudiants burundais qui s’engouffrent dans un drame avec des violences et des manipulations. Le tout exprimer dans la plus sarcastique des façons. Si l’étalonnage même des scènes a fait que l’histoire débute par la fin, le fameux baisé qu’on remarque directement dans la 1ere partie à susciter une incompréhension, puisque personne n’avait compris que la fin était au début. « …C’était un baisé qui disait : Ça c’est une autre histoire ! Ou encore, dans la vie il existe ces choses qu’on ne remarque pas à la première vue mais qui sont là. » Ajoute un autre spectateur.

Un baisé d'amour et de consentement entre Tshepo Cameron Modisane et Thoba Calvin Sithole, pendant la célébration de leur union, dans la pure des traditions sud-africaines, en 2013. Source photo: www.cnn.com

Un baisé d’amour et de consentement entre Tshepo Cameron Modisane et Thoba Calvin Sithole, pendant la célébration de leur union, dans la pure des traditions sud-africaines, en 2013. Source photo: www.cnn.com

Le public n’aura pas eu le temps de comprendre de quoi s’agissait ce baisé puisque la relation, l’amour ou les sentiments entre les deux hommes n’étant point mentionnés, ailleurs, dans le reste du théâtre. Néanmoins, Il semble avoir gardé un sens révélateur sur quelque chose de non-dit, comme si il laissait libre imagination aux spectateurs de penser ce qu’ils veulent. Bref, une expression minimalement osée mais qui symbolise quelque chose de fort. Un non-dit qui souvent est à la base de nombreuses stigmatisations, discriminations et actes de violence, un non-dit qui brise encore des liens pour la moindre des incertitudes.

La vie des minorités sexuelles au Burundi en 2015.

L’homosexualité en Afrique : sens et variations d’hier à nos jours.  

L’amour, les relations de couples, l’expression ou simplement l’existence de sentiments affectives et romantiques entre deux personnes de même sexe, sont hués, diabolisés et criminalisés pour tout et n’importe quelles raisons. Aujourd’hui, la présence de cette catégorie de la population Burundaise, reste indéniable plus que jamais et leurs cadres d’existences méritent peut-être plus de « Buja sans Tabou » pour être adresser et susciter des actions pour améliorer ces quotidiens qui restent toujours de tabou, même pour ceux s’identifiant comme Lesbiennes, Gays, Bisexuel(le)s et Transgenres.

Buja Sans Tabou : Un avant-gout pimenté avec « les monologues du vagin.»

Homosexualité : Regarde en l’air…vois ce que tu peux voir !

“Discrimination” le triste mot qui raconte. De nombreuses personnes en sont sujets pour diverses raisons , tandis que d’autres n’y accordent que peu d’attention. Les conséquences néfastes de ces actes finissent par devenir de malheureuses réalités, pour les victimes et des standards pour les cadres sociaux.

Célébrée, pour la 1ere fois, en 2011, par l’ONUSIDA ; la journée Zéro Discrimination est un appel et un rappel à s’engager contre les diverses formes de discrimination envers les personnes atteintes et/ou vivants avec le VIH/SIDA. 5 ans après, l’idée continue de plaire et elle est, aujourd’hui, un symbole de contribution à un monde meilleur, en s’adressant contre toutes formes de discriminations envers son voisin qu’importe à quoi il ressemble, d’où il vient, qui il aime ou ce qu’est son contexte de vie et d’évolution. Qu’elles soient basées sur l’orientation sexuelle et/ou l’identité de genre, la race ou l’ethnie, la maladie ou le handicap, etc. les discriminations n’ont pas raison d’être.

Engageons et avançons la conversation contre toutes formes de discrimination.

This research guide includes bibliographic references to research about the impact of discrimination against LGBT people, including poverty, lost productivity, homelessness, depression and suicide.  The guide accompanies the United Nations video titled “The Price of Exclusion,” narrated by Zachery Quinto. The UN released the video to commemorate the anniversary of the signing of the United Nations Declaration on Human Rights.  This guide provides references and summaries of the research underlying the data cited in the video, and also includes other selected research findings. Click here to read the research guide.

Elle est l’une des soudures de la relation humaine dans de nombreuses situations ; au fur du temps, elle a été une valeur ayant fait ses preuves, même quand comprise avec un peu de retard. Si elle touche, engage et souvent sauve des relations, des vies voir même des cadres d’évolutions pacifistes et inclusifs; l’incompréhension (parfois volontaire) des valeurs qu’elle transmet reste un des maux à adresser, surtout au plus jeunes, pour plus de connaissances, de dialogues et d’actions valorisants la présence et l’apport de chacun dans une société.La Tolérance est-elle un vice ou une vertu ?

Dans le monde et au travers de la société locale, Les droits humains traversent la pointe des périodes les plus difficiles ; les incompréhensions d’autrui (et surement de soi) restent descauses de grandes violences et d’actions d’intolérances religieuses, sociales, politiques, etc., qui définissent souvent le cours choses pour ce qu’il n’est pas mais plutôt pour ce qu’on veut qu’il soit. Il reste une nécessité de permettre la promotion des valeurs de tolérance par une implication de tous. La tolérance doit être cette valeur d’être et de vie, pour plus d’un, favorisant plus de compréhensions et d’échanges sur des solutions communes.

