Code Pénal: L’article 567 ne criminalise plus l’homosexualité !

Il y a trois semaines, aux urnes se sont rendus des millions de Burundais pour approuver (Ego) ou désapprouver (Oya), par référendum, la réforme de la constitution nationale. Les Ego l’ont officiellement emporté à 73,2%. Si la décision de changer la constitution nationale a été accompagnée d’une crise politico-sociale depuis 2015, Elle n’est pas la seule à avoir connue des modifications. Le code pénal y compris, ils témoignent aujourd’hui des changements importants sur l’espace civique et dans la législation Burundaise.Selon la LOI N°1/27 DU 29 DÉCEMBRE 2017 PORTANT RÉVISION DU CODE PENAL, l’une des modifications remarquable faites est celle portant sur l’article 567. L’article 567 du code pénal Burundais criminalisait les relations sexuelles entre personnes de même sexe d’une servitude pénale de trois mois à deux ans et d’une amende de cinquante mille à cent mille francs burundais ou d’une de ces peines seulement. Loin d’avoir décriminalisé l’homosexualité, l’article 567 a juste été déplacé vers l’article 590 dans la section 5 : Des Outrages publics aux bonnes mœurs, de la zoophilie et de l’homosexualité.  

Capture d’écran. Section 5 : Des outrages publics aux bonnes mœurs, de la zoophilie et de l’homosexualité. (Code pénal disponible: https://www.droit-afrique.com/uploads/Burundi-Code-2017-penal.pdf)

Légalement et socialement, une loi qui ne fait toujours aucun sens !

Presque 10 ans après la criminalisation de l’homosexualité au Burundi ; la situation légale et sociale des lesbiennes, gays, bisexuelles et transgenres (LGBT) n’a évoluée en rien d’inclusif. Leur existence dans la société Burundaise reste toujours aussi questionnable et la loi de 2009 et se dérivés n’ont fait que accentuer la stigmatisation. Face aux rejets par leurs familles, dénies de services ou encore l’accès à des droits basiques comme le droit à la santé ; l’évolution des personnes LGBT reste marquée, malheureusement, par un manque de protection contre les discriminations et les violences basées sur l’orientation sexuel et/ou l’identité de genre. Des problématiques, en intersection aux autres besoins, restent aussi remarquables notamment sur le droit à la réunion et à l’association pacifique.

Quelques cas de violations de droits humains enregistrés par MOLI depuis 2011 :

  • En Mai 2011, en province de Gitega, une candidate ouvertement homosexuelle dans la région a été rejetée à une offre d’emploi. L’employeur lui a explicitement informé ‘’ d’aller changer son orientation sexuelle et de revenir’’.
  • En juillet 2014, respectivement dans les provinces de Kayanza et Bujumbura, deux enfants ont été expulsée du milieu scolaire sur des doutes de leur homosexualité.
  • En Octobre 2017, 7 Pairs Educateurs dans la lutte contre le VIH/SIDA ont été arrêtés et emprisonner pendant plus d’une semaine, 3 jours après qu’un conseiller en communication à la présidence du Burundi ait fait un tweet que ‘’ Les pays occidentaux refusent d’aider le Burundi parce qu’il refuse d’accepter l’homosexualité. ‘’ Quelques heures après leur arrestation, le chef de la police via un tweet d’un journal en ligne locale, a affirmé qu’’un réseau d’homosexuelle a été démantelé et que la police va continuer à faire des enquêtes ‘’

Février 2015 – Deux jeunes hommes assistants à une représentation théâtrale sur la “santé sexuelle et reproductive” dans la région rurale de la commune MABAYI en province Cibitoke. (Photographie: Source privée.)

Face à la situation, quelle(s) contribution(s) apporter ?

 Dans un Burundi qui se veut fièrement porter des valeurs d’Unité nationale, de Travail et Progrès, Il importe de comprendre que laisser en arrière ses propres citoyens à l’évolution du pays n’est point de bonne stratégie. Une stigmatisation qui souvent commence dans les familles et l’entourage et qui malheureusement ne bénéficie aucune considération des instances de protection. Comme contributions de la part des Burundais qui soutiennent l’inclusion et l’équité de tous, il est nécessaire de :

  • Comprendre et faire comprendre que les droits des LGBT sont aussi les droits de tout le monde, ce 365 jours par an. Vivre, aimer, accéder à l’éducation, accéder à des cadres de santé et judiciaires adéquats, avoir la sécurité dans son emploi et connaitre l’évolution inclusive dans l’entourage de son choix, avec le partenaire de son choix, devrait être des garanties et non des droits à négocier.
  • Comprendre, contribuer et soutenir aux formes de leaderships formels et informels existant, qui contribuer à la tolérance, au respect et l’inclusion de tous.
  • Comprendre, contribuer et soutenir les conversations et les cadres plus éclairés qui favorisent la non-violence et la non-discrimination.

08 Mars 2018, Célébration de la journée mondiale de la femme, Deux jeunes hommes à la sortie d’un match de football à Bujumbura. (Photographie: Source privée.)

Lecture recommandée : Orientation sexuelle, identité et expression de genre au Burundi : Droits, Codes et Lois. Un livret compréhensif sur les Droits Humains et les dispositions législatives pour les personnes LGBT au Burundi.

