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La Tolérance est-elle un vice ou une vertue?

Elle est l’une des soudures de la relation humaine dans de nombreuses situations ; au fur du temps, elle a été une valeur ayant fait ses preuves, même quand comprise avec un peu de retard. Si elle touche, engage et souvent sauve des relations, des vies voir même des cadres d’évolutions pacifistes et inclusifs; l’incompréhension (parfois volontaire) des valeurs qu’elle transmet reste un des maux à adresser, surtout au plus jeunes, pour plus de connaissances, de dialogues et d’actions valorisants la présence et l’apport de chacun dans une société.La Tolérance est-elle un vice ou une vertu ?

Dans le monde et au travers de la société locale, Les droits humains traversent la pointe des périodes les plus difficiles ; les incompréhensions d’autrui (et surement de soi) restent descauses de grandes violences et d’actions d’intolérances religieuses, sociales, politiques, etc., qui définissent souvent le cours choses pour ce qu’il n’est pas mais plutôt pour ce qu’on veut qu’il soit. Il reste une nécessité de permettre la promotion des valeurs de tolérance par une implication de tous. La tolérance doit être cette valeur d’être et de vie, pour plus d’un, favorisant plus de compréhensions et d’échanges sur des solutions communes.

ONU : Promouvoir la Tolérance

Une pensée spéciale pour toutes les victimes d’actions meurtrières au travers du Burundi et dans le monde mais surtout pour toutes ces personnes qui s’engagent de près ou de loin pour permettre plus d’états d’être et d’évolution respectant la pluralité de vie et de réflexion de tous ces millions de gens qui méritent vie et développement.

Lire aussi :

Une histoire de Tolérance [Vidéo en anglais]

BURUNDI : Face à la violence, un de plus et sûrement pas le dernier.

BURUNDI De la haine envers les minorités sexuelles…toujours aussi gratuitement !

Du coup, on penserait qu’il n’y a aucun lien. Et pourtant si, puisque des cas ont déjà démontré qu’il y a une relation de cause à effet entre le fait d’être homosexuel au Burundi, et la situation politique que vit le Burundi actuellement.

Deux jeunes hommes assistants à une représentation théâtrale sur la “santé sexuelle et reproductive” dans la région rurale de la commune MABAYI en province Cibitoke, Burundi, février 2015. (Photographie: Source privée.)

Au moment où l’homosexualité est incriminée au Burundi depuis 2009, la communauté LGBT au pays reste terrée dans sa solitude, et a peur de se manifester à cause des discriminations et stigmatisations. Du coup, le sujet est rendu davantage tabou par un manque d’ouverture sur des discussions et des débats « constructifs » par rapport au respect et à la tolérance des personnes LGBT dans la société burundaise. Pour s’en rendre compte par exemple, il suffit de jeter un coup d’œil sur les commentaires de l’article Homosexualité : un mal venu d’ailleurs ? de Jean Marie Ngendahayo, paru sur le site du Groupe de presse Iwacu, le 9 mars 2014 ou de se demander les motivations de ce poste avec un titre aussi évocateur sur les opinions de son auteur, par rapport à l’homosexualité.

La crise politique actuelle influe sur les droits des LGBT

« Avant la crise, on ne connaissait pas beaucoup de cas de violations des droits LGBT », se désole Lamec Niyongabo* , un gay qui cite deux cas de violence envers ses deux amies Transgenres ( De la haine envers les minorités sexuelles…Toujours aussi gratuitement et une transphobie aux allures inquiétantes.) observés pendant la période de contestation de la 3ème candidature du président Pierre Nkurunziza. Deux Trans qui se seraient fait violenter par des inconnus à la sortie d’une même boîte de nuit à des jours différents. Un autre cas est celui d’un jeune gay de 19 ans qui s’est fait violer sexuellement jusqu’à perdre beaucoup de sang. Pour Lamec Niyangabo*, tous ces agresseurs profitent de la situation actuelle du pays pour commettre ces forfaits, parce qu’ils pensent peut-être qu’ils ne seront pas poursuivis, « du moment qu’au Burundi, les LGBT sont vus d’un mauvais œil en général. ». Lamec Niyongabo* a lui-même été sollicité pour faire la ronde de nuit, mais « ne se sentant pas prêt à l e faire suite à ma situation, j’ai prétexté que je ne pouvais pas faire une ronde de nuit sans être armé, et on n’a pas insisté là-dessus parce qu’on voyait aussi que je n’étais pas du genre à faire une surveillance de nuit. » En réalité, comme il le dit lui-même, c’était un prétexte. « J’avais tout simplement peur d’y aller, parce que j’étais conscient que suite à ma condition de gay, je n’étais pas bien vu de tout le monde, et que donc, toute forme de violence pouvait m’arriver. » C’est ainsi donc que la condition LGBT peut restreindre la possibilité de participer à ce qui se passe dans sa société, par peur de mauvaises conséquences qui peuvent arriver.

