Code Pénal: L’article 567 ne criminalise plus l’homosexualité !

Il y a trois semaines, aux urnes se sont rendus des millions de Burundais pour approuver (Ego) ou désapprouver (Oya), par référendum, la réforme de la constitution nationale. Les Ego l’ont officiellement emporté à 73,2%. Si la décision de changer la constitution nationale a été accompagnée d’une crise politico-sociale depuis 2015, Elle n’est pas la seule à avoir connue des modifications. Le code pénal y compris, ils témoignent aujourd’hui des changements importants sur l’espace civique et dans la législation Burundaise.Selon la LOI N°1/27 DU 29 DÉCEMBRE 2017 PORTANT RÉVISION DU CODE PENAL, l’une des modifications remarquable faites est celle portant sur l’article 567. L’article 567 du code pénal Burundais criminalisait les relations sexuelles entre personnes de même sexe d’une servitude pénale de trois mois à deux ans et d’une amende de cinquante mille à cent mille francs burundais ou d’une de ces peines seulement. Loin d’avoir décriminalisé l’homosexualité, l’article 567 a juste été déplacé vers l’article 590 dans la section 5 : Des Outrages publics aux bonnes mœurs, de la zoophilie et de l’homosexualité.  

Capture d’écran. Section 5 : Des outrages publics aux bonnes mœurs, de la zoophilie et de l’homosexualité. (Code pénal disponible: https://www.droit-afrique.com/uploads/Burundi-Code-2017-penal.pdf)

Légalement et socialement, une loi qui ne fait toujours aucun sens !

Presque 10 ans après la criminalisation de l’homosexualité au Burundi ; la situation légale et sociale des lesbiennes, gays, bisexuelles et transgenres (LGBT) n’a évoluée en rien d’inclusif. Leur existence dans la société Burundaise reste toujours aussi questionnable et la loi de 2009 et se dérivés n’ont fait que accentuer la stigmatisation. Face aux rejets par leurs familles, dénies de services ou encore l’accès à des droits basiques comme le droit à la santé ; l’évolution des personnes LGBT reste marquée, malheureusement, par un manque de protection contre les discriminations et les violences basées sur l’orientation sexuel et/ou l’identité de genre. Des problématiques, en intersection aux autres besoins, restent aussi remarquables notamment sur le droit à la réunion et à l’association pacifique.

Quelques cas de violations de droits humains enregistrés par MOLI depuis 2011 :

  • En Mai 2011, en province de Gitega, une candidate ouvertement homosexuelle dans la région a été rejetée à une offre d’emploi. L’employeur lui a explicitement informé ‘’ d’aller changer son orientation sexuelle et de revenir’’.
  • En juillet 2014, respectivement dans les provinces de Kayanza et Bujumbura, deux enfants ont été expulsée du milieu scolaire sur des doutes de leur homosexualité.
  • En Octobre 2017, 7 Pairs Educateurs dans la lutte contre le VIH/SIDA ont été arrêtés et emprisonner pendant plus d’une semaine, 3 jours après qu’un conseiller en communication à la présidence du Burundi ait fait un tweet que ‘’ Les pays occidentaux refusent d’aider le Burundi parce qu’il refuse d’accepter l’homosexualité. ‘’ Quelques heures après leur arrestation, le chef de la police via un tweet d’un journal en ligne locale, a affirmé qu’’un réseau d’homosexuelle a été démantelé et que la police va continuer à faire des enquêtes ‘’

Février 2015 – Deux jeunes hommes assistants à une représentation théâtrale sur la “santé sexuelle et reproductive” dans la région rurale de la commune MABAYI en province Cibitoke. (Photographie: Source privée.)

Face à la situation, quelle(s) contribution(s) apporter ?

