Examen Périodique du Burundi, deuxième cycle: Qu’en est-il des minorités sexuelles?

Le Burundi a été examiné dans le deuxième cycle de l’examen périodique universel (www.upr-info.org), pendant la quinzième session qui a eu lieu en date du 24 Janvier 2013 à Genève, en Suisse.

En tant qu’activiste pour les droits humains relatifs aux personnes LGBTI (Lesbiennes, Gays, Bisexuelles, Transgenres et Inter sexes) au Burundi, n’ayant pu participer directement à l’événement, car étant au Burundi, j’ai pu néanmoins participer à l’évènement de retransmission en direct (http://webtv.un.org/live-now/watch/15th-session-of-the-universal-periodic-review-21-january-1-february-2012/1807081747001/) qui a été organisée par la Coalition d’une dizaine d’ONG qui avait soumis une contribution écrite, un peu plus tôt en Juillet 2012, et qui a vu la participation dans la rédaction de MOLI sous le couvert de Heartland Alliance International (www.heartlandalliance.org) sous son aile « Grands-Lacs » (Burundi, République Démocratique du Congo).

Cette retransmission a débuté à 10h00 pour prendre fin à 13h30 (Heure locale) à Bujumbura, Burundi. Cette retransmission s’est soldée par un débat d’une heure très intéressant entre deux-trois représentants de la coalition nationale pour l’EPU, deux membres de la Commission des droits de l’homme du parlement, un membre de la Commission Nationale Independante pour les Droits HImageumains, et quelques membres du Ministère en charge de la solidarité nationale et du genre. Les membres de la communauté diplomatique avaient été invités en tant qu’observateurs sur les recommandations ayant été faites par les Etats observateurs.

Mon constat sur ce débat a été que plusieurs organisations de la société civile burundaise ignorent encore expressément la question des droits pour les personnes LGBTI au Burundi, celle-ci étant encore un tabou, que la longue marche vers la tolérance, le respect et la protection des droits humains aussi bien pour le peuple burundais en général que les personnes LGBTI au Burundi n’est encore qu’à ses premiers pas. Oui, je ne renie pas que les assassinats politiques, la dépréciation du niveau de vie contribuent en une part importante de la vie du pays, mais NON à une quelconque discrimination quelque soit sa base, pour tout citoyen burundais, inclus les personnes LGBTI, inclus les Minorités Sexuelles.

Signalons que le précédent Examen Périodique Universel de 2008 n’avait recueilli que trois recommandations sur la question des personnes LGBTI, mais que ce deuxième cycle en a reçu treize en tout, tous portant sur la décriminalisation des relations sexuelles entre adultes de même sexe consentants.

En effet, le Burundi a été examiné par plusieurs Etats dont des partenaires réguliers de l’Etat du Burundi. Parmi ces pays ayant émis des recommandations sur la question des Minorités spécifiquement aux personnes LGBTI figure notamment la France, les Pays-Bas, les Etats-Unis d’Amérique, la Hongrie, l’Allemagne, la Slovénie, la Thaïlande, le Mexique, et la Colombie. Treize recommandations concernant la décriminalisation des relations sexuelles entre adultes de même sexe consentants ont été élevées au représentant du Gouvernement du Burundi qui était en ce jour là Madame Clotilde Niragira, Ministre en Charge de la Solidarité Nationale et du Genre. La réaction de Madame le Ministre sur les recommandations de décriminalisation des relations sexuelles entre adultes de même sexe consentants n’a été ni satisfaisante, ni décevante, vu qu’elle a fait appel à la compréhension de la part de la communauté internationale quant au respect des coutumes et mœurs du Burundi, et ajouté pour ce fait la décriminalisation n’était pas envisageable pour l’instant.

Serait-ce une déclaration impromptue d’un prochain alourdissement de la criminalisation des relations homosexuelles au Burundi ? Serait-ce un brin d’espoir pour les activistes pour les droits des personnes LGBTI au Burundi ? Serait-ce une déclaration d’intention encore mitigée de la part du Gouvernement du Burundi?

Que de questions, que de questions. Il est de notre devoir en tant que société civile, de faire le suivi de ces recommandations pendant les quatre années à venir…Et une chose est sure, en tant qu’activistes LGBTI, en tant qu’organisations LGBTI, nous ne devrions pas baisser les bras, car réclamer ses droits est la plus légitime des quêtes, et unis, capables, et déterminés, oui nous pouvons, oui nous pourrons. Oui, le mouvement LGBTI au Burundi pourra, il peut.

Aluta continua!

II.

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