ONU : Promouvoir la Tolérance

Une pensée spéciale pour toutes les victimes d’actions meurtrières au travers du Burundi et dans le monde mais surtout pour toutes ces personnes qui s’engagent de près ou de loin pour permettre plus d’états d’être et d’évolution respectant la pluralité de vie et de réflexion de tous ces millions de gens qui méritent vie et développement.

Lire aussi :

Une histoire de Tolérance [Vidéo en anglais]

BURUNDI : Face à la violence, un de plus et sûrement pas le dernier.

BURUNDI De la haine envers les minorités sexuelles…toujours aussi gratuitement !

Souvenir du 25 Août 2010 : Mugera – Gitega, fête catholique de l’assomption. C.B.R. (jeune Transgenre de 17 ans, à l’époque) fut torturée, jusqu’à perdre l’usage partiel de ses bras dans un orphelinat où elle avait grandie et tenu par des bonnes sœurs. Lire histoire complète : http://madikazemi.blogspot.com/2010/12/in-burundi-young-trans-woman-tortured.html

« … C’est l’une des seules instants, dans l’année, où ils/Elles ont la chance d’être célébrer et entendu vraiment pour ce qu’ils/elles sont et méritent de vivre… Je suis fière de les comptais parmi mes amis et ma grande famille…» s’enthousiaste un jeune homme participant à la journée du souvenir Trans. en 2014 à Bujumbura. Si la connaissance et l’importance de cette journée restent vaguement méconnues (pour ne pas dire, volontairement ignorer parfois) par la société en générale et le reste d’une communauté LGB en éternelle recherche des droits qu’elle mérite; Il est de commun questionnement de savoir à quoi rime exactement être une personne transgenre dans la société burundaise et dans la communauté LGBT mais plus encore, ce qui manque à l’appel pour voir plus d’engagements et d’actions inclusifs, de cette catégorie de la population burundaise, dans les objectifs du développement et de droits humains.

Une Auto-Stigmatisation justifié !

Un homme dans un corps de femme, une femme dans un corps d’homme, des personnalités qui ne se définissent pas ou simplement des gens aspirants « à vivre, travailler, aimer et se développer uniquement en tant qu’être humain », cela semble être une fiction, drôle à entendre, pour nombreuses personnes dans la population burundaise (malheureusement parfois aussi dans la communauté LGB). Si incompris, voir moqué injustement, l’enjeu de cette discrimination est de taille quand on sait qu’elle reste encore mise « à côté » et que les thématiques/questions d’identités de genre sont souvent coller à ceux de l’orientation sexuelle, quoi que différents en de nombreux points.

«…Les personnes Trans. sont ces autres « homosexuelles/Lesbiennes » qui veulent pousser à l’extrême, la part des choses…», «…Les Trans. se mettent dans des positions délicates et s’étonnent d’être des victimes au premier plan…», etc. Quelques-uns des assumassions qui font mal et qui viennent, souvent, en additionnel : aux stigmas de la société, aux problèmes d’accès aux services de santé adaptés, aux rejets des familles/Ami(e)s et surement, aussi, du sexisme mettant en stéréotypes et dévalorisant la place des femmes dans la société (ce qui se répercute souvent sur les femmes transgenres aussi).

Au nom de quoi être une communauté LGBT, quand certaines catégories restent en arrière ? Aujourd’hui, les gays ont pris le devant et avancent, tant bien que mal, pour leurs causes ; le souci reste d’importance quand il en vient à vouloir plus d’engagements des personnes Trans. malgré toutes les discriminations auxquelles ils/elles font faces. Et pourtant, ce sont eux qui, dès le départ, sont au-devant la scène (va à dire que tu es un homosexuel(le), on va commencer à t’imaginer en robe ou en habits d’hommes. Positivement parlant : Au moins, ils/Elles marquent les esprits dans la société). Ils sont et restent ces âmes en face de la lumière, alors que dans leurs ombres, évoluent toute une autre liste de gens qui vivent et gagnent de plus en plus de places.

« …La plus part des fois je sais que je n’ai pas à m’expliquer, mais je peine toujours à dire pourquoi je suis Trans. même dans des cadres LGB, c’est assez fatiguant à la longue…» mentionne un jeune homme de 26 ans pendant la célébration de la journée du souvenir Trans en 2014.

Une Transphobie aux allures inquiétantes.

Le Transsexualisme expliqué par un psy.

Avons-nous besoin d’organisation Trans. ?

Oui et Non. Organisation Trans. ou pas, l’important est de faire ce qui doit être fait avec des moyens présents. Qu’il y ait beaucoup plus de personnes engagées à faire comprendre et maximiser l’inclusion des personnes Trans. dans des initiatives propres à leurs causes, serait de recommandation. Si l’auto discrimination des personnes Trans. ne permet pas, aujourd’hui encore, d’avoir un engagement passionné et inébranlable (au même titre que le reste de la communauté), des milliers de chances passent pour éduquer, sensibiliser, maximiser et développer la place de choix qu’ils méritent.

