La place des LGBT au Burundi, 3 choses à comprendre en 2017 !

En bref, le Burundi est bien connu autant pour son contexte hostile à la vie des personnes Lesbiennes, Gays, Bisexuel(le)s et Transgenres-LGBT que pour l’article 567, de son code pénale voté en 2009, contre ‘’ Les relations sexuelles entre personnes de même sexe ‘’. Ce dernier sert, aujourd’hui, comme une justification de base pour nombreux des crimes de haine, arrestations arbitraires, manquements sociétales, etc. Les commentaires du quotidien, y faisant référence, choquent autant que les diverses violations des droits de l’homme qui restent souvent dans le silence d’un Burundi évoluant dans toute une autre complexité de situations.

1. Régionalement parlant, les discriminations ne sont pas seulement une impression de déjà-vu !

 

 

 

Tweet, du journal local IGIHE, informant sur les dernières actions de la police Burundaise contre l’homosexualité. Cette information a été partagée moins de 12h après l’arrestation, à leur domicile, de 7 jeunes gens (dont 3mineurs) pour homosexualité.

‘’[…]A vrai dire, ce n’est même pas seulement une impression de déjà-vu mais plutôt une réalité malheureuse pour nous tous. Disons qu’on espérait, au moins, que la situation de l’homophobie institutionnellement assumée soit une bêtise propre à l’Ouganda des années 2012 […]  ’’. commente, Aline*, activiste lesbienne

2. Le paradoxe c’est espérer le salut de la part d’une société si fièrement homophobe !

L’image est devenu facile à visualiser mais malheureusement, pas encore, les solutions.

Tout d’abord, pour ce qui est des harcèlements dans la rue, des violences tant physiques que psychologiques faites ouvertement dans les familles, voir même toutes ces réalités dans lesquelles évoluent les jeunes LGBT sans aucune capacité d’y répondre, Il faudrait faire semblant de ne rien voir. Ensuite, pour ce qui est du non-accès aux mêmes opportunités d’éducation et/ou l’évolution de ceux/celles qui vivent dans la peur constante d’être discriminé, stigmatisé et même perdre son travail à cause de son orientation sexuelle et ou l’identité de genre; il faudrait ne rien voir aussi. (En finale?) Pour ce qui est des chances d’accéder à l’espace civique (comme tout Burundais payant, honnêtement, ses taxes) afin de s’organiser, s’entraider ou ouvertement inclure tout le monde dans un sens de changement positif prônant l’équité; cela aussi, Il faudrait faire semblant de ne rien voir. Un tel comportement semble être de commun accord pour nombreux de ceux qui le veulent ainsi; Néanmoins, les réalités locales vont bien au delà, le prix se paie lourdement ( Dans la santé par exemple). Il importe de rappeler la place qu’occupe le gouvernement et ses instances surtout dans la régulation des délits et la promotion du développement équitable de tous les Burundais.

Opinion, par un membre du gouvernement Burundais, sur le lien existant entre l’homosexualité et la crise socio-politique du Burundi en 2017. (Tweet du conseiller en communication à la Présidence du Burundi).

3. Les efforts à engager dans le leadership et les partenariats effectives restent à envisager

En commençant par le commencement, depuis 2009, les actions de plaidoyer par les activistes locales ont su portées des résultats plus ou moins satisfaisantes. A part le penchant (involontaire?) à toujours considérer les hommes gais et bisexuels comme l’unique groupe en besoin de solutions pendant que les femmes lesbiennes, bisexuel(le)s et les personnes transgenres toutes catégories confondues restent en arrière des 5 ans; la volonté première est de soutenir l’éducation et le leadership de base de tout le monde afin de coordonner des solutions répondants aux besoins premières des contextes locaux.

Alors que penser à travailler avec la police Burundaise semble encore un défis à réfléchir sur et que les partenariats internationales avec le Burundi ne cessent de changer influençant aussi les actions à engager; Il est de bienveillance à garder un sens critique sur comment les politiques tant nationales que internationales influent sur a place des personnes LGBT, au Burundi mais surtout tout l’ensemble des autres actions allant dans le sens de construire une société locale plus inclusive.

 

 

 

 

Ailleurs, à Zanzibar (Tanzanie), la police arrête arbitrairement 20 personnes pour homosexualité. Ici chez nous, le centre REMURUKA (unique centre LGBT au Burundi) fonctionne dans une panique sécuritaire depuis 2 semaines. Les cadres connexes à l’opinion et la compréhension de l’homosexualité, au Burundi, restent toujours coincés dans des eaux troubles où il n’est point conseiller de mettre les pieds (Par haine ou par peur ?).

Commentaire d’une activiste lesbienne Burundaise lors d’une réunion de travail.

Si une telle situation ne fait que soutenir, souvent, toutes sortes de violations qui passent sans grandes actions des victimes alors que des institutions comme la Police s’engagent publiquement à travailler pour tout le monde ; Il est de besoin à comprendre en quelles formes prennent les manquements et où exactement il faudrait contribuer pour promouvoir la protection, l’inclusion, l’égalité de tous les citoyens Burundais devant la loi.

Des violations basées sur l’OSIG* qui évoluent dans le déni totale.

Alors que la loi de 2009 n’a fait que rendre officielle et légale une répression gouvernementale qui reste, aujourd’hui, visiblement sans grand intérêt ; les violations et formes de discriminations basées sur l’Orientation Sexuelle et Identité de Genre_ OSIG ont trouvées meilleurs justifications pour exister. Des rapports, comme ‘’ J’aime mon pays mais mon pays ne m’aime pas ‘’ présentent et démontrent combien ces violations se diversifient du jour au lendemain. Il est aussi remarquable, combien encore, le gouvernement Burundais reste aussi silencieux et absent sur de telles violations.

Bujumbura 2015, des Policiers entrain d’arrêter un manifestant. Source photo : telegraph.co.uk

 

Des efforts de plaidoyer en manque d’accès à l’espace civique.

Avec une volonté de survivre les violences/les discriminations et faire face aux aléas de la vie africaine , certains décident d’organiser, de parler et de contribuer à construire une société plus inclusive. Néanmoins, plaider pour une catégorie de la population vivant en marge de la société, évoluant dans un quotidien dominé par un manque d’éducation sur les bases des droits humains, la pauvreté et le non accès aux ressources de développement, est une condition de travail qui vient avec des efforts particuliers. Avec en toile de fond des attentes comme la protection contre les violences, l’accès équitable à l’espace légale et surtout l’inclusion ; C’est des actions qui passent absolument par un accès à  l’espace civique. Pendant que le non-accès à la liberté d’association voir surtout, le manque la sécurité et de protection pour les défenseurs de droits humains restent des évidences du quotidien; il est remarquable combien, aussi, ce qui existe comme espace civique boude souvent à faire des contributions au plaidoyer pour abolir les violences et discriminations basées sur l’orientation sexuelle et l’identité de genre.

Campagne, informative sur les droits humains, pour et par les jeunes LGBT pour IDAHOT 2016. Source photo: agaciroburundi.wordpress.com

Une police aux mille et une comportements.

Uniquement sur base d’OSIG et depuis moins de 10 mois, les incidents sécuritaires ne cessent d’etre recensés : Des arrestations arbitraires, des plaintes sans aucune suite, des cas de corruptions répétitifs, etc. Autant de diversités qu’il en existe de discriminations. Et pourtant, la police est là pour la protection de tout le monde. Comme recommandation, il est point important d’abord, de comprendre et de clarifier les enjeux civiques interférents avec la collaboration effective avec la police. Soutenir et contribuer à garantir l’existence de l’information et des ressources y relatives peuvent aider à changer la donne et finalement, il faut surtout viser à mettre en place diverses espaces pour engager des discussions effectives avec la police sur toutes ces implications directes avec leurs travails.

Commentaire d’une activiste lesbienne Burundaise lors d’une réunion de travail.

 

Le sujet a fait scandale, en Tanzanie, quand le ministère de la santé a décidé d’interdire toute vente et distribution de gels lubrifiants : « […] Parce que cela contribue à la promotion de l’homosexualité […] » a dit madame la ministre de la santé Ummy Mwalimu. La réalité se contraste autrement au Burundi. En tous les deux cas : des relations sexuelles entre personnes de même sexe, de la prévention contre les IST/MST/, le VIH/SIDA et des cadres incluant les droits humains sont des éléments sur une scène aussi silencieuse que confuse.

Gels Lubrifiants distribuées par le CNLS

Dans l’entre parenthèse d’une sexualité de tout le monde.

