Déclaration orale des ONG suite à l’adoption formelle du rapport de l’EPU du Burundi

Cette Déclaration est lue à l’occasion du 23e session du Conseil des droits de l’Homme – Item 6, Rapport EPU Burundi, 6 juin 2013. Ceci est une Déclaration du « Mouvement pour les Libertés Individuelles», MOLI lue par ILGA, International Lesbian and Gay Association. Regarder la vidéo en cliquant ici

Mr Président,

Nous remercions le gouvernement burundais pour avoir participé activement au mécanisme de l’EPU. Nous attirons cependant lattention sur les abus des droits humains à l’égard des minorités sexuelles au Burundi.

Dans sa Constitution, le Burundi a ratifié la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme et de la Charte Africaine des Droits de l’Homme et des peuples.

Le 22 avril 2009, la révision du Code Pénal a consacré la discrimination à l’égard des minorités sexuelles en pénalisant l’homosexualité à travers l’Article 567; par ailleurs une ordonnance ministérielle datant du 7 juin 2011 sur le règlement scolaire inclut parmi les fautes passibles de renvoi, l’homosexualité.

Suite à cette institutionnalisation de l’homophobie, MOLI a enregistré des cas de discrimination, violence verbale et physique, mauvais traitements, cas d’exclusion familiale et sociale, menaces et harcèlement par des personnes privées et extorsion de la part de la police.

Jusqu’à présent l’État du Burundi n’a que partiellement pris en compte les droits à l’accès aux services de santé équitables en
faveur des minorités sexuelles en incluant les personnes LGBT dans le Plan Stratégique du Conseil National de Lutte contre le VIH/SIDA.

Nous regrettons que le Burundi ait rejeté les recommandations de l’EPU liées aux principes d’égalité, de non-discrimination et de protection de tout citoyen burundais tels qu’énoncés dans la Constitution du pays ; et qu’il ait rejeté les recommandations d’abroger l’article 567 du code pénal criminalisant les relations sexuelles entre adultes consentants de même sexe.

Nous demandons néanmoins au gouvernement d’assurer la protection contre toute forme de discrimination, violence physique et verbale basés sur l’orientation sexuelle et l’identité de genre.

Nous exhortons aussi le gouvernement à continuer à mettre en place des initiatives gouvernementales dans le domaine de la santé reproductive et sexuelle en faveur des minorités sexuelles.

Nous demandons au gouvernement de prendre des mesures afin que les questions de droits de l`homme relatifs aux personnes LGBTI soient abordées en conformité avec ses obligations nationales, régionales et internationales.

Je vous remercie.

Déclaration lue par Yahia Zaidi

Lire le rapport avec toutes les recommandations faites au Burundi en cliquant ICI

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