Autant d’incompréhensions, d’actes manqués et de mauvaises interprétations, ne permettent des actions vraies et sincères pour le développement de tous. Mais qui blâmer alors ? Tout le monde évidement : Sur des sujets d’information et d’éducation, de lutte contre le sida/IST, de droits humains et d’accès aux services sociales, il est de nécessité à donner un focus sur tout le monde ; Or il ne s’agit en aucun cas de la communauté « gay » mais bel et bien « LGBT ». Toutes ces catégories ont droit à leurs parts de l’action, incluant notamment ceux qui malgré discriminer déjà, ont parfois aussi tendances à se replier sur soi.

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Souvenir du 21 Octobre 2015 : Beyoncé Karungi, Activiste Transgenre ougandaise fut tabassé par une foule de personne, 2 jours après que 4 de ses colocataires avaient reçues des menaces de mort par un groupe d’hommes.

Comment respecter une personne Transsexuelle en 9 étapes.

Une grande journée pour la diversité !

Etre une personne transgenre n’as rien de bizarre, ni de mauvais ni de malchanceux non plus d’extraordinaire. Dans la diversité que représentent toutes ces personnes autour du globe et ici chez nous, ils/Elles sont capables d’être et d’évoluer. Etre présent pour eux (comme toutes ces autres personnes présentes pour nous) est de nécessité. Ils/elles méritent considérations et des engagements pour leurs causes, plus décisifs pour l’avenir de la communauté et de leurs entourages, leurs contributions au pays et aux thématiques d’évolutions sociales.

Ainsi, célébrer cette journée est de nécessité pour se souvenir, comprendre et accepter nos propres différences mais surtout et plus important être fière et valoriser celles des autres, avec considération d’uneémergence équitable pour soi et les autres.

Lire aussi:

De la haine envers les minorités sexuelles…toujours aussi gratuitement !

L’homophobie et la transphobie en quelques chiffres.

 

La question LGBT reste posée au sein de l’Eglise catholique depuis toujours, que ça soit du dedans ou du dehors. Depuis l’année passée, cette Eglise a mis la question à table à travers le synode des Evêques qui devrait se rassembler encore une fois dans un mois pour prendre des décisions finales. La communauté LGBT devrait-elle espérer mieux par rapport à la discrimination et stigmatisation dont elle reste encore victime ?

Les points 55 et 56 du rapport final de la session synodale de 2014, sont assez clairs jusque-là sur les positions de l’Eglise catholique sur la situation des personnes homosexuelles. Cependant, ce rapport n’aborde pas toute la question dans sa généralité, mais se limite seulement au mariage gay. Selon ce document, « Il n’y a aucun fondement pour assimiler ou établir des analogies, même lointaines, entre les unions homosexuelles et le dessein de Dieu sur le mariage et la famille. Néanmoins, les hommes et les femmes ayant des tendances homosexuelles doivent être accueillis avec respect et délicatesse. À leur égard, on évitera toute marque de discrimination injuste. » Ce sera tout comme conclusion sur la question. Avec une conclusion aussi résumée que celle-ci, qui ne tient pas compte de toute l’étendue de la question, on peut se demander si les conclusions d’octobre prochain sur cette réunion apporteront quelque chose de nouveau.

Pélérins participants aux enseignements du prédicateur Jean Pliya au Mont Sion Gikungu. Source: Blog du Mont Sion Gikungu

L’Eglise catholique étant une institution d’une grande notoriété à travers le monde et comptant dans certaines parties du monde la majorité des croyants, elle a un grand rôle à jouer dans la promotion effective des libertés humaines. Quoi que souvent traditionaliste, elle s’ouvre de plus en plus aux réalités contemporaines et se pose des questions. La preuve est que la question homosexuelle soit mise à table et discutée. Disons que ceci est un pas. Mais ce pas n’aurait-il pas besoin d’être appuyé pour qu’il soit un pas de géant ? L’Eglise catholique, dans sa hiérarchie surtout, n’a-t-elle pas encore besoin de comprendre la réalité homosexuelle pour que ses décisions par rapport à cela soient conséquentes ? La petite conclusion sur la question des personnes homosexuelles dans ce rapport précité révèle combien cette Eglise romaine ignore encore des réalités LGBT, s’il ne s’agit pas d’en faire fi. Comment par ailleurs, devrait-elle prendre des décisions pour la vie des gens, une vie privée pour le reste, quand aucune des personnes concernées n’est concertée ? Peut-on prendre des décisions sur une question dont on ne maitrise pas les enjeux ? Il est dès lors plausible de se demander s’il n’est pas opportun pour le mouvement activiste d’aider ces prélats à comprendre ce sur quoi ils veulent décider. Le document préparatoire du prochain synode lui-même ne revient pas assez sur la question. En plus de la conclusion résumée de la dernière session d’octobre 2014, ce document ajoute quand-même une note d’espoir sans aucune perspective concrète, du reste. Au numéro 131 il est dit : « Il est réaffirmé que chaque personne, indépendamment de sa tendance sexuelle, doit être respectée dans sa dignité et accueillie avec sensibilité et délicatesse, aussi bien dans l’Église que dans la société. Il serait souhaitable que les projets pastoraux diocésains réservent une attention spécifique à l’accompagnement des familles où vivent des personnes ayant une tendance homosexuelle et à ces mêmes personnes. » Jusque-là, l’Eglise veut juste adopter un comportement « humain » envers les personnes homosexuelles. Mais que pense-t-elle du comportement homosexuel lui-même et quelle est son attitude par rapport à cela.