‘’ […] Ce que je trouve de comique, c’est quand l’humoriste avec toute sa carrure masculine essai de mimer les gestuelles féminins surtout celles des citadines […] quand il y ajoute les cheveux et le maquillage, c’est encore plus drôle ! ‘’ Commentaire dans une conversation entre amies.
Au risque d’en valider maintenant comme une tendance ; le vent de travestissement qui souffle sur l’expression personnelle des humoristes Burundais, semble conquérir un auditoire de plus en plus fidèle. D’une photo à une vidéo d’un homme/femme travesti et mimant à perfection le genre opposé, les rires et les causeries joyeux pilules sur les réseaux sociaux. Souvent, le faire ‘’pour divertir’’ finit par apporter gloire et succès à qui s’y met avec détermination. C’est toujours un plaisir, aussi, de voir des artistes prospérés dans le meilleur de leur potentiel.
Néanmoins dans une société Burundaise avec autant de préjugés, de discriminations et de violences basées sur l’inégalité des genres mais bien aussi sur l’identité de genre et l’orientation sexuelle ; Comment se fait-il que le travestissement prise en accessoire par l’humour soit un tel succès et une réalité qui se fait acceptée aussi de plus en plus ? C’est un besoin de comprendre aussi en quoi cette tendance impact sur la vie de tout un autre ensemble de personnes, souvent dénié de reconnaissance sociale, économique voir même culturelle uniquement sur base de leur identité de genre. Serait-ce à cause d’un manque de compréhension? De la Transphobie gratuitement itinérante? Ou simplement de l’hypocrisie sociétale?
 
Dans la logique de la société, si que c’est une blague: TANT MIEUX !
Le travestissement, pour divertir ou pas, est cet acte qui consiste à porter les vêtements et accessoires qui sont, dans une société donnée, généralement associés au sexe opposé du sien. Le travestissement met en conversation l’expression de genre comme élément principal. L’expression de genre qui est aussi un sujet retrouver dans la thématique d’identité de genre avec bien d’autres sujets y compris la Trans-identité et la binarité (ou non) des genres, etc.
D’une part, tant qu’il est fait pour amuser la foule, c’est dans le plaisir de tout le monde mais quand il en vient à parler des sujets sérieux comme les nombreux manquements aux droits humains pour ces personnes, l’ignorance ne se cache nulle part dans l’humour. Et pourtant la vie des personnes transgenres reste importante plus que ça ! Comme pour tout le monde, dignité, respect et considérations inclusives et égalitaires sont des besoins.
 
Lire aussi : Olave Basabose, Transgenre Burundaise, Future députée aux Pays-Bas ?
‘’ […] Le problème avec les divertissements humoristiques qui prennent le travestissement comme accessoire de jeux, c’est qu’ils véhiculent une fausse idée sur le concept d’identité de genre. […]Dans la conscience des gens, c’est qu’une personne avec un comportement et des accoutrements de l’autre sexe le fait parce que c’est une blague. Et quand pour de vrai une personne s’identifie à l’autre genre et que ‘’Cette blague’’ n’est pas au gout de tout le monde ; ça va à être source de conflits. N’avons-nous pas assez de conflit comme-ca pour en ajouter plus ? […] Il y a aussi ces moqueries sur le fait qu’une personne avec un vagin ou un pénis ne peut vraiment pas s’identifier au genre opposé voir pas, nécessairement, à uniquement l’un des deux. […]Tout cela ne fait que démontrer un manque de compréhension sur la différence entre l’identité de genre et le sexe biologique. En bref, il y a mieux à plaisanter sur et sans vraiment contribuer à renforcer les préjugés parce que avec ces préjugés, nombreux et nombreuses en souffrent ‘’ Commente Jasten*, activiste transgenre.
 
 

Homophobie, Trans phobie, sexisme, misogynie : Faites comme si tout va bien !Au travers des clichés de l’homme efféminé et de la femme masculine, les humoristes font aussi rapprochement avec bien d’autres thématiques qui parfois ne sortent pas de la même façon pour tout le monde. Des femmes aux allures naïves et fièrement stupides, des hommes efféminés avec toutes sortes de peurs, etc. Des images qui malheureusement perpétuent (inconsciemment ?) les préjugés sur le sujet d’identité et d’expression de genre, de l’image public des femmes et voir même sur l’orientation sexuelle.

Lire aussi : Burundi – Une Transphobie aux allures inquiétantes !

‘’ […] Je suis un homme efféminé qui a longtemps souffert aussi de l’attitude de cette société envers les femmes et malheureusement parfois de la part de ces femmes même. Ca me prit plusieurs années pour comprendre quoi vraiment était mon problème mais au finale je pense que je n’ai pas eu cette vie pour m’excuser toujours et partout de vivre et d’exister ! Les formes de misogynies existant dans la société Burundaise sont aussi inquiétants que le fait tout le monde pense que c’est normal, au nom de la culture, de la religion et parfois des bonnes mœurs. […] La société ne se construit pas uniquement sur l’effort ‘’des hommes’’ mais autant avec considération des efforts des femmes. La question est POURQUOI DOIVENT-ELLES TOUJOURS SE CONTRAINDRE A S’EXCUSER DE VIVRE ET D’EXISTER ? Reconnaitre les valeurs des femmes, y compris les femmes transgenres, ce n’est pas seulement les donner le droit de voter ou conduire mais plutôt comprendre que c’est des êtres à part entière à respecter, soutenir et apprécier en entièreté et sans condition.’’ Commente Jean-de-Dieu, Bloggeur et Ecrivain.