Le sujet de l’homosexualité en ferait hurler plus d’un, chacun ses condamnations, chacun ses justifications. A la fin de la journée, les chiffres de contamination et d’expositions aux IST/MST, VIH/SIDA restent aussi inquiétants que les diverses injustices envers les minorités sexuelles. Mais bref, pratiques homosexuelles ou pas, c’est aussi une réflexion sur comment chacun conçoit les thématiques de diversité et de santé sexuelle. « C’est notre tradition. La sexualité, on la fait, on la vit, mais on n’en parle pas comme il le faut. La vraie vérité, on la cache souventa commenté Benny NDAYISHIMIYE, conseiller conjugal et sexuel au sein du Forum pour une éducation affective et sexuelle (FEDAS). La société reste noyer dans une mixture de « manque d’informations générale pour tous » d’une part et d’une « disponibilité d’informations penchées sur certains points » d’autre part. A la fin, c’est souvent une confusion totale et il en découle des suppositions/situations discriminatoires prisent, aujourd’hui, pour normales.

Bujumbura était sans Tabou…A la fin, il avait un baisé entre deux hommes !

 De la lubrification par ici, des discriminations par la !

La question se pose d’ailleurs : Pourquoi des pratiques sexuelles qui ont besoin de lubrifications ? Retour en cours de sexualité : Pendant le rapport sexuel, le corps humain produit un liquide facilitant le rapport, notamment la pénétration vaginal. Pour certains corps, sècheresse s’impose et hydratation est de besoin. Dans certains autres cas comme la pénétration anale, aussi bien pratiquée par les personnes hétérosexuelles qu’homosexuelles, il s’impose d’en mettre beaucoup ; car de ce côté-là, il n’y a pas de production corporelle du liquide facilitant le rapport. Le gel lubrifiant est, donc, un outil de santé public beneficiant à la gente féminine et aux HSH pour limiter les frottements, et ainsi la diminution des portes d’entrée du VIH.

Mais pourquoi alors, comme en Tanzanie, les gels lubrifiants ont cette image de « Fait pour les pratiques homosexuels»? Déjà que l’usage des gels lubrifiants n’a rien d’homosexuel ; C’est en partie peut être relatif à la pratique du sexe anal. Encore tabou, inconcevable, classé de perversion, la pratique est aussi très souvent attribuée à l’homosexualité, donc il ne faudrait point en encourager les pratiques. Le sujet en ferait hurler plus d’un, chacun sa condamnation et chacun ses justifications.

Que se passet-il vraiment au Burundi ?

Dans l’entre temps d’une suite d’évènements qui se sont passés depuis 2014 ; la bureaucratie s’impose et la santé de milliers de personnes en dépend malheureusement. Tout commence en 2014 quand le programme de lutte contre le sida, coordonné par le ministère de la santé (à travers le Conseil National de Lutte contre le SIDA_CNLS), a décidé de considérer les personnes HSH comme population clés dans sa lutte contre le VIH/SIDA. En les intégrants dans son plan stratégique ; le programme a pu contribuer à divers initiatives et rendre disponible les outils de prévention, Les gels lubrifiants notamment.

Fonctionnant, en parti, grâce à des financements du fond mondial ; En 2015, le CNLS est destitué de sa fonction de coordonnateur du programme à cause de problèmes de gouvernance interne. Elle fut, directement, remplacé par la croix Rouge Burundi. Depuis Janvier 2016, le processus de remise et reprise des fonctions a pris son cours. Pendant que la nouvelle coordination prenait place, les commandes de fabrication de nouveaux gels lubrifiants ont pris un grand retard. En effet, ceux distribués plus tôt expiraient à partir de Juillet 2016.

Rapport d’investigation sur les financements du Fonds Mondial au Burundi : SEP/CNLS (Rapport en Anglais)

Maintenant, des semaines se sont passées et la question se pose de plus en plus. « J’ai décidé d’aller en acheter en pharmacie et je pense que ça coute extrêmement cher, avec un prix allant jusqu’à 25.000Fbu (13USD) le flacon ; Je me demande comment font ce qui n’ont pas ces moyens financiers » commente Daniella dans une conversation privée entre amis.

Il ne serait point nécessaire de s’affoler sur un retour « en préhistoire » où les gens utilisaient l’huile de palme ou pire « un peu de salive » mais c’est, quand même, inquiétant de s’imaginer comment tout cela se passe pour l’instant. Le besoin est là et qui vit avec peut comprendre plus. En attendant, plus de semaines encore, l’espoir se porte sur qui peut comprendre la situation et y apporter contributions.

Save

Save

Un livret compréhensif sur les Droits Humains et les dispositions législatives pour les personnes LGBT au Burundi.

La publication de ce livret a pour but d’éduquer la communauté LGBT et les personnes au genre non-conforme au Burundi en mettant à leur disposition une compilation de l’information existante sur les Droits Humains vis-à-vis des dispositions de la Constitution du Burundi, et des Protocoles et instruments relatif au Droit International des Droits de l’Homme ratifiés par le Burundi, pour la promotion des Droits de l’Homme des personnes LGBT au Burundi.

Cette publication est protégée par le droit d’auteur. Par conséquent, toute reproduction, copie ou traduction, sans l’autorisation écrite préalable de MOLI, est interdite.

Disponible en cliquant ici: FR

Des places publiques de Bujumbura aux grandes rues de Nairobi, en passant par Kampala, Dar-es-Salaam, Kigali etc. Les personnes LGBT sont, vivent et évoluent, dans ces grandes villes Est africaines, dans des quotidiens aussi diversifiés que leurs sexualités et identités de genre. Plus que jamais, IDAHOT est, depuis des années maintenant, devenu une occasion réel pour eux de s’exprimer contre diverses contextes incluant des préjugés, des discriminations et des violences basées sur l’Orientation sexuelle et l’identité de genre. Elle est aussi une occasion de célébration, de leurs présences, leurs évolutions et d’une voix commune leurs être en tant qu’africain et LGBT.

En compilation de diverses expressions, cette campagne partage sur leurs cadres de vie, ramène des réflexions sur ces contextes et pour l’instant d’un seconde célèbre la diversité et l’amour etc


From the public places of Bujumbura to the big streets of Nairobi, via Kampala, Dar-es-Salaam, Kigali etc. LGBT people are, live and evolve in these major East African cities, with dairy living diversified as their own sexualities and gender identities. More than ever, IDAHOT, for years now, became a real opportunity to express themselves against various contexts including prejudice, discrimination and violence based on sexual orientation and gender identity. It is also an occasion of celebration of their own presence, their evolution and a common expression of their voice as an African and LGBT.

In compilation of various expressions, this campaign is sharing about their living environments, brings reflections on these contexts and celebrates diversity and love.

 

Dans les conditions locales, se découvrir jeune et LGBT ne vient pas avec un guide de survie sur quoi faire ou comment survivre (à sa propre haine parfois). Les mots, les actions et surtout les « bonnes vérités » dites aux personnes LGBT influent fortement sur leurs états et devenirs psychologiques. Entre les convaincre de ne pas prendre « ce chemin » jusqu’aux tristes thérapies de conversion pour les guérir absolument de cette « perversion » ; Ils font face à toute situations diverses. Ces situations, pour la plus minimes de leurs « bonnes volontés », détruisent parfois plus qu’ils en apportent.

Decouvrir plus sur les actions des jeunes LGBT au Burundi.

La santé mentale et le bien être des personnes LGBT reste un droit et une liberté pour eux. Ainsi, dans la célébration de IDAHOT 2016 sous le thème de «  Santé Mentale et bien être », la préparation de la présente campagne (de 10jours) a permis aux jeunes participants de l’atelier AGACIRO, de s’exprimer sur diverses conditions de leurs quotidiens pour adresser les discriminations, promouvoir la tolérance, vaincre les violences, vivre la diversité et favoriser l’accès à de meilleurs conditions d’informations, d’expressions et d’échanges.


IDAHOT est la Journée Internationale de Lutte Contre l’Homophobie et laTransphobie. Elle s’adresse contre toutes les formes de  préjugés, de discriminations, de violences, etc. envers les personnes LGBT.