La question reste posée. Jusqu’ici, l’Eglise recommande aux personnes homosexuelles une vie chaste plutôt (point 2359 du Catéchisme de l’Eglise Catholique), c’est-à-dire une vie de continence sexuelle. Est-ce ceci un langage réaliste à tenir devant l’homme contemporain ?

Lire aussi: BURUNDI: L’église catholique contre le 3ème mandat du Président Pierre Nkurunziza.

Slate Fr: Le pape peut-il changer la vision de l’Eglise sur le sexe?

360Degré: Action de Carême accusée de “Lobbying LGBT”.

France: L’église Protestante autorise les bénédictions des couples gays.

Du coup, on penserait qu’il n’y a aucun lien. Et pourtant si, puisque des cas ont déjà démontré qu’il y a une relation de cause à effet entre le fait d’être homosexuel au Burundi, et la situation politique que vit le Burundi actuellement.

Deux jeunes hommes assistants à une représentation théâtrale sur la “santé sexuelle et reproductive” dans la région rurale de la commune MABAYI en province Cibitoke, Burundi, février 2015. (Photographie: Source privée.)

Au moment où l’homosexualité est incriminée au Burundi depuis 2009, la communauté LGBT au pays reste terrée dans sa solitude, et a peur de se manifester à cause des discriminations et stigmatisations. Du coup, le sujet est rendu davantage tabou par un manque d’ouverture sur des discussions et des débats « constructifs » par rapport au respect et à la tolérance des personnes LGBT dans la société burundaise. Pour s’en rendre compte par exemple, il suffit de jeter un coup d’œil sur les commentaires de l’article Homosexualité : un mal venu d’ailleurs ? de Jean Marie Ngendahayo, paru sur le site du Groupe de presse Iwacu, le 9 mars 2014 ou de se demander les motivations de ce poste avec un titre aussi évocateur sur les opinions de son auteur, par rapport à l’homosexualité.

La crise politique actuelle influe sur les droits des LGBT

« Avant la crise, on ne connaissait pas beaucoup de cas de violations des droits LGBT », se désole Lamec Niyongabo* , un gay qui cite deux cas de violence envers ses deux amies Transgenres ( De la haine envers les minorités sexuelles…Toujours aussi gratuitement et une transphobie aux allures inquiétantes.) observés pendant la période de contestation de la 3ème candidature du président Pierre Nkurunziza. Deux Trans qui se seraient fait violenter par des inconnus à la sortie d’une même boîte de nuit à des jours différents. Un autre cas est celui d’un jeune gay de 19 ans qui s’est fait violer sexuellement jusqu’à perdre beaucoup de sang. Pour Lamec Niyangabo*, tous ces agresseurs profitent de la situation actuelle du pays pour commettre ces forfaits, parce qu’ils pensent peut-être qu’ils ne seront pas poursuivis, « du moment qu’au Burundi, les LGBT sont vus d’un mauvais œil en général. ». Lamec Niyongabo* a lui-même été sollicité pour faire la ronde de nuit, mais « ne se sentant pas prêt à l e faire suite à ma situation, j’ai prétexté que je ne pouvais pas faire une ronde de nuit sans être armé, et on n’a pas insisté là-dessus parce qu’on voyait aussi que je n’étais pas du genre à faire une surveillance de nuit. » En réalité, comme il le dit lui-même, c’était un prétexte. « J’avais tout simplement peur d’y aller, parce que j’étais conscient que suite à ma condition de gay, je n’étais pas bien vu de tout le monde, et que donc, toute forme de violence pouvait m’arriver. » C’est ainsi donc que la condition LGBT peut restreindre la possibilité de participer à ce qui se passe dans sa société, par peur de mauvaises conséquences qui peuvent arriver.

Le droit de vote des LGBT mis en cause

Ce n’est pas seulement par peur de ce qui peut leur arriver que les LGBT ne s’engagent pas dans leur société, c’est aussi par manque d’intérêt. Ainsi, comme nous le rapporte Célia Kayonde dans son article Burundi : La communauté homosexuelle ne votera peut-être pas !, sur une cinquantaine de jeunes LGBT interrogés, deux seulement étaient prêts à aller voter. Motif : «Pourquoi je perdrai mon temps à aller donner ma voix pour des hommes qui ont adopté une loi sur la pénalisation de ce que je suis?», rapporte Célia, citant un jeune homme interrogé. Selon l’auteure de l’article, « les homosexuels, eux, ne savent même pas pour qui ils voteraient si jamais ils le faisaient puisqu’aucun candidat qu’il soit libre ou engagé dans un certain parti politique, aucun n’a engagé le sentiment de défendre leurs droits. » Bémol : une jeune lesbienne, elle, pense que « si les jeunes comme elle continuent à penser que ça ne sert à rien de participer aux élections parce que l’on est discriminé, ils seront toujours oubliés et persécutés, voter serait une façon de créer un changement. »