Les quatre solutions rapides pour tout le monde
1. L’humour et le travestissement au bonheur de tous ! c’est-à-dire avec moins de préjugés et plus de conversations qui font rire et réfléchir sur comment construire des sociétés plus inclusives.
2. Les droits et la valeur des femmes ne sont pas à négocier. Ça se dit depuis assez longtemps pour que chacun le sache. Commencez par respecter les femmes dans votre entourage !
3. Reconnaitre, apprécier et informer sur la place et la valeur de chaque personne dans la société !
4. Pour les personnes transgenres, informes-vous sur leurs droits, informez les autres et ne contribuez pas à renforcer le tabou et l’ignorance.


Connaissiez-vous ces 10 personnalités transgenres, dans la région Est-Africaine ?

 

 

‘’ Même au nom de l’amour, des personnes de mauvaise foi peuvent prendre avantage de la vulnérabilité à la loi pour faire le pire des choses […] le chantage est un comportement aussi vieux que le temps […]  Il est important que les personnes LGBT sachent que, même au sein de leurs cercles sociaux, des personnes malintentionnées existent. ‘’ Commente Sonia*, activiste lesbienne

Internet est, aujourd’hui, une révolution dans beaucoup de domaines y compris dans la vie sentimentale et sexuelle des personnes Lesbiennes, Gays, Bisexuelles et Transgenres (LGBT). Au Burundi, dans le contexte légal qui criminalise les relations sexuelles entre personnes de même sexe, Internet sert d’alternative pour ces personnes afin de s’informer, questionner, définir et redéfinir mais aussi s’exprimer et exister comme ils/elles le souhaitent. Des réseaux sociaux aux applications de rencontre, se faire des ami(e)s voir même vivre des instants amoureux n’a jamais été aussi facile. Néanmoins, dans un Bujumbura qui connait de plus en plus de cas de chantages en ligne et physique, il est important d’avoir un rappel sur le contexte local et comment s’y prendre pour continuer à mieux y vivre.  

En vérité, TOUT peut vous accusez !

Dans sa loi de 2009, le Burundi criminalise les relations sexuelles entre personnes de même sexe d’une servitude pénale de trois mois à deux ans et d’une amende de cinquante mille à cent mille francs burundais ou d’une de ces peines seulement. ‘Légalement parlant, cette loi n’est applicable qu’en cas de fragrance de délit, c’est-à-dire, une arrestation en plein acte et/ou plutôt avec des preuves évidentes d’acte(s) sexuel(s)’’ commente Aimé*, Juriste et bisexuel. En effet, en tant que citoyen Burundais, ‘’La loi sur l’homosexualité’’ ne mentionne nulle part qu’il est interdit à personne d’exister comme il/elle est. Néanmoins, il serait tout faux d’assumer qu’elle ne sert à rien car malheureusement, par simple analyse, elle est souvent une base de justification pour les discriminations et le stigma vécu par les personnes LGBT et va même à soutenir l’homophobie sociétale dans toutes ses diverses formes (rejets familiaux, renvois scolaire, chantages, violences psychologique et sexuelle, etc.). ‘’ S’il y aurait lieu d’accuser n’importe qui pour en venir à l’homosexualité ; En vérité, TOUT peut vous accusez… Prenez, par exemple, avec – l’atteinte aux bonnes mœurs, dans le code pénale – combien les personnes transgenres sont vulnérables face à cela ?’’ Commente toujours Aimé. 

Ainsi, physiquement ou en ligne, il faut comprendre que tout ce qui est dit, assumé ouvertement et surtout envoyé, reçu et gardé comme medias (photos, vidéos, audio) peut constituer des preuves additionnelles pour incriminer le plus innocent des coupables.

Burundi : les gays et compagnie, au bûcher, dites-vous ?

 Au Cameroun, En mars 2011, l’étudiant en philosophie Roger Jean-Claude Mbédé  avait été interpellé après avoir envoyé un SMS à un autre homme. “Je suis amoureux de toi”, écrivait-il tout simplement. Arrêté sans mandat d’arrêt et sans infraction caractérisée, les gendarmes l’avaient roué de coups lors de son audition, selon le témoignage qu’il avait confié à Human Rights Watch. “Celui qui m’interrogeait […] a appelé son collègue pour me passer à tabac. Il m’a donné un premier coup dans la bouche. Puis un autre, et encore un autre, et il a déchiré ma chemise. Ils ont jeté mes chaussures. Lorsque j’ai été amené [au bureau du procureur], j’étais pieds nus, comme un bandit… Roger Jean-Claude Mbédé décéda le 10 Janvier 2014  (Lire toute la conversation avec son avocate ici)

 

 

Le chantage n’est pas né d’aujourd’hui !