 

« […] Nous, les personnes LGBT, sommes contraintes de vivre clandestinement. En isolement et dans le déni de ce que nous sommes, à cause des contextes discriminatoires dans lesquels nous évoluons, cela garde des conséquences psychologiques qui ne sont même pas, souvent, conscientisées […] »

Une thématique de société et source de mécompréhension, préjugés, rejets et discriminations pour de nombreuses personnes. L’homosexualité est, elle-même, souvent considérée comme une maladie mentale ; rejoignant, ainsi, la longue liste de ces maladies à guérir absolument. Le mal causé par les actions, thérapies, etc. pour guérir et/ou atténuer certains effets de l’homosexualité n’est pas sans répercussions psychologiques. « […] Nous, les personnes LGBT, sommes contraintes de vivre clandestinement. En isolement et dans le déni de ce que nous sommes, à cause des contextes discriminatoires dans lesquels nous évoluons, cela garde des conséquences psychologiques qui ne sont même pas, souvent, conscientisées […] » explique une des participants aux séances de l’atelier AGACIRO.

A l’heure où des avancées considérables sont faites dans les domaines du VIH et autres maladies sexuellement transmissibles et que de véritables croisades sont faites pour contribuer à de meilleures conditions d’être et d’accès à des services de santé adéquats. La thématique de santé mentale reste dans l’ombre d’elle-même souvent à cause d’assomptions personnelles, de fausses informations et d’actions stigmatisant tout ce qui est relatif, à cette thématique. Dans l’entre temps, en plus de la stigmatisation connue ailleurs, cette thématique s’empire doublement, au sein de la communauté LGBT. D’une part par les discriminations faites aux personnes LGBT à cause de leurs orientations sexuelles et identités de genre, d’autre part la situation de ceux vivants et/ou présentant les signes de maladies en plus de leurs conditions d’être et d’évolution en tant que LGBT. Ainsi, il reste d’une évidence que la santé mentale est un contexte de société qui affecte malheureusement, aussi, la communauté LGBT. Ne pas s’adresser à ces cadres revient à contribuer à l’approfondissement des stigmatisations envers cette thématique et, aussi, de vouer un réel soutient à nombreux des discriminations et préjugés envers la communauté LGBT. La thématique de santé mentale est une thématique en besoin réel d’éducation. Une éducation sur les bonnes habitudes à adopter, en tant que personne LGBT, pour garder sa santé mentale en bonne état mais aussi quoi faire, face à ces maladies, qui d’ailleurs restent le plus souvent traitables.

Tu as vu ma sexualité (Lettre à l’Afrique dans mes mots et mon silence)

Témoignage : Espérer pour Vivre


IDAHOT est une journée internationalement célébrée chaque 17 Mai, pour adresser différentes problématiques et questionnements relatifs à des actes d’homophobie et de Transphobie, envers la communauté LGBT. En 2016, elle s’adresse directement à la thématique de santé mentale, dans la communauté LGBT. Elle reste, une journée de célébration ouverte à toutes les personnes soucieuses de faire avancer la compréhension et de promouvoir la lutte contre les préjugés, les stéréotypes, les actions de violences et d’injustices envers la communauté LGBTIQ. Ainsi, en combinaison parfaite entre ces deux thématiques travaillant toutes pour l’inclusion et la considération des enjeux impliquant des catégories de la population discriminées ; des actions spécifiques méritent d’être accordé à cette célébration, par le partage d’informations clés à savoir, des histoires et autres expressions témoignant sur ces maladies et les opinions de la communauté LGBT sur cela.

Plus de lecture

The Warning : Santé Mentale et LGBT

Slate : Quand l’homosexualité était une maladie


 

 

« …C’était un baisé qui disait : Ça c’est une autre histoire ! Ou encore, dans la vie il existe ces choses qu’on ne remarque pas à la première vue mais qui sont là… »

Des titres chocs comme « Et si jésus n’était pas Dieu ? » « Les monologues du vagin » « Je n’aime pas l’Afrique », des vocabulaires libérés dans tous leurs sens, des drames et des comédies rappelant certains des cadres sociaux que traverse le pays, etc. BUJA SANS TABOU, ce festival théâtral de 4 jours a été un moment d’expression et de partage sur ces divers cadres de vie à la burundaise (celles qui suscitent la controverse en temps normaux). Il a su ramener et adresser toutes ces bonnes règles des gens « Bienpensants », prisent pour acquises mais dont rien ne garantit la véracité vraiment.

Jusqu’à hier soir, les jeux d’acteurs étaient au point, le travail et les talents des metteurs en scène à applaudir, les lumières et décors artistique à s’émerveiller sur. Et là, sur scène, quand tout le monde s’y attendais le moins, il y eu ce baisé entre deux hommes ; vrai dans son jeux de rôles et presque incompris dans les premières secondes (la salle a applaudit quand même). “…C’était à la fois une surprise, drôle et merveilleux parce que je n’avais vraiment pas capté le feeling entre les deux hommes… j’ai serré la main de mon ami, nous nous sommes regardé dans les yeux et pour un instant, j’ai eu l’impression de vivre une pause temporelle… A la fin, on a fait que siffle comme tout le reste de la salle d’ailleurs.C’était sans commentaires ! ” commente un des spectateurs.

A propos de Buja Sans Tabou.

KEBAB (non, pas comme le sandwich !) est une histoire avec de la naïveté, des trahisons et des mensonges entre 3 étudiants burundais qui s’engouffrent dans un drame avec des violences et des manipulations. Le tout exprimer dans la plus sarcastique des façons. Si l’étalonnage même des scènes a fait que l’histoire débute par la fin, le fameux baisé qu’on remarque directement dans la 1ere partie à susciter une incompréhension, puisque personne n’avait compris que la fin était au début. « …C’était un baisé qui disait : Ça c’est une autre histoire ! Ou encore, dans la vie il existe ces choses qu’on ne remarque pas à la première vue mais qui sont là. » Ajoute un autre spectateur.

Un baisé d'amour et de consentement entre Tshepo Cameron Modisane et Thoba Calvin Sithole, pendant la célébration de leur union, dans la pure des traditions sud-africaines, en 2013. Source photo: www.cnn.com

Un baisé d’amour et de consentement entre Tshepo Cameron Modisane et Thoba Calvin Sithole, pendant la célébration de leur union, dans la pure des traditions sud-africaines, en 2013. Source photo: www.cnn.com

Le public n’aura pas eu le temps de comprendre de quoi s’agissait ce baisé puisque la relation, l’amour ou les sentiments entre les deux hommes n’étant point mentionnés, ailleurs, dans le reste du théâtre. Néanmoins, Il semble avoir gardé un sens révélateur sur quelque chose de non-dit, comme si il laissait libre imagination aux spectateurs de penser ce qu’ils veulent. Bref, une expression minimalement osée mais qui symbolise quelque chose de fort. Un non-dit qui souvent est à la base de nombreuses stigmatisations, discriminations et actes de violence, un non-dit qui brise encore des liens pour la moindre des incertitudes.

La vie des minorités sexuelles au Burundi en 2015.

L’homosexualité en Afrique : sens et variations d’hier à nos jours.  

L’amour, les relations de couples, l’expression ou simplement l’existence de sentiments affectives et romantiques entre deux personnes de même sexe, sont hués, diabolisés et criminalisés pour tout et n’importe quelles raisons. Aujourd’hui, la présence de cette catégorie de la population Burundaise, reste indéniable plus que jamais et leurs cadres d’existences méritent peut-être plus de « Buja sans Tabou » pour être adresser et susciter des actions pour améliorer ces quotidiens qui restent toujours de tabou, même pour ceux s’identifiant comme Lesbiennes, Gays, Bisexuel(le)s et Transgenres.

Buja Sans Tabou : Un avant-gout pimenté avec « les monologues du vagin.»

Homosexualité : Regarde en l’air…vois ce que tu peux voir !

“Discrimination” le triste mot qui raconte. De nombreuses personnes en sont sujets pour diverses raisons , tandis que d’autres n’y accordent que peu d’attention. Les conséquences néfastes de ces actes finissent par devenir de malheureuses réalités, pour les victimes et des standards pour les cadres sociaux.

Célébrée, pour la 1ere fois, en 2011, par l’ONUSIDA ; la journée Zéro Discrimination est un appel et un rappel à s’engager contre les diverses formes de discrimination envers les personnes atteintes et/ou vivants avec le VIH/SIDA. 5 ans après, l’idée continue de plaire et elle est, aujourd’hui, un symbole de contribution à un monde meilleur, en s’adressant contre toutes formes de discriminations envers son voisin qu’importe à quoi il ressemble, d’où il vient, qui il aime ou ce qu’est son contexte de vie et d’évolution. Qu’elles soient basées sur l’orientation sexuelle et/ou l’identité de genre, la race ou l’ethnie, la maladie ou le handicap, etc. les discriminations n’ont pas raison d’être.