Alors que l’article 20 de la Constitution du Burundi stipule très bien que « tous les citoyens ont des droits et des obligations », il est remarquable que certains des citoyens restent non convaincus de leurs devoirs civiques. Ceci à cause des situations d’injustice auxquelles ils font face souvent, des situations prenant force dans des législations mises en place par leur propre Etat et en summum de leurs difficultés de vie, nombreux d’entre eux font encore face à des affirmations d’inexistence de « ce genres de personnes » dans la société locale. Si le pas à franchir pour beaucoup d’entre eux reste grand et que certains de leurs revendications premières ne s’apparentent en rien au mariage ni à l’adoption mais plutôt le respect, la tolérance, la protection et le droit à la vie privée, une mention finale à porter à cet article va dans le sens de chacun à prendre la responsabilité pour promouvoir les droits humains, l’accès aux opportunités de vie en égalitaires et le développement d’ensemble avec sécurité et protection.

*Pour des raisons de sécurité et d’anonymat le nom de la personne a été changé.

Lire aussi, BURUNDI: l’Etau se resserre autour des homosexuels?

 

Si les deux dernières histoires en date, de violations envers deux personnes Transgenres ( De la haine envers les minorités sexuelles…Toujours aussi gratuitement et Une transphobie aux allures inquiétantes.), alimentent encore les conversations, des questionnements se posent désormais sur l’évolution de ces situations. Ça reste très inquiétant de savoir que des personnes continuent à se faire agresser et qu’il est difficile de savoir à propos de ces violations à cause du manque de cadre légal, pour les activistes LGBT de travailler en identitaire des objectifs de leur travail, mais surtout de s’organiser et de prendre action pour changer les choses.

La dernière violence a été faite à l’endroit d’un jeune gay qui a été violé alors qu’il rentrait chez lui. Il nous raconte comment ça s’est passé.

« Vivant au nord de la Capitale Bujumbura, je rentrais à 02h du matin en provenance d’une fête. Arrivé sur la route principale, j’ai vu deux hommes venir en ma direction et soudainement le premier m’a pris par la gorge et le deuxième s’est mis derrière moi, m’ordonnant de me pencher vers l’avant. J’ai senti alors qu’il me mettait de la salive au niveau de l’anus et qu’il commençait à me violer. Quand il a fini, le deuxième aussi a fait de même. J’avais tellement mal et avais peur que je n’arrivais même pas à crier. Je ne faisais que pleurer ; lui aussi m’a pénétré et là j’ai commencé à saigner. Quand il l’a remarqué, il m’a lâché. Je suis rentré doucement parce que n’ayant aucune force et à 9h quand je me suis réveillé, j’ai remarqué que j’avais perdu beaucoup de sang, je me suis vite présenté à une structure de santé assez friendly pour moi mais comme c’était un samedi, ils n’avaient pas encore ouvert. J’ai dû attendre jusqu’à 12h pour voir le médecin. Il m’a alors confirmé qu’il y avait eu des déchirures au niveau rectal et m’a procuré les premiers soins et une prescription de médicaments, … » Eris*

A seulement 19 ans, ce jeune homme a sans doute eu la plus traumatisante des situations de sa vie et jusqu’à présent, personne ne sait encore en chiffres exacts, combien d’autres jeunes gens dans des situations pareilles ne trouvent pas le courage de s’exprimer sur cela et y apporter solution. Or, les jeunes LGBT, au même titre que d’autres jeunes de leur âge, ont le droit d’évoluer dans des conditions sécurisées et favorables à leur épanouissement. L’impact de l’homophobie dans les sociétés locales fait que certains d’entre eux sont chassés et/ou laissés à eux mêmes par leur propre entourage (lire l’histoire de Housna ), souvent sans aucun soutien moral et/ou matériel (Lire les Histoires de nos vie sur le blog l’Atelier AGACIRO).

Si comprendre l’homosexualité reste un défi pour beaucoup de burundais, l’intérêt à porter à la lutte contre l’homophobie et sur la protection des membres de famille, ami(e)s et/ou voisin(e)s LGBT reste aussi avec un pas assez grand à franchir. L’homophobie détruit la vie des jeunes LGBT. Elle les pousse dans des situations de frustrations et vulnérabilités accentuées. Ceci influe beaucoup sur leurs capacités et leaderships de développement, ce qui accentue leurs marginalités dans les sociétés locales, puisque n’arrivant pas à être « des personnes qui réussissent. ».

Peu importe ce qui ils sont, les jeunes, puisqu’étant l’avenir, méritent toute l’attention pour être écoutés et épaulés afin d’accéder à la sécurité tant mentale que physique, capable de les procurer assez de forces pour se développer en harmonie avec le total potentiel de leurs capacités.

*Pour des raisons d’anonymat et de sécurité, les noms ont été changés.