Cette action d’extorquer à quelqu’un de l’argent ou un avantage sous la menace d’une révélation compromettante n’est pas un nouveau jeu. Pour les personnes LGBT, c’est encore pire car l’emprisonnement reste un fait malheureux qui peut arriver si accuser d’homosexualité. Le coming-out, non sollicité, reste aussi une menace qui peut bouleverser la vie d’une personne à jamais. ‘’ Des personnes de mauvaises fois peuvent prendre avantage de la vulnérabilité à la loi pour faire le pire des choses même au nom de l’amour […] le chantage est un comportement aussi vieux que le temps […]  Il est important que les personnes LGBT sachent que, même au sein de leurs cercles sociaux, des personnes malintentionnées existent. ‘’ Commente Sonia*, activiste lesbienne

Quelques solutions pour faire face aux chantages en ligne et physique !

  1. Personnellement, connaitre et comprendre les dynamiques qui influent sur votre vie sociale, en tant que LGBT et vous comportez en conséquence. En tant qu’une personne évoluant dans un cadre social, qu’importe votre orientation sexuelle et/ou identité de genre, criminalisée ou légale ; Il est important de connaitre et comprendre les dynamiques qui influent sur votre vie (la famille, le travail, le relationnel, objectifs du future, etc.). Ces dynamiques peuvent constituer des points de force pour votre développement mais aussi une exposition à divers danger (Emprisonnement, chantages, escroqueries, etc.). Ainsi, il est nécessaire à considérer les informations que vous partagez avec votre entourage et SURTOUT les gens que vous rencontrez. Souvent, les informations et les comportements que vous manifestez peuvent être la source première de ces dangers.

 

  1. Le coming-Out est votre ami ! Loin du ‘’Vivre caché pour vivre heureux’’, pour les LGBT, les chantages sont parfois basées sur des assomptions qu’ils/elles ont ‘’Un lourd secret’’ à cacher. Donc, pour certaines personnes, c’est une bonne opportunité pour leur faire la misère. Or l’envers du décor existe car il est possible de vivre sa vie/sa sexualité sans rien cacher et sans pour autant se mettre en danger. C’est souvent une question d’être authentique avec soi-même mais aussi avec son entourage. Néanmoins, dans les conditions locales où l’homophobie est prédominante, il est important de savoir que faire le coming-out peut entrainer un ensemble de situations néfastes comme le rejet par sa propre famille, ses amis mais aussi le licenciement au travail voir même de la violence physique et psychologique. Il est aussi nécessaire de comprendre que le coming-out reste une décision personnelle et que pour mieux le faire, ça demande souvent une bonne stabilité émotionnelle (savoir gérer ses propres émotions/sentiments, anticiper et gérer celles des autres). Il est nécessaire de réfléchir deux fois avant de le faire !

 

  1. Face à une situation de chantage, parlez de votre problème à un proche en qui vous avez confiance. En effet, il est plus intéressant d’avoir une personne tierce qui peut vous aider à gérer la situation pendant que vous travaillez à gérer vos ressentiments. Envoyez-nous un message si vous avez un besoin de partager

En bref, le Burundi est bien connu autant pour son contexte hostile à la vie des personnes Lesbiennes, Gays, Bisexuel(le)s et Transgenres-LGBT que pour l’article 567, de son code pénale voté en 2009, contre ‘’ Les relations sexuelles entre personnes de même sexe ‘’. Ce dernier sert, aujourd’hui, comme une justification de base pour nombreux des crimes de haine, arrestations arbitraires, manquements sociétales, etc. Les commentaires du quotidien, y faisant référence, choquent autant que les diverses violations des droits de l’homme qui restent souvent dans le silence d’un Burundi évoluant dans toute une autre complexité de situations.

1. Régionalement parlant, les discriminations ne sont pas seulement une impression de déjà-vu !

 

 

 

Tweet, du journal local IGIHE, informant sur les dernières actions de la police Burundaise contre l’homosexualité. Cette information a été partagée moins de 12h après l’arrestation, à leur domicile, de 7 jeunes gens (dont 3mineurs) pour homosexualité.

‘’[…]A vrai dire, ce n’est même pas seulement une impression de déjà-vu mais plutôt une réalité malheureuse pour nous tous. Disons qu’on espérait, au moins, que la situation de l’homophobie institutionnellement assumée soit une bêtise propre à l’Ouganda des années 2012 […]  ’’. commente, Aline*, activiste lesbienne

2. Le paradoxe c’est espérer le salut de la part d’une société si fièrement homophobe !

L’image est devenu facile à visualiser mais malheureusement, pas encore, les solutions.

Tout d’abord, pour ce qui est des harcèlements dans la rue, des violences tant physiques que psychologiques faites ouvertement dans les familles, voir même toutes ces réalités dans lesquelles évoluent les jeunes LGBT sans aucune capacité d’y répondre, Il faudrait faire semblant de ne rien voir. Ensuite, pour ce qui est du non-accès aux mêmes opportunités d’éducation et/ou l’évolution de ceux/celles qui vivent dans la peur constante d’être discriminé, stigmatisé et même perdre son travail à cause de son orientation sexuelle et ou l’identité de genre; il faudrait ne rien voir aussi. (En finale?) Pour ce qui est des chances d’accéder à l’espace civique (comme tout Burundais payant, honnêtement, ses taxes) afin de s’organiser, s’entraider ou ouvertement inclure tout le monde dans un sens de changement positif prônant l’équité; cela aussi, Il faudrait faire semblant de ne rien voir. Un tel comportement semble être de commun accord pour nombreux de ceux qui le veulent ainsi; Néanmoins, les réalités locales vont bien au delà, le prix se paie lourdement ( Dans la santé par exemple). Il importe de rappeler la place qu’occupe le gouvernement et ses instances surtout dans la régulation des délits et la promotion du développement équitable de tous les Burundais.