Le droit de vote des LGBT mis en cause

Ce n’est pas seulement par peur de ce qui peut leur arriver que les LGBT ne s’engagent pas dans leur société, c’est aussi par manque d’intérêt. Ainsi, comme nous le rapporte Célia Kayonde dans son article Burundi : La communauté homosexuelle ne votera peut-être pas !, sur une cinquantaine de jeunes LGBT interrogés, deux seulement étaient prêts à aller voter. Motif : «Pourquoi je perdrai mon temps à aller donner ma voix pour des hommes qui ont adopté une loi sur la pénalisation de ce que je suis?», rapporte Célia, citant un jeune homme interrogé. Selon l’auteure de l’article, « les homosexuels, eux, ne savent même pas pour qui ils voteraient si jamais ils le faisaient puisqu’aucun candidat qu’il soit libre ou engagé dans un certain parti politique, aucun n’a engagé le sentiment de défendre leurs droits. » Bémol : une jeune lesbienne, elle, pense que « si les jeunes comme elle continuent à penser que ça ne sert à rien de participer aux élections parce que l’on est discriminé, ils seront toujours oubliés et persécutés, voter serait une façon de créer un changement. »

Alors que l’article 20 de la Constitution du Burundi stipule très bien que « tous les citoyens ont des droits et des obligations », il est remarquable que certains des citoyens restent non convaincus de leurs devoirs civiques. Ceci à cause des situations d’injustice auxquelles ils font face souvent, des situations prenant force dans des législations mises en place par leur propre Etat et en summum de leurs difficultés de vie, nombreux d’entre eux font encore face à des affirmations d’inexistence de « ce genres de personnes » dans la société locale. Si le pas à franchir pour beaucoup d’entre eux reste grand et que certains de leurs revendications premières ne s’apparentent en rien au mariage ni à l’adoption mais plutôt le respect, la tolérance, la protection et le droit à la vie privée, une mention finale à porter à cet article va dans le sens de chacun à prendre la responsabilité pour promouvoir les droits humains, l’accès aux opportunités de vie en égalitaires et le développement d’ensemble avec sécurité et protection.

*Pour des raisons de sécurité et d’anonymat le nom de la personne a été changé.

Lire aussi, BURUNDI: l’Etau se resserre autour des homosexuels?

 

Caricature sur l’homophobie en afrique (Source : worldink.org)

Voté pour la première fois au Burundi en 2009, l’article 567 punissant d’une servitude pénale de trois mois à deux ans et d’une amende de cinquante mille francs à cent mille francs ou d’une de ces peines seulement, les relations sexuelles entre personnes de même sexe, est devenu l’une des force de base et un pilier de justification de nombreux cas de violence homophobe et de discrimination tant physiques que psychologiques, envers les personnes s’identifiant et/ou identifiées comme Lesbiennes, Gays, Bisexuel(les) et Transgenres, couramment connues sous la nomination de minorités sexuelles ou communauté LGBT.