Un couple de jeunes sud-africaines participants à la marche des fiertés à SOWETO, en 2013. (Photographie: Ikanyiso.org)

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Un couple de jeunes sud-africaines participants à la marche des fiertés à SOWETO, en 2013. (Photographie: Ikanyiso.org)

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Un couple de jeunes sud-africaines participants à la marche des fiertés à SOWETO, en 2013. (Photographie: Ikanyiso.org)

L’histoire de cette transgenre battue dans une boite de nuit de Bujumbura (allant jusqu’à prendre même des allures d’une course poursuite, digne d’une série policière), a choqué beaucoup de personnes LGBT dans l’entourage de la victime. Par la violence qui a caractérisé la scène, cette histoire reste une des preuves des situations difficiles auxquelles sont exposées, quotidiennement, les personnes LGBT au Burundi.

Audrey Mbugua, Transgenre Kenyanne, a été impliqué dans divers actions judiciaires pour les droits des personnes transgenres dans son pays. (Photographie: Reuters)

Une autre agression, une autre Trans…au même endroit.

Bujumbura, 17 juillet 2015 à 4h du matin, bonne ambiance dans ce bar du centre-ville. Elise*, transgenre de 31 ans prend du bon temps avec des amis. Soudain, un jeune homme survient dans le groupe l’accusant, à voix haute, d’être homosexuel ; la victime de nature assez féminine, ne nie rien: « Je lui ai alors répondu qu’il n’y avait rien de nouveau dans ce qu’il venait de dire, que tout le monde le savait.». Le jeune homme, prenant en mal sa colère, lui donne alors un coup de point sur le bras gauche. « Je l’ai ensuite pris par le coup et la bagarre a éclaté, mais après un court instant ses amis se sont mis entre nous et en nous débattant chacun de son coté, mon bras a heurté un verre cassé qui m’a blessé sur le bras droit. J’ai perdu beaucoup de sang et mes amis m’ont amené à l’hôpital où j’ai été recousue. » Ce cas est une des mauvaises expériences qui arrivent à être connues, uniquement, parce que la personne ayant contacté ses amis activistes pour savoir comment porter plainte pour « homophobie » et « coups et blessures ». Il n’a pas été facile pour elle de le faire, à cause de la difficulté d’accès à des services « judiciaires friendly » capables de comprendre la requête, avant tout comme une violation des droits d’autrui sans passer catégoriquement à juger qui porte plainte. « C’est en effet difficile avec “sa présentation”, de porter plainte et de s’en sortir ainsi, sans être accusée d’autres choses », commente Hélène* une de ses amies.

La question d’incompréhension et d’intolérance envers les personnes Transgenres reste une réalité que beaucoup d’entre elles font face, que ce soit en dehors et au sein de la communauté LGBT, souvent par un manque d’informations claires sur la transsexualité, un leadership avec un niveau assez bas par rapport aux autres catégories de la communauté LGBT, et des services communautaires/sanitaires qui vont toujours dans des sens cadrés « Gays et Lesbiennes ». L’enjeu reste de taille pour ces personnes d’où l’importance de garder en rappel leurs conditions de vie et contribuer à améliorer leur vie, dans les sociétés locales. *Pour des raisons d’anonymat et de sécurité, les noms ont été changés.

Lire l’histoire A woman trapped into a man’s body.(En anglais)

Lire Le transexualisme expliqué par un psy.

Comprendre l’enfant transgenre.

Regarder Uganda Transgender girl fight for her right to love (Webserie en anglais).

11 Juillet 2015_Célébrée chaque année depuis 1989, cette journée est placée en 2015 sous le thème : « Les populations vulnérables dans les situations d’urgence ».La thématique des populations est un sujet en rapport avec nombreux des thématiques d’intérêt politique, social, culturel et humanitaire. C’est une source riche d’informations de tous genres sur les conditions de vie, les progrès réalisés, mais aussi les leçons à apprendre sur les divers domaines de la vie humaine afin de continuer à promouvoir le développement durable pour toutes les populations du monde.

Si l’expression même « Populations du monde » sous-entend un certain sens de globalité, d’unicité, d’actions d’ensemble ; il est cependant étonnant et très déplorable de constater comment certaines catégories de ces populations restent traitées en citoyens de seconde zone, par leurs propres entourages et malheureusement parfois, par leurs propres gouvernements. Ces populations marginalisées pour tout et n’importe quelle raison, évoluent « en pourtour » des avantages et des occasions de développement dont bénéficient les autres, souvent sans moyens tangibles d’y accéder, et dans le cas où ils en ont accès, ils font face à d’autres défis non moins négligeables, ne favorisant pas leur développement au même titre que le reste des populations.

La Journée mondiale de la population a pour objectif d’attirer l’attention sur l’urgence et l’importance des questions des populations et entre surtout dans un cadre global de contribution, à travers le monde, à la réalisation des objectifs de la Charte des Nations Unies ainsi qu’à la sensibilisation du public sur ces sujets. Dans le secteur des droits humains, elle reste aujourd’hui un des bons moyens pour partager sur l’inaliénabilité, l’indivisibilité et l’universalité des droits garantis à toutes les populations sans exception aucune.