Opinion, par un membre du gouvernement Burundais, sur le lien existant entre l’homosexualité et la crise socio-politique du Burundi en 2017. (Tweet du conseiller en communication à la Présidence du Burundi).

3. Les efforts à engager dans le leadership et les partenariats effectives restent à envisager

En commençant par le commencement, depuis 2009, les actions de plaidoyer par les activistes locales ont su portées des résultats plus ou moins satisfaisantes. A part le penchant (involontaire?) à toujours considérer les hommes gais et bisexuels comme l’unique groupe en besoin de solutions pendant que les femmes lesbiennes, bisexuel(le)s et les personnes transgenres toutes catégories confondues restent en arrière des 5 ans; la volonté première est de soutenir l’éducation et le leadership de base de tout le monde afin de coordonner des solutions répondants aux besoins premières des contextes locaux.

Alors que penser à travailler avec la police Burundaise semble encore un défis à réfléchir sur et que les partenariats internationales avec le Burundi ne cessent de changer influençant aussi les actions à engager; Il est de bienveillance à garder un sens critique sur comment les politiques tant nationales que internationales influent sur a place des personnes LGBT, au Burundi mais surtout tout l’ensemble des autres actions allant dans le sens de construire une société locale plus inclusive.

 

 

 

 

Un livret compréhensif sur les Droits Humains et les dispositions législatives pour les personnes LGBT au Burundi.

La publication de ce livret a pour but d’éduquer la communauté LGBT et les personnes au genre non-conforme au Burundi en mettant à leur disposition une compilation de l’information existante sur les Droits Humains vis-à-vis des dispositions de la Constitution du Burundi, et des Protocoles et instruments relatif au Droit International des Droits de l’Homme ratifiés par le Burundi, pour la promotion des Droits de l’Homme des personnes LGBT au Burundi.

Cette publication est protégée par le droit d’auteur. Par conséquent, toute reproduction, copie ou traduction, sans l’autorisation écrite préalable de MOLI, est interdite.

Disponible en cliquant ici: FR

Des places publiques de Bujumbura aux grandes rues de Nairobi, en passant par Kampala, Dar-es-Salaam, Kigali etc. Les personnes LGBT sont, vivent et évoluent, dans ces grandes villes Est africaines, dans des quotidiens aussi diversifiés que leurs sexualités et identités de genre. Plus que jamais, IDAHOT est, depuis des années maintenant, devenu une occasion réel pour eux de s’exprimer contre diverses contextes incluant des préjugés, des discriminations et des violences basées sur l’Orientation sexuelle et l’identité de genre. Elle est aussi une occasion de célébration, de leurs présences, leurs évolutions et d’une voix commune leurs être en tant qu’africain et LGBT.

En compilation de diverses expressions, cette campagne partage sur leurs cadres de vie, ramène des réflexions sur ces contextes et pour l’instant d’un seconde célèbre la diversité et l’amour etc


From the public places of Bujumbura to the big streets of Nairobi, via Kampala, Dar-es-Salaam, Kigali etc. LGBT people are, live and evolve in these major East African cities, with dairy living diversified as their own sexualities and gender identities. More than ever, IDAHOT, for years now, became a real opportunity to express themselves against various contexts including prejudice, discrimination and violence based on sexual orientation and gender identity. It is also an occasion of celebration of their own presence, their evolution and a common expression of their voice as an African and LGBT.

In compilation of various expressions, this campaign is sharing about their living environments, brings reflections on these contexts and celebrates diversity and love.

 

« […] Nous, les personnes LGBT, sommes contraintes de vivre clandestinement. En isolement et dans le déni de ce que nous sommes, à cause des contextes discriminatoires dans lesquels nous évoluons, cela garde des conséquences psychologiques qui ne sont même pas, souvent, conscientisées […] »

Une thématique de société et source de mécompréhension, préjugés, rejets et discriminations pour de nombreuses personnes. L’homosexualité est, elle-même, souvent considérée comme une maladie mentale ; rejoignant, ainsi, la longue liste de ces maladies à guérir absolument. Le mal causé par les actions, thérapies, etc. pour guérir et/ou atténuer certains effets de l’homosexualité n’est pas sans répercussions psychologiques. « […] Nous, les personnes LGBT, sommes contraintes de vivre clandestinement. En isolement et dans le déni de ce que nous sommes, à cause des contextes discriminatoires dans lesquels nous évoluons, cela garde des conséquences psychologiques qui ne sont même pas, souvent, conscientisées […] » explique une des participants aux séances de l’atelier AGACIRO.