Engageons et avançons la conversation contre toutes formes de discrimination.

Représentée sur photo de famille; la bisexualité reste, malheureusement, cette autre personne dont on veut ignorer la présence et qu’on juge « indécise » puisque refusant de catégoriser son amour.Si la thématique de « Bisexualité » connait depuis toujours des expressions diverses et que certains sont Oui pour une visibilité Bi ; Au Burundi comme ailleurs dans les sociétés africaines, elle reste un tabou qui, au même titre que les autres nuances de la sexualité non-hétérosexuelle, a du mal à être comprise. L’hétéronormativité et la sexualisation des questions LGBTIQ sont à blâmer mais il n’est pas moins important de mentionner que la biphobie existante au sein même de la communauté LGBTIQ, contribue à rendre les situations de vie et d’évolutions des personnes bisexuelles, plus dur qu’elles ne le sont déjà.

Un choix à faire absolument ?
Le genre humain, dans tout son état d’être, aime faire les choix (et en imposer aux autres). Ainsi, il n’est pas rare de voir des opinions les plus infondées, affluées dans la vie sexuelle de certain(e)s et prouvant combien l’intolérance, encore, reste un pas à dépasser. « Souvent, je me sens incomprise, mes amies lesbiennes pensent que je ne suis qu’une hétérosexuelle en recherche de sensations et mes amies hétéros pensent que je suis une lesbienne qui n’as pas le courage de s’assumer…Il est assez important pour moi de savoir et de me rappeler constamment qui je suis, mais le plus dur reste aussi de le faire comprendre aux autres» Esther*, femme bisexuelle mariée à un homme.

Dans cette sorte de bataille ou les uns veulent se faire comprendre et les autres semblent imposer des ordres de vies qui ne conviennent pas à tous ; Il est important de mentionner que le manque d’informations sur la diversité sexuelle influe grandement sur l’acceptation et le développement personnel des personnes bisexuelles. « Quand nous nous exprimons, nous avons peur que nos mots ne soient pas entendus, qu’ils ne soient pas les bienvenus. Mais lorsque nous gardons le silence, nous avons toujours peur. Dans ce cas, autant s’exprimer. » Audre Lorde

PSYCHOLOGIE : Sommes-nous tous bisexuels ?

Une vulnérabilité invisible
En générale, les conditions de vie des minorités sexuelles au Burundi restent avec de nombreux défis et quand on en vient à ceux qui sont discriminés dans un groupe déjà discriminer, l’ampleur de la question reste grande. Pour n’en citer que très peu, le manque d’accès aux informations sur cette orientation sexuelle ne permet pas toujours d’aider « ces autres qui ne sont ni hétérosexuelles ni homosexuelles » à comprendre leurs conditions. Le tabou et les mythes tournants autour de la bisexualité nuisent fortement au mentale de ces personnes et les poussent à évoluer dans le silence (voir l’oubli) de ce qu’ils sont. Quant aux risques de contamination par certaines maladies, Ils restent non seulement réels mais à double cause. « J’ai contracté une MST, dans une relation sexuelle non protégée avec une fille, après avoir rompu avec mon copain… J’ai eu du mal à l’expliquer à mon docteur, qui depuis longtemps, me pensaient être homosexuel. » Désiré*, jeune homme bisexuel en couple avec une femme.

Burundi’s Constitution integrates various relevant international and regional human rights instruments. Moreover, the Constitution guarantees non non -discrimination in line with international standards. However, intolerant discourses from official increased in recent years and legislation as well as discriminatory policies were adopted thus exacerbating an already existing intolerance against LGBTI individuals within the society.

This report aims at informing the UN Committee on areas where the State of Burundi is failing to comply with international obligations under the International Covenant on Economic, Social and Cultural Rights (CESCR) to fulfill, respect and protect the Rights of LGBTI persons. It then suggests recommendations that should be included in the concluding observations of the Committee to the State of Burundi.    Read full report here

Elle est l’une des soudures de la relation humaine dans de nombreuses situations ; au fur du temps, elle a été une valeur ayant fait ses preuves, même quand comprise avec un peu de retard. Si elle touche, engage et souvent sauve des relations, des vies voir même des cadres d’évolutions pacifistes et inclusifs; l’incompréhension (parfois volontaire) des valeurs qu’elle transmet reste un des maux à adresser, surtout au plus jeunes, pour plus de connaissances, de dialogues et d’actions valorisants la présence et l’apport de chacun dans une société.La Tolérance est-elle un vice ou une vertu ?

Dans le monde et au travers de la société locale, Les droits humains traversent la pointe des périodes les plus difficiles ; les incompréhensions d’autrui (et surement de soi) restent descauses de grandes violences et d’actions d’intolérances religieuses, sociales, politiques, etc., qui définissent souvent le cours choses pour ce qu’il n’est pas mais plutôt pour ce qu’on veut qu’il soit. Il reste une nécessité de permettre la promotion des valeurs de tolérance par une implication de tous. La tolérance doit être cette valeur d’être et de vie, pour plus d’un, favorisant plus de compréhensions et d’échanges sur des solutions communes.

ONU : Promouvoir la Tolérance

Une pensée spéciale pour toutes les victimes d’actions meurtrières au travers du Burundi et dans le monde mais surtout pour toutes ces personnes qui s’engagent de près ou de loin pour permettre plus d’états d’être et d’évolution respectant la pluralité de vie et de réflexion de tous ces millions de gens qui méritent vie et développement.

Lire aussi :

Une histoire de Tolérance [Vidéo en anglais]

BURUNDI : Face à la violence, un de plus et sûrement pas le dernier.

BURUNDI De la haine envers les minorités sexuelles…toujours aussi gratuitement !

Souvenir du 25 Août 2010 : Mugera – Gitega, fête catholique de l’assomption. C.B.R. (jeune Transgenre de 17 ans, à l’époque) fut torturée, jusqu’à perdre l’usage partiel de ses bras dans un orphelinat où elle avait grandie et tenu par des bonnes sœurs. Lire histoire complète : http://madikazemi.blogspot.com/2010/12/in-burundi-young-trans-woman-tortured.html

« … C’est l’une des seules instants, dans l’année, où ils/Elles ont la chance d’être célébrer et entendu vraiment pour ce qu’ils/elles sont et méritent de vivre… Je suis fière de les comptais parmi mes amis et ma grande famille…» s’enthousiaste un jeune homme participant à la journée du souvenir Trans. en 2014 à Bujumbura. Si la connaissance et l’importance de cette journée restent vaguement méconnues (pour ne pas dire, volontairement ignorer parfois) par la société en générale et le reste d’une communauté LGB en éternelle recherche des droits qu’elle mérite; Il est de commun questionnement de savoir à quoi rime exactement être une personne transgenre dans la société burundaise et dans la communauté LGBT mais plus encore, ce qui manque à l’appel pour voir plus d’engagements et d’actions inclusifs, de cette catégorie de la population burundaise, dans les objectifs du développement et de droits humains.

Une Auto-Stigmatisation justifié !

Un homme dans un corps de femme, une femme dans un corps d’homme, des personnalités qui ne se définissent pas ou simplement des gens aspirants « à vivre, travailler, aimer et se développer uniquement en tant qu’être humain », cela semble être une fiction, drôle à entendre, pour nombreuses personnes dans la population burundaise (malheureusement parfois aussi dans la communauté LGB). Si incompris, voir moqué injustement, l’enjeu de cette discrimination est de taille quand on sait qu’elle reste encore mise « à côté » et que les thématiques/questions d’identités de genre sont souvent coller à ceux de l’orientation sexuelle, quoi que différents en de nombreux points.

«…Les personnes Trans. sont ces autres « homosexuelles/Lesbiennes » qui veulent pousser à l’extrême, la part des choses…», «…Les Trans. se mettent dans des positions délicates et s’étonnent d’être des victimes au premier plan…», etc. Quelques-uns des assumassions qui font mal et qui viennent, souvent, en additionnel : aux stigmas de la société, aux problèmes d’accès aux services de santé adaptés, aux rejets des familles/Ami(e)s et surement, aussi, du sexisme mettant en stéréotypes et dévalorisant la place des femmes dans la société (ce qui se répercute souvent sur les femmes transgenres aussi).