Les conditions de vie des minorités sexuelles en 2015 au Burundi, restent insatisfaisantes et nombreux sont les défis quotidiens auxquels font face cette catégorie de la population vulnérable au Burundi : accès aux services juridiques et sanitaires adéquats, protection contre les actions de violences physiques et psychologiques, droits à l’information sur la santé sexuelle et reproductive, l’égalité des genres, les droits sociaux, etc.

Le gouvernement burundais doit prendre conscience que la présence des minorités sexuelles dans sa population est un fait indéniable, mais surtout avoir le courage d’affronter les besoins auxquels font face ses populations, pour pouvoir mettre en œuvre des politiques qui répondent aux besoins présents et futurs, dans un sens global du développement durable de toutes ses populations.

Les droits humains restent un point clé vers le développement durable des populations du monde. Ainsi, considérer et contribuer aux cadres d’évolution des populations vulnérables dans leurs situations quotidiennes aussi reste une nécessité pour tous.

Caricature sur l’homophobie en afrique (Source : worldink.org)

Voté pour la première fois au Burundi en 2009, l’article 567 punissant d’une servitude pénale de trois mois à deux ans et d’une amende de cinquante mille francs à cent mille francs ou d’une de ces peines seulement, les relations sexuelles entre personnes de même sexe, est devenu l’une des force de base et un pilier de justification de nombreux cas de violence homophobe et de discrimination tant physiques que psychologiques, envers les personnes s’identifiant et/ou identifiées comme Lesbiennes, Gays, Bisexuel(les) et Transgenres, couramment connues sous la nomination de minorités sexuelles ou communauté LGBT.

Si le climat social par rapport à cette « délicate attention portée sur l’homosexualité » reste d’une tension palpable, des opinions « Pro africain », « Pro Culture », « Pro religion » et « Anti envahissement occidental » sont en même temps contradictoires à de nombreux autres discours et principes de vie sur le respect, la tolérance , l’égalité, etc. de la morale de base de nombreux burundais. Les haines vouées à l’homosexualité se nourrissent du jour au lendemain des conditions de vie politiquement et économiquement instables, des propos d’évangélistes et autres témoins de « la bonne nouvelle de Dieu pour tous» (à la rescousse de l’Afrique ?)  et surtout d’une marginalisation assez remarquable du travail des défenseurs de droits humains, et autres âmes de bien éveillées pour l’amélioration des conditions de vie des minorités sexuelles dans les sociétés locales. Souvent sans moyens d’accéder facilement à l’espace civique pour s’exprimer, s’organiser et mener des actions, ils sont aussi mis à l’écart dans le sphère de la société civile et doivent, souvent, fournir des efforts supplémentaires pour s’intégrer au même titre que les populations qu’ils défendent; ceci étant une condition ne facilitant pas les différentes actions de plaidoyer pour les droits humains qui sont des droits pour tous, les LGBT y compris.

Défenseurs de droit humain participant à la première marche des fiertés en Ouganda, Aout 2012 (source: http://www.dw.com/en/film-shows-increasing-homophobia-in-uganda/a-16253642)

Alors que l’hypocrisie étatique (puisque garantissant des droits qu’elle n’arrive pas à faire respecter) fait toujours ses preuves pour plus d’un cas, elle reste un grave délit aux droits humains malgré les nombreuses ratifications de l’Etat burundais dans sa propre Constitution, aux conventions de l’E.A.C., de l’Union africaine, etc. A titre d’exemple seulement, dans un contexte local, la Constitution du Burundi garantit:

  • Dans son article 14 sur les valeurs fondamentales: « Tous les burundais ont le droit de vivre au Burundi dans la paix et dans la sécurité. Ils doivent vivre ensemble dans l’harmonie, tout en respectant la dignité humaine et en tolérant leurs différences.»
  • Dans son article 32 sur les valeurs fondamentales: « La liberté de réunion et d’association est garantie, de même que le droit de fonder des Associations ou Organisations conformément à la loi. »
  • Dans son article 62 sur les devoirs individuels : « Toute personne a le devoir de respecter ses compatriotes et de leur témoigner de la considération, sans discrimination aucune.»
  • Dans son article 67 sur les devoirs individuels : « Chaque individu a le devoir de respecter et de considérer son semblable sans discrimination aucune, et d’entretenir avec lui les relations qui permettent de promouvoir, de sauvegarder et de renforcer le respect et la tolérance. »

    Supporteurs, masqués, de la protestation contre la loi anti LGBT en Ouganda, à Nairobi. Photographie de Dai Kurokawa/EPA

Si les organisations LGBT ne réussissent pas encore à s’enregistrer et à travailler ouvertement en identitaires de leurs objectifs(quoi que la loi le permettant), la communauté LGBT continue à évoluer dans des contextes de vies déplorables à la merci de « Qui veut donner ses avis sur comment ne pas être homosexuel .» Sans pouvoir d’expression sur les cas de marginalisation et de stigmatisation des LGBT, l’activisme burundais va pourtant dans une optique globale de réflexion sur l’impact de l’homophobie sociétale et étatique dans la vie de tous ces gens qui, traités et évoluant en citoyens de seconde zone, gardent pourtant leur droit au respect et à la dignité pour toutes les personnes humaines. L’homosexualité reste un fait de la sexualité humaine (quoi que restant tabou) et les répercussions négatives sur la vie des personnes homosexuelles ne doivent pas être ignorées,  du moment qu’elles régressent plutôt les droits humains dans la société burundaise en général.