A l’heure où des avancées considérables sont faites dans les domaines du VIH et autres maladies sexuellement transmissibles et que de véritables croisades sont faites pour contribuer à de meilleures conditions d’être et d’accès à des services de santé adéquats. La thématique de santé mentale reste dans l’ombre d’elle-même souvent à cause d’assomptions personnelles, de fausses informations et d’actions stigmatisant tout ce qui est relatif, à cette thématique. Dans l’entre temps, en plus de la stigmatisation connue ailleurs, cette thématique s’empire doublement, au sein de la communauté LGBT. D’une part par les discriminations faites aux personnes LGBT à cause de leurs orientations sexuelles et identités de genre, d’autre part la situation de ceux vivants et/ou présentant les signes de maladies en plus de leurs conditions d’être et d’évolution en tant que LGBT. Ainsi, il reste d’une évidence que la santé mentale est un contexte de société qui affecte malheureusement, aussi, la communauté LGBT. Ne pas s’adresser à ces cadres revient à contribuer à l’approfondissement des stigmatisations envers cette thématique et, aussi, de vouer un réel soutient à nombreux des discriminations et préjugés envers la communauté LGBT. La thématique de santé mentale est une thématique en besoin réel d’éducation. Une éducation sur les bonnes habitudes à adopter, en tant que personne LGBT, pour garder sa santé mentale en bonne état mais aussi quoi faire, face à ces maladies, qui d’ailleurs restent le plus souvent traitables.

Tu as vu ma sexualité (Lettre à l’Afrique dans mes mots et mon silence)

Témoignage : Espérer pour Vivre


IDAHOT est une journée internationalement célébrée chaque 17 Mai, pour adresser différentes problématiques et questionnements relatifs à des actes d’homophobie et de Transphobie, envers la communauté LGBT. En 2016, elle s’adresse directement à la thématique de santé mentale, dans la communauté LGBT. Elle reste, une journée de célébration ouverte à toutes les personnes soucieuses de faire avancer la compréhension et de promouvoir la lutte contre les préjugés, les stéréotypes, les actions de violences et d’injustices envers la communauté LGBTIQ. Ainsi, en combinaison parfaite entre ces deux thématiques travaillant toutes pour l’inclusion et la considération des enjeux impliquant des catégories de la population discriminées ; des actions spécifiques méritent d’être accordé à cette célébration, par le partage d’informations clés à savoir, des histoires et autres expressions témoignant sur ces maladies et les opinions de la communauté LGBT sur cela.

Plus de lecture

The Warning : Santé Mentale et LGBT

Slate : Quand l’homosexualité était une maladie


 

 

“Discrimination” le triste mot qui raconte. De nombreuses personnes en sont sujets pour diverses raisons , tandis que d’autres n’y accordent que peu d’attention. Les conséquences néfastes de ces actes finissent par devenir de malheureuses réalités, pour les victimes et des standards pour les cadres sociaux.

Célébrée, pour la 1ere fois, en 2011, par l’ONUSIDA ; la journée Zéro Discrimination est un appel et un rappel à s’engager contre les diverses formes de discrimination envers les personnes atteintes et/ou vivants avec le VIH/SIDA. 5 ans après, l’idée continue de plaire et elle est, aujourd’hui, un symbole de contribution à un monde meilleur, en s’adressant contre toutes formes de discriminations envers son voisin qu’importe à quoi il ressemble, d’où il vient, qui il aime ou ce qu’est son contexte de vie et d’évolution. Qu’elles soient basées sur l’orientation sexuelle et/ou l’identité de genre, la race ou l’ethnie, la maladie ou le handicap, etc. les discriminations n’ont pas raison d’être.

Engageons et avançons la conversation contre toutes formes de discrimination.

«Des espaces publics de qualité invitent les habitants à communiquer et à collaborer, ainsi qu’à participer à la vie publique. Ces lieux peuvent également offrir des services de base, favoriser les déplacements, développer l’activité économique et accroitre la valeur de l’immobilier tout en générant des recettes pour les municipalités. »

Ban Ki-moon, Secrétaire général de l’ONU
5 octobre 2015

 

Les sujets relatives à l’orientation sexuelle et à l’identité de Genre(OSIG) restent encore « ces autres maux venues d’ailleurs» dans les sociétés africaines ; nombreux sont ces personnes (s’identifiants et/ou identifiées comme) homosexuelles/ Lesbiennes/ Bisexuelles / Transgenres qui peinent à survivre dans ces sociétés, rencontrant toutes sortes de difficultés auxquelles ils essaient de faire face tant bien que mal. Il est de surcroit de rappeler que si ces personnes existent depuis toujours dans ces sociétés, ils ont la légitimité de vivre, d’évoluer et de se développer au même titre que le reste des populations. Ils méritent un sens de considération, de la part de chacun, puisqu’étant souvent des citoyens accomplis contributeurs aux cultures, à l’économie et au développement de ces sociétés.

Un droit à l’habitat pour tous

Si chacun a le droit de vivre dans des conditions de logement adéquates ; la question des jeunes LGBTIQ chassés, à tort, par leurs propres familles reste timidement évoquer, même au sein de la communauté LGBTIQ. Ils finissent dans des conditions de vie déplorables, à la merci des vulnérabilités de leurs jeunesses et de leurs manques de visions claires de la vie, etc. Mentionner les enjeux relatifs à cette question et trouver des alternatives/solutions adaptées aux contextes locaux d’évolution, restent des options à envisager.

Trouver un logement reste, en soi, un réel défi ; le manque d’accès au logement pour les personnes LGBTIQ est un autre aspect à mentionner, il en sera autant plus difficile quand il s’agit de vivre avec un locataire homophobe, spécifiquement dans le cas des femmes Trans. Faire face aux regards méprisants du voisinage (sans mentionner les insultes), vivre dans un climat d’insécurité constant de «ce qui pourrait arriver », affronter les mauvaises humeurs des locataires qui jugent bon de hausser les prix du loyer, à tort et à travers. Autant de défis qui méritent réflexions aussi.