Au nom de quoi être une communauté LGBT, quand certaines catégories restent en arrière ? Aujourd’hui, les gays ont pris le devant et avancent, tant bien que mal, pour leurs causes ; le souci reste d’importance quand il en vient à vouloir plus d’engagements des personnes Trans. malgré toutes les discriminations auxquelles ils/elles font faces. Et pourtant, ce sont eux qui, dès le départ, sont au-devant la scène (va à dire que tu es un homosexuel(le), on va commencer à t’imaginer en robe ou en habits d’hommes. Positivement parlant : Au moins, ils/Elles marquent les esprits dans la société). Ils sont et restent ces âmes en face de la lumière, alors que dans leurs ombres, évoluent toute une autre liste de gens qui vivent et gagnent de plus en plus de places.

« …La plus part des fois je sais que je n’ai pas à m’expliquer, mais je peine toujours à dire pourquoi je suis Trans. même dans des cadres LGB, c’est assez fatiguant à la longue…» mentionne un jeune homme de 26 ans pendant la célébration de la journée du souvenir Trans en 2014.

Une Transphobie aux allures inquiétantes.

Le Transsexualisme expliqué par un psy.

Avons-nous besoin d’organisation Trans. ?

Oui et Non. Organisation Trans. ou pas, l’important est de faire ce qui doit être fait avec des moyens présents. Qu’il y ait beaucoup plus de personnes engagées à faire comprendre et maximiser l’inclusion des personnes Trans. dans des initiatives propres à leurs causes, serait de recommandation. Si l’auto discrimination des personnes Trans. ne permet pas, aujourd’hui encore, d’avoir un engagement passionné et inébranlable (au même titre que le reste de la communauté), des milliers de chances passent pour éduquer, sensibiliser, maximiser et développer la place de choix qu’ils méritent.

Autant d’incompréhensions, d’actes manqués et de mauvaises interprétations, ne permettent des actions vraies et sincères pour le développement de tous. Mais qui blâmer alors ? Tout le monde évidement : Sur des sujets d’information et d’éducation, de lutte contre le sida/IST, de droits humains et d’accès aux services sociales, il est de nécessité à donner un focus sur tout le monde ; Or il ne s’agit en aucun cas de la communauté « gay » mais bel et bien « LGBT ». Toutes ces catégories ont droit à leurs parts de l’action, incluant notamment ceux qui malgré discriminer déjà, ont parfois aussi tendances à se replier sur soi.

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Souvenir du 21 Octobre 2015 : Beyoncé Karungi, Activiste Transgenre ougandaise fut tabassé par une foule de personne, 2 jours après que 4 de ses colocataires avaient reçues des menaces de mort par un groupe d’hommes.

Comment respecter une personne Transsexuelle en 9 étapes.

Une grande journée pour la diversité !

Etre une personne transgenre n’as rien de bizarre, ni de mauvais ni de malchanceux non plus d’extraordinaire. Dans la diversité que représentent toutes ces personnes autour du globe et ici chez nous, ils/Elles sont capables d’être et d’évoluer. Etre présent pour eux (comme toutes ces autres personnes présentes pour nous) est de nécessité. Ils/elles méritent considérations et des engagements pour leurs causes, plus décisifs pour l’avenir de la communauté et de leurs entourages, leurs contributions au pays et aux thématiques d’évolutions sociales.

Ainsi, célébrer cette journée est de nécessité pour se souvenir, comprendre et accepter nos propres différences mais surtout et plus important être fière et valoriser celles des autres, avec considération d’uneémergence équitable pour soi et les autres.

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En mars dernier, Stéphane Calmon est parti en mission pour le compte de AIDES dont il était alors vice-président (il est aujourd’hui membre du Bureau du conseil d’administration). Un court périple — avant les émeutes qu’a connues le pays lors d’une campagne présidentielle particulièrement tendue — placé sous le sceau des droits humains et des enjeux de la lutte contre le sida. Récit.

Dans la cour, assis, au Centre Turiho, une des antennes de l’ANSS (Association Nationale de Soutien aux Séropositifs et malades du Sida), j’entends plusieurs transistors faire écho de la voie de Jeanne Gapiya. Des salariés de l’association, des personnes qui y sont accueillies, des militants écoutent l’interview interactive qu’elle accorde, en kirundi (1), à une radio burundaise très écoutée. La présidente de l’ANSS, avec l’énergie que je lui connais, explique son souhait que la question de la lutte contre le sida et son lien avec les droits humains soit un sujet débattu à l’occasion de la future campagne présidentielle, en juin 2015. Des jeunes de l’ANSS sont pendus à leur portable pour tenter de lui poser des questions en direct. Une tactique qu’emploient les militants pour s’assurer que les sujets qu’ils défendent seront bien abordés dans une émission, surtout si elle est grand public et très suivie. Dans le fond, la question que Jeanne entend porter lors de cette campagne — et j’imagine que ce ne sera pas l’unique — est au cœur des préoccupations de l’ANSS. Elle est même un enjeu politique en soi dans un pays où les droits des minorités sont fragiles, où le climat politique et social reste globalement hostile, pour des raisons diverses, aux groupes les plus exposés au risque d’infection par le VIH : les hommes ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes (HSH ou MSM, Men who have Sex with Men) et les travailleurs et travailleuses du sexe. C’est d’ailleurs un paradoxe de voir que dans ce climat défavorable à ces groupes, ces derniers n’en demeurent pas moins au centre des préoccupations des autorités locales de santé ; du moins sur la question du VIH.

Une attente particulière aux groupes à haut risque

Il faut dire qu’au vu des données officielles, il est justifié d’avoir une politique de prévention, d’accès au dépistage et aux soins qui accorde une attention particulière à ces groupes. C’est ce que défendait, en novembre 2013, Diane Mpinganzima, consultante en sciences sociales, lors de la présentation d’une étude sur les populations à haut risque d’infection au VIH qu’elle avait coordonnée. Réalisée en juin 2013, cette étude expliquait que parmi ces “groupes à haut risque d’infection au VIH”, on trouvait celui des MSM, estimés, au niveau national, à 6 333 personnes, dont 4 657 personnes vivant dans la capitale, Bujumbura ; ce groupe connaissant un taux de prévalence pour le VIH de 4,8 % (le taux de prévalence du VIH dans le pays, toutes populations confondues est de 1 % ; les chiffres (2011) de l’Onusida et de l’OMS parlent d’une prévalence chez les HSH estimée à 2,4 %). Venait aussi le groupe des travailleuses du sexe : 27 657 personnes, dont 7 092 exerçant leur activité à Bujumbura ; le taux de prévalence au VIH avoisinait 22 % (pour l’Onusida et l’OMS, la prévalence dans ce groupe serait de 26,5 %). Curieusement, l’étude mentionne une catégorie de personnes consommatrices de drogues par injection, estimée à 15 personnes ; un chiffre très bas rapporté à la population du pays : 10 400 000 d’habitants en 2014. Enfin, l’enquête avançait un total, pour l’ensemble du pays, de 2 460 sites de loisirs où on trouve également des partenaires sexuels, dont 895 identifiés dans la capitale. Ces chiffres (2) ont d’ailleurs alimenté la réflexion pour un bilan d’étape du Plan stratégique national de lutte contre le sida (2012-2016) et ont servi aux autorités burundaises pour soumettre une nouvelle demande de financement au Fonds mondial de lutte contre le sida… pour trois ans.

L’ANSS n’a évidemment pas attendu cette fameuse étude pour s’intéresser aux MSM. L’association a d’ailleurs eu un rôle précurseur en prenant en compte, non sans difficultés à ses débuts,  les hommes ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes dans ses actions de prévention. En 2009, elle se lance dans un projet spécifique : le projet MSM. C’est lui qui est au centre de ma mission. Mais avant d’aller plus loin sur ce projet spécifique, il est important de comprendre ce qu’est l’ANNS et quels sont ses champs d’action.