 Dans un Burundi qui se veut fièrement porter des valeurs d’Unité nationale, de Travail et Progrès, Il importe de comprendre que laisser en arrière ses propres citoyens à l’évolution du pays n’est point de bonne stratégie. Une stigmatisation qui souvent commence dans les familles et l’entourage et qui malheureusement ne bénéficie aucune considération des instances de protection. Comme contributions de la part des Burundais qui soutiennent l’inclusion et l’équité de tous, il est nécessaire de :

  • Comprendre et faire comprendre que les droits des LGBT sont aussi les droits de tout le monde, ce 365 jours par an. Vivre, aimer, accéder à l’éducation, accéder à des cadres de santé et judiciaires adéquats, avoir la sécurité dans son emploi et connaitre l’évolution inclusive dans l’entourage de son choix, avec le partenaire de son choix, devrait être des garanties et non des droits à négocier.
  • Comprendre, contribuer et soutenir aux formes de leaderships formels et informels existant, qui contribuer à la tolérance, au respect et l’inclusion de tous.
  • Comprendre, contribuer et soutenir les conversations et les cadres plus éclairés qui favorisent la non-violence et la non-discrimination.

08 Mars 2018, Célébration de la journée mondiale de la femme, Deux jeunes hommes à la sortie d’un match de football à Bujumbura. (Photographie: Source privée.)

Lecture recommandée : Orientation sexuelle, identité et expression de genre au Burundi : Droits, Codes et Lois. Un livret compréhensif sur les Droits Humains et les dispositions législatives pour les personnes LGBT au Burundi.

‘’ Même au nom de l’amour, des personnes de mauvaise foi peuvent prendre avantage de la vulnérabilité à la loi pour faire le pire des choses […] le chantage est un comportement aussi vieux que le temps […]  Il est important que les personnes LGBT sachent que, même au sein de leurs cercles sociaux, des personnes malintentionnées existent. ‘’ Commente Sonia*, activiste lesbienne

Internet est, aujourd’hui, une révolution dans beaucoup de domaines y compris dans la vie sentimentale et sexuelle des personnes Lesbiennes, Gays, Bisexuelles et Transgenres (LGBT). Au Burundi, dans le contexte légal qui criminalise les relations sexuelles entre personnes de même sexe, Internet sert d’alternative pour ces personnes afin de s’informer, questionner, définir et redéfinir mais aussi s’exprimer et exister comme ils/elles le souhaitent. Des réseaux sociaux aux applications de rencontre, se faire des ami(e)s voir même vivre des instants amoureux n’a jamais été aussi facile. Néanmoins, dans un Bujumbura qui connait de plus en plus de cas de chantages en ligne et physique, il est important d’avoir un rappel sur le contexte local et comment s’y prendre pour continuer à mieux y vivre.  

En vérité, TOUT peut vous accusez !

Dans sa loi de 2009, le Burundi criminalise les relations sexuelles entre personnes de même sexe d’une servitude pénale de trois mois à deux ans et d’une amende de cinquante mille à cent mille francs burundais ou d’une de ces peines seulement. ‘Légalement parlant, cette loi n’est applicable qu’en cas de fragrance de délit, c’est-à-dire, une arrestation en plein acte et/ou plutôt avec des preuves évidentes d’acte(s) sexuel(s)’’ commente Aimé*, Juriste et bisexuel. En effet, en tant que citoyen Burundais, ‘’La loi sur l’homosexualité’’ ne mentionne nulle part qu’il est interdit à personne d’exister comme il/elle est. Néanmoins, il serait tout faux d’assumer qu’elle ne sert à rien car malheureusement, par simple analyse, elle est souvent une base de justification pour les discriminations et le stigma vécu par les personnes LGBT et va même à soutenir l’homophobie sociétale dans toutes ses diverses formes (rejets familiaux, renvois scolaire, chantages, violences psychologique et sexuelle, etc.). ‘’ S’il y aurait lieu d’accuser n’importe qui pour en venir à l’homosexualité ; En vérité, TOUT peut vous accusez… Prenez, par exemple, avec – l’atteinte aux bonnes mœurs, dans le code pénale – combien les personnes transgenres sont vulnérables face à cela ?’’ Commente toujours Aimé. 