Des espaces publics pour tous

Les espaces publics sont des lieux agréables et accessibles à tous, sans but lucratif. Ils peuvent prendre des formes diverses comme des parcs, des rues, des trottoirs, des marchés et des terrains de jeux. « La condamnation de l’homosexualité » reste une porte ouverte sur de nombreuses justifications injustes des violations envers les minorités sexuelles. Dans les mentalités de certain(e)s, Il est devenu de commun accord qu’on ne défend pas « ces homosexuelles » et qu’on n’accorde aucun intérêt à « leurs revendications » (qui n’en sont même pas unes mais des droits qu’ils ont, comme tout le monde). Ainsi, cela affecte même ces personnes LGBTIQ, puisque souvent, préférant évoluer dans le silence de ce qu’ils sont, n’engageants aucun effort à contribuer aux changements de ces conditions. Il existe autant d’espaces publics à profiter que d’activités pouvant y être faites, mais surtout plus d’espaces civiques à clamer. Le manque d’engagements à vivre et à contribuer ouvertement à ces espaces, se justifie peut être par la peur des représailles dans laquelle évolue ces personnes ; remettant en cause la légitimité de certaines lois discriminatoires envers certaines catégories des populations d’un pays.

A lire aussi:

ONU : Journée Mondiale de l’Habitat

Recto Verso: Etre gay en Afrique

Le Monde : En afrique,Homosexualité hors la loi

Tourisme: Aller ailleurs pour etre soi-meme?

 

La question LGBT reste posée au sein de l’Eglise catholique depuis toujours, que ça soit du dedans ou du dehors. Depuis l’année passée, cette Eglise a mis la question à table à travers le synode des Evêques qui devrait se rassembler encore une fois dans un mois pour prendre des décisions finales. La communauté LGBT devrait-elle espérer mieux par rapport à la discrimination et stigmatisation dont elle reste encore victime ?

Les points 55 et 56 du rapport final de la session synodale de 2014, sont assez clairs jusque-là sur les positions de l’Eglise catholique sur la situation des personnes homosexuelles. Cependant, ce rapport n’aborde pas toute la question dans sa généralité, mais se limite seulement au mariage gay. Selon ce document, « Il n’y a aucun fondement pour assimiler ou établir des analogies, même lointaines, entre les unions homosexuelles et le dessein de Dieu sur le mariage et la famille. Néanmoins, les hommes et les femmes ayant des tendances homosexuelles doivent être accueillis avec respect et délicatesse. À leur égard, on évitera toute marque de discrimination injuste. » Ce sera tout comme conclusion sur la question. Avec une conclusion aussi résumée que celle-ci, qui ne tient pas compte de toute l’étendue de la question, on peut se demander si les conclusions d’octobre prochain sur cette réunion apporteront quelque chose de nouveau.

Pélérins participants aux enseignements du prédicateur Jean Pliya au Mont Sion Gikungu. Source: Blog du Mont Sion Gikungu

L’Eglise catholique étant une institution d’une grande notoriété à travers le monde et comptant dans certaines parties du monde la majorité des croyants, elle a un grand rôle à jouer dans la promotion effective des libertés humaines. Quoi que souvent traditionaliste, elle s’ouvre de plus en plus aux réalités contemporaines et se pose des questions. La preuve est que la question homosexuelle soit mise à table et discutée. Disons que ceci est un pas. Mais ce pas n’aurait-il pas besoin d’être appuyé pour qu’il soit un pas de géant ? L’Eglise catholique, dans sa hiérarchie surtout, n’a-t-elle pas encore besoin de comprendre la réalité homosexuelle pour que ses décisions par rapport à cela soient conséquentes ? La petite conclusion sur la question des personnes homosexuelles dans ce rapport précité révèle combien cette Eglise romaine ignore encore des réalités LGBT, s’il ne s’agit pas d’en faire fi. Comment par ailleurs, devrait-elle prendre des décisions pour la vie des gens, une vie privée pour le reste, quand aucune des personnes concernées n’est concertée ? Peut-on prendre des décisions sur une question dont on ne maitrise pas les enjeux ? Il est dès lors plausible de se demander s’il n’est pas opportun pour le mouvement activiste d’aider ces prélats à comprendre ce sur quoi ils veulent décider. Le document préparatoire du prochain synode lui-même ne revient pas assez sur la question. En plus de la conclusion résumée de la dernière session d’octobre 2014, ce document ajoute quand-même une note d’espoir sans aucune perspective concrète, du reste. Au numéro 131 il est dit : « Il est réaffirmé que chaque personne, indépendamment de sa tendance sexuelle, doit être respectée dans sa dignité et accueillie avec sensibilité et délicatesse, aussi bien dans l’Église que dans la société. Il serait souhaitable que les projets pastoraux diocésains réservent une attention spécifique à l’accompagnement des familles où vivent des personnes ayant une tendance homosexuelle et à ces mêmes personnes. » Jusque-là, l’Eglise veut juste adopter un comportement « humain » envers les personnes homosexuelles. Mais que pense-t-elle du comportement homosexuel lui-même et quelle est son attitude par rapport à cela.