Une file active de plus de 7 000 personnes

Au niveau de la prise en charge médicale, la file active de l’ANSS pour 2013 comptait 7 382 personnes bénéficiaires, dont 5 471 personnes vivant avec le VIH, parmi lesquelles 4 558 recevaient un traitement anti-VIH. Ces chiffres sont en augmentation. En 2012, la file active était de 7 184 personnes, dont 4 359 bénéficiant d’un traitement. En 2013, 64 personnes suivies par l’association sont décédées des suites du sida. Comme chaque année, il a fallu jongler avec les ruptures de stocks de médicaments comme de réactifs… qui sont apparues dès l’été 2013. Il a fallu jongler aussi avec les financements qui ont manqué et ont affecté des programmes du volet social des actions de l’ANSS. Jongler encore avec la volonté de limiter les transactions en espèces par discipline comptable… ce qui est nécessaire, mais complique les choses dans un pays où les autres modes de paiement sont encore peu développés. Jongler aussi avec les plannings, les calendriers, etc. On ne se rend pas toujours compte de ce que peut proposer une grande association de lutte contre le sida dans un pays en Afrique, des grandes différences de mission qui existent entre les associations du Sud et celles du Nord. L’ANSS a ainsi sept champs d’actions ; certains sont communs aux associations du Nord : la prévention grand public, celle qui est conduite auprès des populations vulnérables, les actions de plaidoyer, la formation… D’autres sont voisins dans l’intitulé, mais ont des contours bien plus larges. Par exemple, l’accompagnement psychosocial proposé par l’ANSS se décline en douze services différents : de l’éducation thérapeutique aux visites à domicile, des activités génératrices de revenus au soutien matériel, des groupes de parole au soutien scolaire, dans la formation et l’apprentissage. D’autres diffèrent notablement comme la prise en charge médicale. Dix services différents sont proposés directement par l’association. A lire les intitulés (prise en charge de la co-infection VIH/tuberculose, consultations gynécologiques, soins à domicile, consultations IST…), on comprend que l’association se double presque d’un hôpital. Au total, l’ANSS, tous domaines confondus, propose quelque 41 services différents… ce qui explique sans doute les 149 pages de son rapport d’activité. Un rapport d’activité qui revient en détail sur le projet MSM, un projet d’envergure lancé en 2009.

MSM : un projet par les pairs éducateurs

Comme tout projet, celui de l’ANSS pour les MSM est parti d’une volonté, celle de Jeanne Gapiya, la présidente de l’association, et de quelques militants dont Georges Kanuma. Un choix raisonné et éthique prenant en compte une réalité : une lutte efficace contre le VIH ne pourra pas se faire si elle laisse de côté un des groupes les plus concernés par l’épidémie. L’ANSS intègre donc dès janvier 2009 ce projet a ses actions. Sidaction apporte un financement, AIDES un appui méthodologique. Le projet reçoit également un soutien de l’Agence française de développement. Son objectif est d’abord de proposer des actions de prévention et de sensibilisation sur le VIH et les IST aux MSM et de proposer, en l’adaptant aux besoins, une prise en charge globale. Ce sont des pairs éducateurs, formés pour cela, qui mettent en œuvre les différentes actions du projet. Terme du jargon associatif, les pairs éducateurs sont des personnes qui appartiennent à un groupe, une communauté ou un milieu et qui sensibilisent d’autres personnes de ce même groupe aux questions de santé, de prévention, de sexualité… Proches des personnes auxquelles ils s’adressent puisqu’ils partagent avec elles les mêmes vécus, ou peuvent avoir été confrontés aux mêmes problèmes, d’où la pertinence de leur approche, les pairs éducateurs sont présents dans de très nombreux projets de lutte contre le VIH/sida. Entre 2009 et 2012, les pairs éducateurs investis dans ce programme réalisent près de 1 800 visites auprès de MSM, 279 d’entre eux participent à des ateliers d’information et de sensibilisation. Près de deux cents MSM se font dépister. Pour 2013, entre les visites à domicile et les personnes rencontrées à l’association, ce sont plus de 600 MSM qui auront été rencontrés. Le projet bénéficie d’ailleurs d’un local spécifique permettant des rendez-vous, un service d’écoute et d’accompagnement des personnes, la distribution gratuite d’outils de prévention (gels et capotes, dépliants et brochures). Les pairs éducateurs sont un peu sur tous les fronts : ils assurent la promotion du dépistage, font des “descentes sur le terrain” — ils sillonnent les treize communes de Bujumbura —, animent des ateliers d’information et de sensibilisation sur le risque accru du VIH et des IST chez les gays, sur les modes de prévention les mieux adaptés à leurs pratiques. Ils organisent aussi des groupes de paroles, font des visites à domicile et à l’hôpital, mettent en place des activités génératrices de revenus pour les MSM ayant des difficultés financières. Ah oui, j’oubliais, ils font aussi du soutien psychologique et social en fonction des besoins individuels des personnes rencontrées.

Homophobie des champs…ou des villes

Gabriel est en charge du projet MSM. Des idées, il n’en manque pas. Il souhaiterait que les pairs éducateurs dont il anime l’équipe puissent proposer des tests rapides d’orientation diagnostique comme les militants de AIDES le font en France ou comme cela existe aussi en Côte d’Ivoire. Au Burundi, des tests rapides existent, mais présenteraient trop de résultats “faux positifs” ; un phénomène qu’on ne constate pas ailleurs. A travers nos échanges, Gabriel et moi avons brassé beaucoup de sujets comme celui du développement du projet MSM hors de la capitale. Actuellement, cette action se déroule uniquement à Bujumbura. L’ANSS envisage sérieusement que son antenne de Makamba, située à trois heures de route, dans une zone pour partie montagneuse, le propose à son tour. La ville n’est pas grande (30 000 habitants environ), située au sud du pays dans la zone frontalière avec la Tanzanie. Elle a surtout l’énorme avantage que deux associations LGBT, dont Muco w’urwaruka (“Jeunes Lumières du Burundi”), y soient présentes. Muco w’urwaruka est particulièrement intéressante puisque l’association, créée en 2010, est le fruit du dialogue entre un militant gay Théophile Habonimana Buriza et des jeunes de la communauté LGBT vivant en zone rurale. L’association travaille sur les droits humains des LGBT, l’épanouissement personnel et la lutte contre le VIH/sida. Le contexte provincial est d’autant plus intéressant que ce n’est pas dans les provinces même les plus reculées du Burundi qu’on déplore le plus de violences homophobes. Selon Gabriel, si les Burundais ne comprennent pas vraiment les homosexuels, il n’y a que peu voire pas d’actes ou propos homophobes en province. C’est l’inverse à Bujumbura où on trouve des discours homophobes dans la population et où de nombreux homosexuels sont chassés de leurs familles, voire battus par des membres de leur famille. Il n’est pas rare non plus que des MSM soient envoyés chez des prêtres afin d’être “rééduqués” ; dans d’autres cas, lorsque les familles financent les études, elles exercent un chantage et coupent les vivres en attendant que les personnes changent.

Des réseaux… hors les murs !

Tout cela a des répercussions sur la vie sociale, affective des MSM. Et le projet de l’ANSS l’a bien intégré. L’équipe de pairs éducateurs doit faire avec des éléments qui sont connus depuis longtemps et qui ne sont d’ailleurs pas spécifiques au Burundi. Par exemple, les hommes qui ont des relations sexuelles avec d’autres hommes ne se reconnaissent pas forcément comme gay. Des gays ne souhaitent plus vivre cachés et se rapprochent d’associations identitaires. Des hommes mariés couchent avec des mecs sans que cela semble poser de problèmes à leurs épouses, dès lors que les couples ont des enfants, une vie de famille établie et que les hommes garantissent financièrement les moyens de cette vie de famille. L’homosexualité est vécue de façon beaucoup plus cachée dans les quartiers huppés. Gabriel explique d’ailleurs qu’il est plus facile de sensibiliser dans les quartiers populaires que dans les quartiers riches. Si le rapport sur les groupes à haut risque de Diane Mpinganzima expliquait que les lieux de loisirs avec possibilités de rencontres de partenaires sexuels étaient nombreux dans la capitale (près de 900 !), il n’en reste pas moins qu’il n’existe pas de lieux identitaires (un café gay par exemple). Les pairs éducateurs du projet MSM connaissent les personnes et les approchent grâce au bouche à oreille. Ils font jouer à plein leurs réseaux personnels, des réseaux qui se croisent. Bien entendu, il arrive que des gays les approchent car ils savent qu’ils pourront avoir des capotes et du gel auprès d’eux. La réussite de ce travail passe par les actions hors les murs. Il faut sortir du site, aller à la rencontre des personnes où elles vivent, ce que font les pairs éducateurs qui sillonnent les treize communes de la capitale.

Un contexte bien complexe

Présenté ainsi, on pourrait croire que le travail n’est pas si compliqué que cela. Dans les faits, comme me l’expose Gabriel, ce n’est pas aussi simple. Prenons trois exemples qui montrent que le contexte est décidément bien complexe. Au Burundi, le Conseil national de lutte contre le sida (CNLS), la structure qui coordonne le Plan national de lutte contre le VIH et les IST, fournit, en grande quantité, des dosettes de gel siglées du logo de la CNLS. Les militants utilisent ces dosettes car si l’un d’eux ou si un travailleur du sexe est arrêté avec une dosette de gel non ciglée sur lui, la police va présumer qu’il est homosexuel ou qu’il a une attitude prosélyte, ce que la loi interdit. Autrement dit, ces dosettes de gel marquées d’un logo officiel protègent les acteurs de la prévention et les personnes utilisatrices.