Si le climat social par rapport à cette « délicate attention portée sur l’homosexualité » reste d’une tension palpable, des opinions « Pro africain », « Pro Culture », « Pro religion » et « Anti envahissement occidental » sont en même temps contradictoires à de nombreux autres discours et principes de vie sur le respect, la tolérance , l’égalité, etc. de la morale de base de nombreux burundais. Les haines vouées à l’homosexualité se nourrissent du jour au lendemain des conditions de vie politiquement et économiquement instables, des propos d’évangélistes et autres témoins de « la bonne nouvelle de Dieu pour tous» (à la rescousse de l’Afrique ?)  et surtout d’une marginalisation assez remarquable du travail des défenseurs de droits humains, et autres âmes de bien éveillées pour l’amélioration des conditions de vie des minorités sexuelles dans les sociétés locales. Souvent sans moyens d’accéder facilement à l’espace civique pour s’exprimer, s’organiser et mener des actions, ils sont aussi mis à l’écart dans le sphère de la société civile et doivent, souvent, fournir des efforts supplémentaires pour s’intégrer au même titre que les populations qu’ils défendent; ceci étant une condition ne facilitant pas les différentes actions de plaidoyer pour les droits humains qui sont des droits pour tous, les LGBT y compris.

Défenseurs de droit humain participant à la première marche des fiertés en Ouganda, Aout 2012 (source: http://www.dw.com/en/film-shows-increasing-homophobia-in-uganda/a-16253642)

Alors que l’hypocrisie étatique (puisque garantissant des droits qu’elle n’arrive pas à faire respecter) fait toujours ses preuves pour plus d’un cas, elle reste un grave délit aux droits humains malgré les nombreuses ratifications de l’Etat burundais dans sa propre Constitution, aux conventions de l’E.A.C., de l’Union africaine, etc. A titre d’exemple seulement, dans un contexte local, la Constitution du Burundi garantit:

  • Dans son article 14 sur les valeurs fondamentales: « Tous les burundais ont le droit de vivre au Burundi dans la paix et dans la sécurité. Ils doivent vivre ensemble dans l’harmonie, tout en respectant la dignité humaine et en tolérant leurs différences.»
  • Dans son article 32 sur les valeurs fondamentales: « La liberté de réunion et d’association est garantie, de même que le droit de fonder des Associations ou Organisations conformément à la loi. »
  • Dans son article 62 sur les devoirs individuels : « Toute personne a le devoir de respecter ses compatriotes et de leur témoigner de la considération, sans discrimination aucune.»
  • Dans son article 67 sur les devoirs individuels : « Chaque individu a le devoir de respecter et de considérer son semblable sans discrimination aucune, et d’entretenir avec lui les relations qui permettent de promouvoir, de sauvegarder et de renforcer le respect et la tolérance. »

    Supporteurs, masqués, de la protestation contre la loi anti LGBT en Ouganda, à Nairobi. Photographie de Dai Kurokawa/EPA

Si les organisations LGBT ne réussissent pas encore à s’enregistrer et à travailler ouvertement en identitaires de leurs objectifs(quoi que la loi le permettant), la communauté LGBT continue à évoluer dans des contextes de vies déplorables à la merci de « Qui veut donner ses avis sur comment ne pas être homosexuel .» Sans pouvoir d’expression sur les cas de marginalisation et de stigmatisation des LGBT, l’activisme burundais va pourtant dans une optique globale de réflexion sur l’impact de l’homophobie sociétale et étatique dans la vie de tous ces gens qui, traités et évoluant en citoyens de seconde zone, gardent pourtant leur droit au respect et à la dignité pour toutes les personnes humaines. L’homosexualité reste un fait de la sexualité humaine (quoi que restant tabou) et les répercussions négatives sur la vie des personnes homosexuelles ne doivent pas être ignorées,  du moment qu’elles régressent plutôt les droits humains dans la société burundaise en général.

« La règle d’or de la conduite est la tolérance mutuelle, car nous ne penserons jamais tous de la même façon, nous ne verrons qu’une partie de la vérité et sous des angles différents. » Gandhi
Homme politique, Philosophe, Révolutionnaire (1869 – 1948)

Après quelques semaines seulement de la célébration de la Journée Internationale contre l’Homophobie et la Transphobie_ IDAHOT 2015, vendredi 29 mai 2015, une jeune transgenre s’est fait violemment agressée par un groupe de jeunes homophobes, dans une des boites de nuit fréquentée  par les communauté LGBTIQ de la ville de Bujumbura.