La question reste posée. Jusqu’ici, l’Eglise recommande aux personnes homosexuelles une vie chaste plutôt (point 2359 du Catéchisme de l’Eglise Catholique), c’est-à-dire une vie de continence sexuelle. Est-ce ceci un langage réaliste à tenir devant l’homme contemporain ?

Lire aussi: BURUNDI: L’église catholique contre le 3ème mandat du Président Pierre Nkurunziza.

Slate Fr: Le pape peut-il changer la vision de l’Eglise sur le sexe?

360Degré: Action de Carême accusée de “Lobbying LGBT”.

France: L’église Protestante autorise les bénédictions des couples gays.

Caricature sur l’homophobie en afrique (Source : worldink.org)

Voté pour la première fois au Burundi en 2009, l’article 567 punissant d’une servitude pénale de trois mois à deux ans et d’une amende de cinquante mille francs à cent mille francs ou d’une de ces peines seulement, les relations sexuelles entre personnes de même sexe, est devenu l’une des force de base et un pilier de justification de nombreux cas de violence homophobe et de discrimination tant physiques que psychologiques, envers les personnes s’identifiant et/ou identifiées comme Lesbiennes, Gays, Bisexuel(les) et Transgenres, couramment connues sous la nomination de minorités sexuelles ou communauté LGBT.

Si le climat social par rapport à cette « délicate attention portée sur l’homosexualité » reste d’une tension palpable, des opinions « Pro africain », « Pro Culture », « Pro religion » et « Anti envahissement occidental » sont en même temps contradictoires à de nombreux autres discours et principes de vie sur le respect, la tolérance , l’égalité, etc. de la morale de base de nombreux burundais. Les haines vouées à l’homosexualité se nourrissent du jour au lendemain des conditions de vie politiquement et économiquement instables, des propos d’évangélistes et autres témoins de « la bonne nouvelle de Dieu pour tous» (à la rescousse de l’Afrique ?)  et surtout d’une marginalisation assez remarquable du travail des défenseurs de droits humains, et autres âmes de bien éveillées pour l’amélioration des conditions de vie des minorités sexuelles dans les sociétés locales. Souvent sans moyens d’accéder facilement à l’espace civique pour s’exprimer, s’organiser et mener des actions, ils sont aussi mis à l’écart dans le sphère de la société civile et doivent, souvent, fournir des efforts supplémentaires pour s’intégrer au même titre que les populations qu’ils défendent; ceci étant une condition ne facilitant pas les différentes actions de plaidoyer pour les droits humains qui sont des droits pour tous, les LGBT y compris.

Défenseurs de droit humain participant à la première marche des fiertés en Ouganda, Aout 2012 (source: http://www.dw.com/en/film-shows-increasing-homophobia-in-uganda/a-16253642)

Alors que l’hypocrisie étatique (puisque garantissant des droits qu’elle n’arrive pas à faire respecter) fait toujours ses preuves pour plus d’un cas, elle reste un grave délit aux droits humains malgré les nombreuses ratifications de l’Etat burundais dans sa propre Constitution, aux conventions de l’E.A.C., de l’Union africaine, etc. A titre d’exemple seulement, dans un contexte local, la Constitution du Burundi garantit:

  • Dans son article 14 sur les valeurs fondamentales: « Tous les burundais ont le droit de vivre au Burundi dans la paix et dans la sécurité. Ils doivent vivre ensemble dans l’harmonie, tout en respectant la dignité humaine et en tolérant leurs différences.»
  • Dans son article 32 sur les valeurs fondamentales: « La liberté de réunion et d’association est garantie, de même que le droit de fonder des Associations ou Organisations conformément à la loi. »
  • Dans son article 62 sur les devoirs individuels : « Toute personne a le devoir de respecter ses compatriotes et de leur témoigner de la considération, sans discrimination aucune.»
  • Dans son article 67 sur les devoirs individuels : « Chaque individu a le devoir de respecter et de considérer son semblable sans discrimination aucune, et d’entretenir avec lui les relations qui permettent de promouvoir, de sauvegarder et de renforcer le respect et la tolérance. »

    Supporteurs, masqués, de la protestation contre la loi anti LGBT en Ouganda, à Nairobi. Photographie de Dai Kurokawa/EPA

Si les organisations LGBT ne réussissent pas encore à s’enregistrer et à travailler ouvertement en identitaires de leurs objectifs(quoi que la loi le permettant), la communauté LGBT continue à évoluer dans des contextes de vies déplorables à la merci de « Qui veut donner ses avis sur comment ne pas être homosexuel .» Sans pouvoir d’expression sur les cas de marginalisation et de stigmatisation des LGBT, l’activisme burundais va pourtant dans une optique globale de réflexion sur l’impact de l’homophobie sociétale et étatique dans la vie de tous ces gens qui, traités et évoluant en citoyens de seconde zone, gardent pourtant leur droit au respect et à la dignité pour toutes les personnes humaines. L’homosexualité reste un fait de la sexualité humaine (quoi que restant tabou) et les répercussions négatives sur la vie des personnes homosexuelles ne doivent pas être ignorées,  du moment qu’elles régressent plutôt les droits humains dans la société burundaise en général.

« La règle d’or de la conduite est la tolérance mutuelle, car nous ne penserons jamais tous de la même façon, nous ne verrons qu’une partie de la vérité et sous des angles différents. » Gandhi
Homme politique, Philosophe, Révolutionnaire (1869 – 1948)