Deuxième exemple : lors d’une de ses interventions, un pair éducateur fait la rencontre d’un jeune gay mineur. Il fait comme il en a l’habitude une sensibilisation aux questions de VIH et d’IST et remet au jeune gay du matériel de prévention. Ses parents ont, par la suite, porté plainte contre lui pour incitation à l’homosexualité. L’association va accompagner et soutenir son militant au procès… car procès il devrait y avoir. Qu’aurait-il fallu faire ? Pour Gabriel, pas de tergiversations : “Face au risque VIH, quelle que soit la personne, je lui donne les outils pour éviter de se contaminer”.

Dernier exemple. En 2014, plusieurs structures ont mis en place, elles aussi, des pairs éducateurs, souvent avec des moyens financiers supérieurs à ceux de l’ANSS. Une des conséquences a été le départ de pairs éducateurs investis à l’ANSS vers d’autres structures. Pour l’association, l’enjeu est d’importance. Elle doit renforcer son équipe de pairs éducateurs et surtout s’assurer que leur bénévolat ne pâtira pas d’éventuelles activités professionnelles. En effet, avec souvent des conditions de vie difficiles, les personnes cherchent, c’est assez logique, des activités leur permettant d’avoir des revenus ; ces activités professionnelles permettent moins d’investissement dans le bénévolat, malgré la volonté d’engagement des personnes. Elle doit aussi développer ses partenariats avec les associations identitaires, améliorer la qualité des actions et avoir un meilleur suivi. Car décidément, rien n’est simple. Les pairs éducateurs de l’ANSS sont des bénévoles. Ils reçoivent des défraiements pour leurs frais de déplacement, mais n’ont aucune rétribution. Au début de la mise en place des pairs éducateurs, l’accent a beaucoup été mis sur le nombre de personnes rencontrées. Il fallait rencontrer du monde, beaucoup de monde sans pour autant que l’action obéisse à la seule politique du chiffre. Reste que des personnes rencontrées ont vite compris que des objectifs quantitatifs avaient été fixés aux pairs éducateurs. Assez rapidement, les rapports entre personnes rencontrées et pairs éducateurs ont tourné au donnant-donnant, les premiers demandant des compensations aux seconds. Du genre, “Je veux bien discuter avec toi… Du coup, tu auras fait une rencontre que tu pourras compter dans tes actions, mais je voudrais en échange un peu d’argent ou que tu paies les boissons lors de notre rencontre”. Pairs éducateurs, équipe du projet MSM et ANSS ont vite compris la dérive possible ainsi que la menace sur la fiabilité des chiffres d’actions, la qualité des entretiens… Des solutions ont été trouvées et s’appliquent : principalement des sessions de formation faites par AIDES ainsi que par l’équipe de coordination du projet MSM. Elles réassurent les pairs éducateurs, permettent d’échanger sur les pratiques, les solutions à mettre en place, etc.

“N’aies pas peur”

Humure est la plus ancienne association LGBTI du Burundi. C’est ce que m’expliquent Alain, directeur exécutif pour Humure du projet Populations des grands lacs, et Uwimana, administrateur de l’association qui s’occupe aussi des questions sociales. L’association a été créée en 2003 avec la mobilisation de huit personnes, à l’initiative de Georges Kanuma, le premier activiste de la cause LGBTI du Burundi. Georges, aujourd’hui décédé, l’a d’ailleurs un temps présidée. Son mot d’ordre est direct : “Le seul moyen de lutter contre le VIH/Sida, c’est dire NON à toutes formes de discrimination !” Elle ne s’est d’ailleurs pas toujours appelée Humure. A sa création, l’association s’appelait Ardho (Association pour le respect des droits des homosexuels). Rapidement, l’association se préoccupe des questions de santé, VIH au premier chef. Le lien se fait naturellement avec l’ANSS. En 2009, Humure met en place un centre d’écoute et d’assistance aux LGBTI, avec le soutien d’une organisation non gouvernementale kenyane (Uhai) et une ONG américaine, le Global Fund for Human Rights. Ce centre a aussi pour mission la distribution de gels et préservatifs aux MSM. Cette même année, l’ANSS, on l’a vu, lance son projet MSM. Ces deux initiatives se font alors que le pays adopte une loi de criminalisation de l’homosexualité (avril 2009). C’est une régression importante en matière de droits humains qui se fait concomitamment à l’abolition de la peine de mort. Cette nouvelle donne concernant l’homosexualité conduit l’Ardho au sigle trop clairement pro-gay à changer de nom au profit d’Humure (qui veut dire : “N’aies pas peur !”). Ce changement de nom s’accompagne d’une évolution pour l’association qui devient une association spécialisée dans les droits humains et pour l’accès aux traitements. Humure n’a pas d’autres solutions et fait un choix stratégique payant puisqu’elle œuvre désormais dans les droits humains sans rien renier des objectifs initiaux de sa création.

Effets de loi

Mes échanges avec Alain et Uwimana confirment ce que Gabriel m’avait dit. Bien sûr la loi de 2009 a ouvert les digues de la discrimination, légitimant les propos homophobes, ouvrant même la voie au racket des homosexuels, conduisant la police à faire du zèle kafkaïen : les fameuses dosettes de gel qui, trouvées sur vous, font de vous un homosexuel ! Bien sûr, la loi a détérioré le contexte social à l’égard des minorités sexuelles : gays, lesbiennes, et surtout trans. Les militants d’Humure m’ont dit que les trans étaient discriminé-e-s y compris par les gays, qu’il leur était impossible d’être visible, que c’était même mieux d’être invisibles pour ne pas être rejeté-e-s du système scolaire y compris supérieur. Un centre, Remuruka (“Sois apaisé”), accueille les trans. On y trouve médecins, psychologues, infirmiers, etc. Des associations LGBTI les aident également.

Paradoxalement, la loi de 2009 a suscité de nombreux débats sur l’homosexualité et provoqué un choc qui a permis le renforcement de la visibilité des LGBTI, d’où les initiatives lancées par les associations, les partenariats mis en œuvre. Même l’Etat a accepté que les personnes LGBTI soient reconnues comme groupe vulnérable et soient prises en compte dans les programmes de lutte contre le VIH/sida et les IST. De fait, outre Humure et l’ANSS, le Conseil national de lutte contre le sida du Burundi, l’organisation américaine Heartland Alliance, Acord (une association de recherche et de développement), la Fondation du Roi Baudouin de Belgique ou encore l’Onusida se sont engagés dans diverses actions pour prendre en compte les MSM dans les politiques de santé du pays.

Aujourd’hui, le partenariat entre Humure et l’ANSS est de plus en plus formalisé. Humure oriente certaines personnes rencontrées via ses pairs éducateurs (une trentaine) vers l’ANSS, dont le centre de prise en charge du VIH s’avère indispensable. D’autres projets sont lancés. Reste aux différents acteurs à trouver leurs marques sur le long terme, à jouer intelligemment dans un contexte complexe, à renforcer des partenariats qui permettent d’agir de façon complémentaire dans l’intérêt des personnes LGBTI et de leur santé.

Comme le dit un célèbre proverbe du pays : “Point d’intelligence qui ne préside l’avenir.”

Remerciements à Jeanne Gapiya, Gabriel, Candice Audemard et Emmanuel Cook

(1) Le kirundi est une des langues bantoues parlées au Burundi. Les langues bantoues, environ 400, sont parlées dans le sud du continent africain
(2) : Cités par l’agence de presse chinoise Xinhua, 8 novembre 2013

Cette article à été originairement,  publier, sur la page : SERONET Info en +

Du coup, on penserait qu’il n’y a aucun lien. Et pourtant si, puisque des cas ont déjà démontré qu’il y a une relation de cause à effet entre le fait d’être homosexuel au Burundi, et la situation politique que vit le Burundi actuellement.

Deux jeunes hommes assistants à une représentation théâtrale sur la “santé sexuelle et reproductive” dans la région rurale de la commune MABAYI en province Cibitoke, Burundi, février 2015. (Photographie: Source privée.)