Ainsi, physiquement ou en ligne, il faut comprendre que tout ce qui est dit, assumé ouvertement et surtout envoyé, reçu et gardé comme medias (photos, vidéos, audio) peut constituer des preuves additionnelles pour incriminer le plus innocent des coupables.

Burundi : les gays et compagnie, au bûcher, dites-vous ?

 Au Cameroun, En mars 2011, l’étudiant en philosophie Roger Jean-Claude Mbédé  avait été interpellé après avoir envoyé un SMS à un autre homme. “Je suis amoureux de toi”, écrivait-il tout simplement. Arrêté sans mandat d’arrêt et sans infraction caractérisée, les gendarmes l’avaient roué de coups lors de son audition, selon le témoignage qu’il avait confié à Human Rights Watch. “Celui qui m’interrogeait […] a appelé son collègue pour me passer à tabac. Il m’a donné un premier coup dans la bouche. Puis un autre, et encore un autre, et il a déchiré ma chemise. Ils ont jeté mes chaussures. Lorsque j’ai été amené [au bureau du procureur], j’étais pieds nus, comme un bandit… Roger Jean-Claude Mbédé décéda le 10 Janvier 2014  (Lire toute la conversation avec son avocate ici)

 

 

Le chantage n’est pas né d’aujourd’hui !

Cette action d’extorquer à quelqu’un de l’argent ou un avantage sous la menace d’une révélation compromettante n’est pas un nouveau jeu. Pour les personnes LGBT, c’est encore pire car l’emprisonnement reste un fait malheureux qui peut arriver si accuser d’homosexualité. Le coming-out, non sollicité, reste aussi une menace qui peut bouleverser la vie d’une personne à jamais. ‘’ Des personnes de mauvaises fois peuvent prendre avantage de la vulnérabilité à la loi pour faire le pire des choses même au nom de l’amour […] le chantage est un comportement aussi vieux que le temps […]  Il est important que les personnes LGBT sachent que, même au sein de leurs cercles sociaux, des personnes malintentionnées existent. ‘’ Commente Sonia*, activiste lesbienne

Quelques solutions pour faire face aux chantages en ligne et physique !

  1. Personnellement, connaitre et comprendre les dynamiques qui influent sur votre vie sociale, en tant que LGBT et vous comportez en conséquence. En tant qu’une personne évoluant dans un cadre social, qu’importe votre orientation sexuelle et/ou identité de genre, criminalisée ou légale ; Il est important de connaitre et comprendre les dynamiques qui influent sur votre vie (la famille, le travail, le relationnel, objectifs du future, etc.). Ces dynamiques peuvent constituer des points de force pour votre développement mais aussi une exposition à divers danger (Emprisonnement, chantages, escroqueries, etc.). Ainsi, il est nécessaire à considérer les informations que vous partagez avec votre entourage et SURTOUT les gens que vous rencontrez. Souvent, les informations et les comportements que vous manifestez peuvent être la source première de ces dangers.

 

  1. Le coming-Out est votre ami ! Loin du ‘’Vivre caché pour vivre heureux’’, pour les LGBT, les chantages sont parfois basées sur des assomptions qu’ils/elles ont ‘’Un lourd secret’’ à cacher. Donc, pour certaines personnes, c’est une bonne opportunité pour leur faire la misère. Or l’envers du décor existe car il est possible de vivre sa vie/sa sexualité sans rien cacher et sans pour autant se mettre en danger. C’est souvent une question d’être authentique avec soi-même mais aussi avec son entourage. Néanmoins, dans les conditions locales où l’homophobie est prédominante, il est important de savoir que faire le coming-out peut entrainer un ensemble de situations néfastes comme le rejet par sa propre famille, ses amis mais aussi le licenciement au travail voir même de la violence physique et psychologique. Il est aussi nécessaire de comprendre que le coming-out reste une décision personnelle et que pour mieux le faire, ça demande souvent une bonne stabilité émotionnelle (savoir gérer ses propres émotions/sentiments, anticiper et gérer celles des autres). Il est nécessaire de réfléchir deux fois avant de le faire !