« La règle d’or de la conduite est la tolérance mutuelle, car nous ne penserons jamais tous de la même façon, nous ne verrons qu’une partie de la vérité et sous des angles différents. » Gandhi
Homme politique, Philosophe, Révolutionnaire (1869 – 1948)

Après quelques semaines seulement de la célébration de la Journée Internationale contre l’Homophobie et la Transphobie_ IDAHOT 2015, vendredi 29 mai 2015, une jeune transgenre s’est fait violemment agressée par un groupe de jeunes homophobes, dans une des boites de nuit fréquentée  par les communauté LGBTIQ de la ville de Bujumbura.

En sortie avec ses ami(e)s, deux jeunes se sont mis à la pointer du doigt en insinuant des propos homophobes, comme quoi c’est un pédé et la chamaillerie a éclaté quand la victime a décidé de leur répondre. Une troisième personne s’est alors invitée dans la querelle et a même essayé de la déshabiller tout en lui donnant des coups de pieds à la jambe droite allant même à lui donner un coup de doigt à l’œil laissant des ecchymoses à cette dernière. La victime a alors appelé la sécurité de la boite de nuit et celle-ci a réussi à mettre dehors les jeunes hommes. Vers 4h quand la victime décidait de rentrer, elle a trouvé que les 3 jeunes l’attendaient dehors et par surprise ils l’ont poussé par terre et ont commencé à la tabasser en lui donnant des coups de pieds à la côte allant jusqu’à même déchirer sa robe. Le videur a essayé tant bien que mal de les retenir, mais ils insistaient pour qu’il les laisse la frapper “parce que ce n’était qu’un pédé”. La victime a réussi à s’échapper et a couru jusqu’à sa voiture.

Malheureusement les trois homophobes l’ont poursuivie jusqu’à la voiture et ont giflé une de ses amies avec qui elle rentrait. Ils ont aussi donné des coups de pied à sa voiture laissant des éraflures sur la peinture et ont aussi endommagé le feu arrière droit de la voiture. A partir de là, une course poursuite a commencé, et la victime a remarqué qu’on lui lançait des pierres. Croyant se tirer d’affaires, elle a remarqué malheureusement que les homophobes la poursuivait. Lorsqu’elle est arrivée à une barricade de police, elle a pu expliquer aux policiers qu’il y avait des personnes mal intentionnées qui la poursuivaient, et ceux-ci la laissa passer sans problème. Les policiers ont alors arrêté la voiture des jeunes homophobes, mais ceux-ci ont réussi à les duper en leur racontant qu’ils poursuivaient un voleur. La course poursuite a alors continué mais heureusement la victime avait réussi à prendre une longueur considérable sur eux, et a eu juste le temps d’entrer au domicile de ses parents, échappant ainsi à ce qui aurait pu être pire comme situation.    

Capture d’écran prise dans la vidéo sur “les défis que rencontrent les personnes LGBT refugiées en afrique du sud” https://youtu.be/20xDFBDgcj0

Ce genre de violence est une des nombreuses mauvaises expériences auxquelles se heurte le quotidien des minorités sexuelles vivant au Burundi. La plupart des cas passant souvent inaperçus à cause des conditions sans sécurité ni protection, dans lesquelles travaillent les activistes pour documenter ces cas et des victimes sans moyens tangibles de porter plainte à la police à cause du climat généralement intolérant et de l’augmentation des cas de discrimination, stigmatisation, mépris, et propos haineux, envers eux. La communauté LGBTIQ juge alors bon de se taire, encaissant injustice sur injustice mais surtout se repliant plus sur elle-même, ce qui à pour conséquence par exemple, un manque de leadership affirmé pour changer ces conditions de vie.

  • Lire l’histoire de Housna dont la mort a connu une violente réaction de la part des chefs religieux, allant jusqu’à refuser une bénédiction pour son enterrement.
  • Lire le rapport J’aime mon pays mais mon pays ne m’aime pas. sur des cas de violence envers la communauté LGBTIQ burundaise.

     Depuis le 22 avril 2009, les minorités sexuelles vivent dans un climat de persécution constante, et subissent quotidiennement des abus des droits humains basés sur l’orientation sexuelle et l’identité et l’expression de genre. Ce climat prévaut du fait de l’article 567 du Code pénal stipulant que : « Quiconque fait des relations sexuelles avec la personne de même sexe est puni d’une servitude pénale de trois mois à deux ans et d’une amende de cinquante mille francs à cent mille francs bu ou d’une de ces peines seulement.» Ce texte a donné cours à une mesure discriminatoire envers les jeunes élèves LGBT sous peine d’exclusion du système d’éducation du Burundi, sous l’article 9 de l’Ordonnance Ministérielle No 620/613 du 7 juin 2011 portant fixation du Règlement scolaire en vigueur au Burundi. Toutes ces dispositions se formant dans un pays qui a ratifié divers traités de protection des droits humains, et accentuant surtout les situations de haine, stigmatisation et discrimination des minorités sexuelles à travers tout le pays.