Au moment où l’homosexualité est incriminée au Burundi depuis 2009, la communauté LGBT au pays reste terrée dans sa solitude, et a peur de se manifester à cause des discriminations et stigmatisations. Du coup, le sujet est rendu davantage tabou par un manque d’ouverture sur des discussions et des débats « constructifs » par rapport au respect et à la tolérance des personnes LGBT dans la société burundaise. Pour s’en rendre compte par exemple, il suffit de jeter un coup d’œil sur les commentaires de l’article Homosexualité : un mal venu d’ailleurs ? de Jean Marie Ngendahayo, paru sur le site du Groupe de presse Iwacu, le 9 mars 2014 ou de se demander les motivations de ce poste avec un titre aussi évocateur sur les opinions de son auteur, par rapport à l’homosexualité.

La crise politique actuelle influe sur les droits des LGBT

« Avant la crise, on ne connaissait pas beaucoup de cas de violations des droits LGBT », se désole Lamec Niyongabo* , un gay qui cite deux cas de violence envers ses deux amies Transgenres ( De la haine envers les minorités sexuelles…Toujours aussi gratuitement et une transphobie aux allures inquiétantes.) observés pendant la période de contestation de la 3ème candidature du président Pierre Nkurunziza. Deux Trans qui se seraient fait violenter par des inconnus à la sortie d’une même boîte de nuit à des jours différents. Un autre cas est celui d’un jeune gay de 19 ans qui s’est fait violer sexuellement jusqu’à perdre beaucoup de sang. Pour Lamec Niyangabo*, tous ces agresseurs profitent de la situation actuelle du pays pour commettre ces forfaits, parce qu’ils pensent peut-être qu’ils ne seront pas poursuivis, « du moment qu’au Burundi, les LGBT sont vus d’un mauvais œil en général. ». Lamec Niyongabo* a lui-même été sollicité pour faire la ronde de nuit, mais « ne se sentant pas prêt à l e faire suite à ma situation, j’ai prétexté que je ne pouvais pas faire une ronde de nuit sans être armé, et on n’a pas insisté là-dessus parce qu’on voyait aussi que je n’étais pas du genre à faire une surveillance de nuit. » En réalité, comme il le dit lui-même, c’était un prétexte. « J’avais tout simplement peur d’y aller, parce que j’étais conscient que suite à ma condition de gay, je n’étais pas bien vu de tout le monde, et que donc, toute forme de violence pouvait m’arriver. » C’est ainsi donc que la condition LGBT peut restreindre la possibilité de participer à ce qui se passe dans sa société, par peur de mauvaises conséquences qui peuvent arriver.

Le droit de vote des LGBT mis en cause

Ce n’est pas seulement par peur de ce qui peut leur arriver que les LGBT ne s’engagent pas dans leur société, c’est aussi par manque d’intérêt. Ainsi, comme nous le rapporte Célia Kayonde dans son article Burundi : La communauté homosexuelle ne votera peut-être pas !, sur une cinquantaine de jeunes LGBT interrogés, deux seulement étaient prêts à aller voter. Motif : «Pourquoi je perdrai mon temps à aller donner ma voix pour des hommes qui ont adopté une loi sur la pénalisation de ce que je suis?», rapporte Célia, citant un jeune homme interrogé. Selon l’auteure de l’article, « les homosexuels, eux, ne savent même pas pour qui ils voteraient si jamais ils le faisaient puisqu’aucun candidat qu’il soit libre ou engagé dans un certain parti politique, aucun n’a engagé le sentiment de défendre leurs droits. » Bémol : une jeune lesbienne, elle, pense que « si les jeunes comme elle continuent à penser que ça ne sert à rien de participer aux élections parce que l’on est discriminé, ils seront toujours oubliés et persécutés, voter serait une façon de créer un changement. »

Alors que l’article 20 de la Constitution du Burundi stipule très bien que « tous les citoyens ont des droits et des obligations », il est remarquable que certains des citoyens restent non convaincus de leurs devoirs civiques. Ceci à cause des situations d’injustice auxquelles ils font face souvent, des situations prenant force dans des législations mises en place par leur propre Etat et en summum de leurs difficultés de vie, nombreux d’entre eux font encore face à des affirmations d’inexistence de « ce genres de personnes » dans la société locale. Si le pas à franchir pour beaucoup d’entre eux reste grand et que certains de leurs revendications premières ne s’apparentent en rien au mariage ni à l’adoption mais plutôt le respect, la tolérance, la protection et le droit à la vie privée, une mention finale à porter à cet article va dans le sens de chacun à prendre la responsabilité pour promouvoir les droits humains, l’accès aux opportunités de vie en égalitaires et le développement d’ensemble avec sécurité et protection.

*Pour des raisons de sécurité et d’anonymat le nom de la personne a été changé.

Lire aussi, BURUNDI: l’Etau se resserre autour des homosexuels?

 

Si les deux dernières histoires en date, de violations envers deux personnes Transgenres ( De la haine envers les minorités sexuelles…Toujours aussi gratuitement et Une transphobie aux allures inquiétantes.), alimentent encore les conversations, des questionnements se posent désormais sur l’évolution de ces situations. Ça reste très inquiétant de savoir que des personnes continuent à se faire agresser et qu’il est difficile de savoir à propos de ces violations à cause du manque de cadre légal, pour les activistes LGBT de travailler en identitaire des objectifs de leur travail, mais surtout de s’organiser et de prendre action pour changer les choses.

La dernière violence a été faite à l’endroit d’un jeune gay qui a été violé alors qu’il rentrait chez lui. Il nous raconte comment ça s’est passé.

« Vivant au nord de la Capitale Bujumbura, je rentrais à 02h du matin en provenance d’une fête. Arrivé sur la route principale, j’ai vu deux hommes venir en ma direction et soudainement le premier m’a pris par la gorge et le deuxième s’est mis derrière moi, m’ordonnant de me pencher vers l’avant. J’ai senti alors qu’il me mettait de la salive au niveau de l’anus et qu’il commençait à me violer. Quand il a fini, le deuxième aussi a fait de même. J’avais tellement mal et avais peur que je n’arrivais même pas à crier. Je ne faisais que pleurer ; lui aussi m’a pénétré et là j’ai commencé à saigner. Quand il l’a remarqué, il m’a lâché. Je suis rentré doucement parce que n’ayant aucune force et à 9h quand je me suis réveillé, j’ai remarqué que j’avais perdu beaucoup de sang, je me suis vite présenté à une structure de santé assez friendly pour moi mais comme c’était un samedi, ils n’avaient pas encore ouvert. J’ai dû attendre jusqu’à 12h pour voir le médecin. Il m’a alors confirmé qu’il y avait eu des déchirures au niveau rectal et m’a procuré les premiers soins et une prescription de médicaments, … » Eris*

A seulement 19 ans, ce jeune homme a sans doute eu la plus traumatisante des situations de sa vie et jusqu’à présent, personne ne sait encore en chiffres exacts, combien d’autres jeunes gens dans des situations pareilles ne trouvent pas le courage de s’exprimer sur cela et y apporter solution. Or, les jeunes LGBT, au même titre que d’autres jeunes de leur âge, ont le droit d’évoluer dans des conditions sécurisées et favorables à leur épanouissement. L’impact de l’homophobie dans les sociétés locales fait que certains d’entre eux sont chassés et/ou laissés à eux mêmes par leur propre entourage (lire l’histoire de Housna ), souvent sans aucun soutien moral et/ou matériel (Lire les Histoires de nos vie sur le blog l’Atelier AGACIRO).

Si comprendre l’homosexualité reste un défi pour beaucoup de burundais, l’intérêt à porter à la lutte contre l’homophobie et sur la protection des membres de famille, ami(e)s et/ou voisin(e)s LGBT reste aussi avec un pas assez grand à franchir. L’homophobie détruit la vie des jeunes LGBT. Elle les pousse dans des situations de frustrations et vulnérabilités accentuées. Ceci influe beaucoup sur leurs capacités et leaderships de développement, ce qui accentue leurs marginalités dans les sociétés locales, puisque n’arrivant pas à être « des personnes qui réussissent. ».

Peu importe ce qui ils sont, les jeunes, puisqu’étant l’avenir, méritent toute l’attention pour être écoutés et épaulés afin d’accéder à la sécurité tant mentale que physique, capable de les procurer assez de forces pour se développer en harmonie avec le total potentiel de leurs capacités.

*Pour des raisons d’anonymat et de sécurité, les noms ont été changés.

Un couple de jeunes sud-africaines participants à la marche des fiertés à SOWETO, en 2013. (Photographie: Ikanyiso.org)

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Un couple de jeunes sud-africaines participants à la marche des fiertés à SOWETO, en 2013. (Photographie: Ikanyiso.org)

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Un couple de jeunes sud-africaines participants à la marche des fiertés à SOWETO, en 2013. (Photographie: Ikanyiso.org)