 

  1. Face à une situation de chantage, parlez de votre problème à un proche en qui vous avez confiance. En effet, il est plus intéressant d’avoir une personne tierce qui peut vous aider à gérer la situation pendant que vous travaillez à gérer vos ressentiments. Envoyez-nous un message si vous avez un besoin de partager

Des places publiques de Bujumbura aux grandes rues de Nairobi, en passant par Kampala, Dar-es-Salaam, Kigali etc. Les personnes LGBT sont, vivent et évoluent, dans ces grandes villes Est africaines, dans des quotidiens aussi diversifiés que leurs sexualités et identités de genre. Plus que jamais, IDAHOT est, depuis des années maintenant, devenu une occasion réel pour eux de s’exprimer contre diverses contextes incluant des préjugés, des discriminations et des violences basées sur l’Orientation sexuelle et l’identité de genre. Elle est aussi une occasion de célébration, de leurs présences, leurs évolutions et d’une voix commune leurs être en tant qu’africain et LGBT.

En compilation de diverses expressions, cette campagne partage sur leurs cadres de vie, ramène des réflexions sur ces contextes et pour l’instant d’un seconde célèbre la diversité et l’amour etc


From the public places of Bujumbura to the big streets of Nairobi, via Kampala, Dar-es-Salaam, Kigali etc. LGBT people are, live and evolve in these major East African cities, with dairy living diversified as their own sexualities and gender identities. More than ever, IDAHOT, for years now, became a real opportunity to express themselves against various contexts including prejudice, discrimination and violence based on sexual orientation and gender identity. It is also an occasion of celebration of their own presence, their evolution and a common expression of their voice as an African and LGBT.

In compilation of various expressions, this campaign is sharing about their living environments, brings reflections on these contexts and celebrates diversity and love.

 

“Discrimination” le triste mot qui raconte. De nombreuses personnes en sont sujets pour diverses raisons , tandis que d’autres n’y accordent que peu d’attention. Les conséquences néfastes de ces actes finissent par devenir de malheureuses réalités, pour les victimes et des standards pour les cadres sociaux.

Célébrée, pour la 1ere fois, en 2011, par l’ONUSIDA ; la journée Zéro Discrimination est un appel et un rappel à s’engager contre les diverses formes de discrimination envers les personnes atteintes et/ou vivants avec le VIH/SIDA. 5 ans après, l’idée continue de plaire et elle est, aujourd’hui, un symbole de contribution à un monde meilleur, en s’adressant contre toutes formes de discriminations envers son voisin qu’importe à quoi il ressemble, d’où il vient, qui il aime ou ce qu’est son contexte de vie et d’évolution. Qu’elles soient basées sur l’orientation sexuelle et/ou l’identité de genre, la race ou l’ethnie, la maladie ou le handicap, etc. les discriminations n’ont pas raison d’être.

Engageons et avançons la conversation contre toutes formes de discrimination.