En sortie avec ses ami(e)s, deux jeunes se sont mis à la pointer du doigt en insinuant des propos homophobes, comme quoi c’est un pédé et la chamaillerie a éclaté quand la victime a décidé de leur répondre. Une troisième personne s’est alors invitée dans la querelle et a même essayé de la déshabiller tout en lui donnant des coups de pieds à la jambe droite allant même à lui donner un coup de doigt à l’œil laissant des ecchymoses à cette dernière. La victime a alors appelé la sécurité de la boite de nuit et celle-ci a réussi à mettre dehors les jeunes hommes. Vers 4h quand la victime décidait de rentrer, elle a trouvé que les 3 jeunes l’attendaient dehors et par surprise ils l’ont poussé par terre et ont commencé à la tabasser en lui donnant des coups de pieds à la côte allant jusqu’à même déchirer sa robe. Le videur a essayé tant bien que mal de les retenir, mais ils insistaient pour qu’il les laisse la frapper “parce que ce n’était qu’un pédé”. La victime a réussi à s’échapper et a couru jusqu’à sa voiture.

Malheureusement les trois homophobes l’ont poursuivie jusqu’à la voiture et ont giflé une de ses amies avec qui elle rentrait. Ils ont aussi donné des coups de pied à sa voiture laissant des éraflures sur la peinture et ont aussi endommagé le feu arrière droit de la voiture. A partir de là, une course poursuite a commencé, et la victime a remarqué qu’on lui lançait des pierres. Croyant se tirer d’affaires, elle a remarqué malheureusement que les homophobes la poursuivait. Lorsqu’elle est arrivée à une barricade de police, elle a pu expliquer aux policiers qu’il y avait des personnes mal intentionnées qui la poursuivaient, et ceux-ci la laissa passer sans problème. Les policiers ont alors arrêté la voiture des jeunes homophobes, mais ceux-ci ont réussi à les duper en leur racontant qu’ils poursuivaient un voleur. La course poursuite a alors continué mais heureusement la victime avait réussi à prendre une longueur considérable sur eux, et a eu juste le temps d’entrer au domicile de ses parents, échappant ainsi à ce qui aurait pu être pire comme situation.    

Capture d’écran prise dans la vidéo sur “les défis que rencontrent les personnes LGBT refugiées en afrique du sud” https://youtu.be/20xDFBDgcj0

Ce genre de violence est une des nombreuses mauvaises expériences auxquelles se heurte le quotidien des minorités sexuelles vivant au Burundi. La plupart des cas passant souvent inaperçus à cause des conditions sans sécurité ni protection, dans lesquelles travaillent les activistes pour documenter ces cas et des victimes sans moyens tangibles de porter plainte à la police à cause du climat généralement intolérant et de l’augmentation des cas de discrimination, stigmatisation, mépris, et propos haineux, envers eux. La communauté LGBTIQ juge alors bon de se taire, encaissant injustice sur injustice mais surtout se repliant plus sur elle-même, ce qui à pour conséquence par exemple, un manque de leadership affirmé pour changer ces conditions de vie.

  • Lire l’histoire de Housna dont la mort a connu une violente réaction de la part des chefs religieux, allant jusqu’à refuser une bénédiction pour son enterrement.
  • Lire le rapport J’aime mon pays mais mon pays ne m’aime pas. sur des cas de violence envers la communauté LGBTIQ burundaise.

     Depuis le 22 avril 2009, les minorités sexuelles vivent dans un climat de persécution constante, et subissent quotidiennement des abus des droits humains basés sur l’orientation sexuelle et l’identité et l’expression de genre. Ce climat prévaut du fait de l’article 567 du Code pénal stipulant que : « Quiconque fait des relations sexuelles avec la personne de même sexe est puni d’une servitude pénale de trois mois à deux ans et d’une amende de cinquante mille francs à cent mille francs bu ou d’une de ces peines seulement.» Ce texte a donné cours à une mesure discriminatoire envers les jeunes élèves LGBT sous peine d’exclusion du système d’éducation du Burundi, sous l’article 9 de l’Ordonnance Ministérielle No 620/613 du 7 juin 2011 portant fixation du Règlement scolaire en vigueur au Burundi. Toutes ces dispositions se formant dans un pays qui a ratifié divers traités de protection des droits humains, et accentuant surtout les situations de haine, stigmatisation et discrimination des minorités sexuelles à travers tout le pays.