«Des espaces publics de qualité invitent les habitants à communiquer et à collaborer, ainsi qu’à participer à la vie publique. Ces lieux peuvent également offrir des services de base, favoriser les déplacements, développer l’activité économique et accroitre la valeur de l’immobilier tout en générant des recettes pour les municipalités. »

Ban Ki-moon, Secrétaire général de l’ONU
5 octobre 2015

 

Les sujets relatives à l’orientation sexuelle et à l’identité de Genre(OSIG) restent encore « ces autres maux venues d’ailleurs» dans les sociétés africaines ; nombreux sont ces personnes (s’identifiants et/ou identifiées comme) homosexuelles/ Lesbiennes/ Bisexuelles / Transgenres qui peinent à survivre dans ces sociétés, rencontrant toutes sortes de difficultés auxquelles ils essaient de faire face tant bien que mal. Il est de surcroit de rappeler que si ces personnes existent depuis toujours dans ces sociétés, ils ont la légitimité de vivre, d’évoluer et de se développer au même titre que le reste des populations. Ils méritent un sens de considération, de la part de chacun, puisqu’étant souvent des citoyens accomplis contributeurs aux cultures, à l’économie et au développement de ces sociétés.

Un droit à l’habitat pour tous

Si chacun a le droit de vivre dans des conditions de logement adéquates ; la question des jeunes LGBTIQ chassés, à tort, par leurs propres familles reste timidement évoquer, même au sein de la communauté LGBTIQ. Ils finissent dans des conditions de vie déplorables, à la merci des vulnérabilités de leurs jeunesses et de leurs manques de visions claires de la vie, etc. Mentionner les enjeux relatifs à cette question et trouver des alternatives/solutions adaptées aux contextes locaux d’évolution, restent des options à envisager.

Trouver un logement reste, en soi, un réel défi ; le manque d’accès au logement pour les personnes LGBTIQ est un autre aspect à mentionner, il en sera autant plus difficile quand il s’agit de vivre avec un locataire homophobe, spécifiquement dans le cas des femmes Trans. Faire face aux regards méprisants du voisinage (sans mentionner les insultes), vivre dans un climat d’insécurité constant de «ce qui pourrait arriver », affronter les mauvaises humeurs des locataires qui jugent bon de hausser les prix du loyer, à tort et à travers. Autant de défis qui méritent réflexions aussi.

Des espaces publics pour tous

Les espaces publics sont des lieux agréables et accessibles à tous, sans but lucratif. Ils peuvent prendre des formes diverses comme des parcs, des rues, des trottoirs, des marchés et des terrains de jeux. « La condamnation de l’homosexualité » reste une porte ouverte sur de nombreuses justifications injustes des violations envers les minorités sexuelles. Dans les mentalités de certain(e)s, Il est devenu de commun accord qu’on ne défend pas « ces homosexuelles » et qu’on n’accorde aucun intérêt à « leurs revendications » (qui n’en sont même pas unes mais des droits qu’ils ont, comme tout le monde). Ainsi, cela affecte même ces personnes LGBTIQ, puisque souvent, préférant évoluer dans le silence de ce qu’ils sont, n’engageants aucun effort à contribuer aux changements de ces conditions. Il existe autant d’espaces publics à profiter que d’activités pouvant y être faites, mais surtout plus d’espaces civiques à clamer. Le manque d’engagements à vivre et à contribuer ouvertement à ces espaces, se justifie peut être par la peur des représailles dans laquelle évolue ces personnes ; remettant en cause la légitimité de certaines lois discriminatoires envers certaines catégories des populations d’un pays.

A lire aussi:

ONU : Journée Mondiale de l’Habitat

Recto Verso: Etre gay en Afrique

Le Monde : En afrique,Homosexualité hors la loi

Tourisme: Aller ailleurs pour etre soi-meme?

11 Juillet 2015_Célébrée chaque année depuis 1989, cette journée est placée en 2015 sous le thème : « Les populations vulnérables dans les situations d’urgence ».La thématique des populations est un sujet en rapport avec nombreux des thématiques d’intérêt politique, social, culturel et humanitaire. C’est une source riche d’informations de tous genres sur les conditions de vie, les progrès réalisés, mais aussi les leçons à apprendre sur les divers domaines de la vie humaine afin de continuer à promouvoir le développement durable pour toutes les populations du monde.

Si l’expression même « Populations du monde » sous-entend un certain sens de globalité, d’unicité, d’actions d’ensemble ; il est cependant étonnant et très déplorable de constater comment certaines catégories de ces populations restent traitées en citoyens de seconde zone, par leurs propres entourages et malheureusement parfois, par leurs propres gouvernements. Ces populations marginalisées pour tout et n’importe quelle raison, évoluent « en pourtour » des avantages et des occasions de développement dont bénéficient les autres, souvent sans moyens tangibles d’y accéder, et dans le cas où ils en ont accès, ils font face à d’autres défis non moins négligeables, ne favorisant pas leur développement au même titre que le reste des populations.

La Journée mondiale de la population a pour objectif d’attirer l’attention sur l’urgence et l’importance des questions des populations et entre surtout dans un cadre global de contribution, à travers le monde, à la réalisation des objectifs de la Charte des Nations Unies ainsi qu’à la sensibilisation du public sur ces sujets. Dans le secteur des droits humains, elle reste aujourd’hui un des bons moyens pour partager sur l’inaliénabilité, l’indivisibilité et l’universalité des droits garantis à toutes les populations sans exception aucune.

Les conditions de vie des minorités sexuelles en 2015 au Burundi, restent insatisfaisantes et nombreux sont les défis quotidiens auxquels font face cette catégorie de la population vulnérable au Burundi : accès aux services juridiques et sanitaires adéquats, protection contre les actions de violences physiques et psychologiques, droits à l’information sur la santé sexuelle et reproductive, l’égalité des genres, les droits sociaux, etc.

Le gouvernement burundais doit prendre conscience que la présence des minorités sexuelles dans sa population est un fait indéniable, mais surtout avoir le courage d’affronter les besoins auxquels font face ses populations, pour pouvoir mettre en œuvre des politiques qui répondent aux besoins présents et futurs, dans un sens global du développement durable de toutes ses populations.

Les droits humains restent un point clé vers le développement durable des populations du monde. Ainsi, considérer et contribuer aux cadres d’évolution des populations vulnérables dans leurs situations quotidiennes aussi reste une nécessité pour tous.

Caricature sur l’homophobie en afrique (Source : worldink.org)

Voté pour la première fois au Burundi en 2009, l’article 567 punissant d’une servitude pénale de trois mois à deux ans et d’une amende de cinquante mille francs à cent mille francs ou d’une de ces peines seulement, les relations sexuelles entre personnes de même sexe, est devenu l’une des force de base et un pilier de justification de nombreux cas de violence homophobe et de discrimination tant physiques que psychologiques, envers les personnes s’identifiant et/ou identifiées comme Lesbiennes, Gays, Bisexuel(les) et Transgenres, couramment connues sous la nomination de minorités sexuelles ou communauté LGBT.

Si le climat social par rapport à cette « délicate attention portée sur l’homosexualité » reste d’une tension palpable, des opinions « Pro africain », « Pro Culture », « Pro religion » et « Anti envahissement occidental » sont en même temps contradictoires à de nombreux autres discours et principes de vie sur le respect, la tolérance , l’égalité, etc. de la morale de base de nombreux burundais. Les haines vouées à l’homosexualité se nourrissent du jour au lendemain des conditions de vie politiquement et économiquement instables, des propos d’évangélistes et autres témoins de « la bonne nouvelle de Dieu pour tous» (à la rescousse de l’Afrique ?)  et surtout d’une marginalisation assez remarquable du travail des défenseurs de droits humains, et autres âmes de bien éveillées pour l’amélioration des conditions de vie des minorités sexuelles dans les sociétés locales. Souvent sans moyens d’accéder facilement à l’espace civique pour s’exprimer, s’organiser et mener des actions, ils sont aussi mis à l’écart dans le sphère de la société civile et doivent, souvent, fournir des efforts supplémentaires pour s’intégrer au même titre que les populations qu’ils défendent; ceci étant une condition ne facilitant pas les différentes actions de plaidoyer pour les droits humains qui sont des droits pour tous, les LGBT y compris.

Défenseurs de droit humain participant à la première marche des fiertés en Ouganda, Aout 2012 (source: http://www.dw.com/en/film-shows-increasing-homophobia-in-uganda/a-16253642)

Alors que l’hypocrisie étatique (puisque garantissant des droits qu’elle n’arrive pas à faire respecter) fait toujours ses preuves pour plus d’un cas, elle reste un grave délit aux droits humains malgré les nombreuses ratifications de l’Etat burundais dans sa propre Constitution, aux conventions de l’E.A.C., de l’Union africaine, etc. A titre d’exemple seulement, dans un contexte local, la Constitution du Burundi garantit:

  • Dans son article 14 sur les valeurs fondamentales: « Tous les burundais ont le droit de vivre au Burundi dans la paix et dans la sécurité. Ils doivent vivre ensemble dans l’harmonie, tout en respectant la dignité humaine et en tolérant leurs différences.»
  • Dans son article 32 sur les valeurs fondamentales: « La liberté de réunion et d’association est garantie, de même que le droit de fonder des Associations ou Organisations conformément à la loi. »
  • Dans son article 62 sur les devoirs individuels : « Toute personne a le devoir de respecter ses compatriotes et de leur témoigner de la considération, sans discrimination aucune.»
  • Dans son article 67 sur les devoirs individuels : « Chaque individu a le devoir de respecter et de considérer son semblable sans discrimination aucune, et d’entretenir avec lui les relations qui permettent de promouvoir, de sauvegarder et de renforcer le respect et la tolérance. »

    Supporteurs, masqués, de la protestation contre la loi anti LGBT en Ouganda, à Nairobi. Photographie de Dai Kurokawa/EPA

Si les organisations LGBT ne réussissent pas encore à s’enregistrer et à travailler ouvertement en identitaires de leurs objectifs(quoi que la loi le permettant), la communauté LGBT continue à évoluer dans des contextes de vies déplorables à la merci de « Qui veut donner ses avis sur comment ne pas être homosexuel .» Sans pouvoir d’expression sur les cas de marginalisation et de stigmatisation des LGBT, l’activisme burundais va pourtant dans une optique globale de réflexion sur l’impact de l’homophobie sociétale et étatique dans la vie de tous ces gens qui, traités et évoluant en citoyens de seconde zone, gardent pourtant leur droit au respect et à la dignité pour toutes les personnes humaines. L’homosexualité reste un fait de la sexualité humaine (quoi que restant tabou) et les répercussions négatives sur la vie des personnes homosexuelles ne doivent pas être ignorées,  du moment qu’elles régressent plutôt les droits humains dans la société burundaise en général.

« La règle d’or de la conduite est la tolérance mutuelle, car nous ne penserons jamais tous de la même façon, nous ne verrons qu’une partie de la vérité et sous des angles différents. » Gandhi
Homme politique, Philosophe, Révolutionnaire (1869 – 1948)

Après quelques semaines seulement de la célébration de la Journée Internationale contre l’Homophobie et la Transphobie_ IDAHOT 2015, vendredi 29 mai 2015, une jeune transgenre s’est fait violemment agressée par un groupe de jeunes homophobes, dans une des boites de nuit fréquentée  par les communauté LGBTIQ de la ville de Bujumbura.

En sortie avec ses ami(e)s, deux jeunes se sont mis à la pointer du doigt en insinuant des propos homophobes, comme quoi c’est un pédé et la chamaillerie a éclaté quand la victime a décidé de leur répondre. Une troisième personne s’est alors invitée dans la querelle et a même essayé de la déshabiller tout en lui donnant des coups de pieds à la jambe droite allant même à lui donner un coup de doigt à l’œil laissant des ecchymoses à cette dernière. La victime a alors appelé la sécurité de la boite de nuit et celle-ci a réussi à mettre dehors les jeunes hommes. Vers 4h quand la victime décidait de rentrer, elle a trouvé que les 3 jeunes l’attendaient dehors et par surprise ils l’ont poussé par terre et ont commencé à la tabasser en lui donnant des coups de pieds à la côte allant jusqu’à même déchirer sa robe. Le videur a essayé tant bien que mal de les retenir, mais ils insistaient pour qu’il les laisse la frapper “parce que ce n’était qu’un pédé”. La victime a réussi à s’échapper et a couru jusqu’à sa voiture.

Malheureusement les trois homophobes l’ont poursuivie jusqu’à la voiture et ont giflé une de ses amies avec qui elle rentrait. Ils ont aussi donné des coups de pied à sa voiture laissant des éraflures sur la peinture et ont aussi endommagé le feu arrière droit de la voiture. A partir de là, une course poursuite a commencé, et la victime a remarqué qu’on lui lançait des pierres. Croyant se tirer d’affaires, elle a remarqué malheureusement que les homophobes la poursuivait. Lorsqu’elle est arrivée à une barricade de police, elle a pu expliquer aux policiers qu’il y avait des personnes mal intentionnées qui la poursuivaient, et ceux-ci la laissa passer sans problème. Les policiers ont alors arrêté la voiture des jeunes homophobes, mais ceux-ci ont réussi à les duper en leur racontant qu’ils poursuivaient un voleur. La course poursuite a alors continué mais heureusement la victime avait réussi à prendre une longueur considérable sur eux, et a eu juste le temps d’entrer au domicile de ses parents, échappant ainsi à ce qui aurait pu être pire comme situation.    

Capture d’écran prise dans la vidéo sur “les défis que rencontrent les personnes LGBT refugiées en afrique du sud” https://youtu.be/20xDFBDgcj0

Ce genre de violence est une des nombreuses mauvaises expériences auxquelles se heurte le quotidien des minorités sexuelles vivant au Burundi. La plupart des cas passant souvent inaperçus à cause des conditions sans sécurité ni protection, dans lesquelles travaillent les activistes pour documenter ces cas et des victimes sans moyens tangibles de porter plainte à la police à cause du climat généralement intolérant et de l’augmentation des cas de discrimination, stigmatisation, mépris, et propos haineux, envers eux. La communauté LGBTIQ juge alors bon de se taire, encaissant injustice sur injustice mais surtout se repliant plus sur elle-même, ce qui à pour conséquence par exemple, un manque de leadership affirmé pour changer ces conditions de vie.

  • Lire l’histoire de Housna dont la mort a connu une violente réaction de la part des chefs religieux, allant jusqu’à refuser une bénédiction pour son enterrement.
  • Lire le rapport J’aime mon pays mais mon pays ne m’aime pas. sur des cas de violence envers la communauté LGBTIQ burundaise.

     Depuis le 22 avril 2009, les minorités sexuelles vivent dans un climat de persécution constante, et subissent quotidiennement des abus des droits humains basés sur l’orientation sexuelle et l’identité et l’expression de genre. Ce climat prévaut du fait de l’article 567 du Code pénal stipulant que : « Quiconque fait des relations sexuelles avec la personne de même sexe est puni d’une servitude pénale de trois mois à deux ans et d’une amende de cinquante mille francs à cent mille francs bu ou d’une de ces peines seulement.» Ce texte a donné cours à une mesure discriminatoire envers les jeunes élèves LGBT sous peine d’exclusion du système d’éducation du Burundi, sous l’article 9 de l’Ordonnance Ministérielle No 620/613 du 7 juin 2011 portant fixation du Règlement scolaire en vigueur au Burundi. Toutes ces dispositions se formant dans un pays qui a ratifié divers traités de protection des droits humains, et accentuant surtout les situations de haine, stigmatisation et discrimination des minorités sexuelles à travers tout le pays.